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Un patient pédophile à l?hôpital Victoria ?

26 novembre 2006, 00:00

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Un pédophile sévirait-il à l?hôpital Victoria, Candos. ? C?est en tout cas ce qu?affirment deux patients de 11 et 13 ans, qui y étaient admis jusqu?en début de semaine. Les mères des deux enfants ont consigné une déposition contre le présumé pédophile, un patient, dans la journée de lundi. Elles accusent l?homme en question d?avoir fait des attouchements sexuels sur leurs enfants alors qu?ils se trouvaient dans la salle H3. Les responsables de l?hôpital affirment que l?individu qu?accusent les deux enfants a été isolé dans une autre salle en attendant la fin de l?enquête policière. Le ministère de la Santé a, quant à lui, initié une enquête interne pour faire la lumière sur ces allégations.

L?une des deux mères, âgée de 33 ans, a ainsi expliqué aux policiers que son fils de 11 ans lui a confié qu?un individu lui aurait caressé sur tout le corps aux petites heures du matin dimanche alors qu?il dormait. Le patient, lui aurait même raconté des histoires obscènes, lui disant aussi qu?il l?emmènerait dans la salle de bains de l?hôpital pour qu?il lui fasse une fellation. Choqué par ces propos, le garçon se serait réfugié dans le mutisme, avant de finalement décider de tout raconter à sa mère.

Quelques heures seulement après cette première plainte, la mère du deuxième enfant s?est à son tour présentée au poste de police de Quatre-Bornes. Elle a affirmé aux policiers que le même patient aurait caressé son fils sur certaines parties du corps avant de lui faire part de certaines histoires obscènes.

Le présumé pédophile, qui était admis dans une autre aile de l?hôpital, aurait profité de l?absence des infirmiers pour s?introduire dans la salle où sont hospitalisés les mineurs. Il se serait ainsi approché des deux garçons qui dormaient pour tenter d?assouvir ses bas instincts. Devant la résistance des deux victimes, et craignant qu?elles ne réveillent les autres occupants de la salle, l?individu aurait préféré regagner la salle où il était admis.

Du côté de la direction de l?hôpital, on explique qu?une enquête interne a été ouverte dès que les parents des deux garçons se sont plaints à la direction de l?établissement de santé. « Nous avons recueilli le témoignage du personnel qui était de service ce jour-là, et nous avons, par la suite, rédigé un rapport sur toute cette affaire. Ledit rapport a été remis au ministère de la Santé », explique le docteur Somnath Maharahaje, Regional Health Director de l?hôpital Victoria. Et de préciser que le patient identifié par les deux garçons a été transféré dans une autre salle et placé sous surveillance.

Mis au courant de ces faits, le ministère de la Femme s?est dit prêt à apporter son aide aux parents. « Nous offrirons bien en-tendu un soutien psychologique à ces deux garçons ainsi qu?à leurs parents », a tenu à affirmer la ministre de la Femme, Indira Seebun. Cette dernière s?est dit outrée par de tels actes. « Un hôpital est censé être un endroit où tous les patients peuvent se reposer en attendant de se sentir mieux. C?est révoltant qu?une chose pareille puisse se produire dans un tel endroit. La situation est grave », a-t-elle déclaré, visiblement irritée par les abus qu?auraient subi les deux garçons.

« Nous vérifions toutes les options »

Le présumé pédophile a été interrogé par les policiers chargés de l?enquête au cours de la semaine écoulée, mais ce dernier a nié avoir commis des attouchements sexuels. Il devrait être de nouveau confronté aux versions des deux garçons cette semaine. Les allégations de ces derniers sont prises avec beaucoup de sérieux, d?autant plus que plusieurs cas similaires à l?hôpital ont été rapportés ces dernières années. Pourtant, certains enquêteurs, sceptiques quant aux dires d?un des deux garçons, n?écartent pas la possibilité qu?il pourrait s?agir d?une fabulation. « La version que nous a donnée l?un des deux enfants semble quelque peu contradictoire. Nous vérifions tout de même toutes les options », laisse entendre un enquêteur proche du dossier.

En attendant, et pour empêcher qu?une telle situation ne se reproduise à l?avenir, les responsables de l?hôpital ont demandé au personnel soignant de faire preuve d?une plus grande vigilance, notamment pour ce qui est de l?accès à la salle où sont hospitalisés les enfants.

Une affaire tragique

Ces récentes allégations d?attouchements sexuels ne sont pas sans rappeler les circonstances dans lesquelles Anne-Jennia Arékion, âgée de 4 ans, a trouvé la mort. Cette fillette de Camp-Levieux est décédée le 6 juin dernier, soit au lendemain de son admission à l?hôpital de Candos.

La fillette s?était rendue la veille à son école maternelle comme d?habitude. C?est la puéricultrice qui l?a conduite à l?hôpital après que la petite se soit plainte de douleurs au ventre. Elle a sombré dans un profond coma peu après son admission, avant de rendre l?âme le lendemain. L?autopsie de la fillette, pratiquée par le chef du service médico-légal, le docteur Satish Boolell, avait attribué le décès à une convulsion, séquelle d?un abus sexuel répété. L?enquête policière s?était, dans un premier temps, orientée vers la présence d?un éventuel pédophile dans l?hôpital, mais cette piste avait rapidement été écartée. Les conclusions du médecin légiste ont indiqué que les blessures relevées au niveau des parties génitales remontaient à plusieurs jours, voire des mois. Les policiers chargés de l?enquête avaient tout de même été intrigués par les nombreux cas d?attouchements signalés à la direction de l?hôpital dans la salle même où avait été admise Anne-Jennia.

■ 15 affaires d?abus sexuels sur des enfants ont été recensées par la police rien que durant les trois premiers mois de cette année.

■ 33. C?est le nombre de cas sur mineurs rapportés en 2005.

■ 26 plaintes d?abus sur mineurs ont été déposées à la police entre juillet 2004 et avril 2005. Ce chiffre ne représente, bien entendu, que la partie visible de l?iceberg.

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