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Un parolier de c?ur

24 janvier 2004, 20:00

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Quand on écoute Kan mo ti éna 14 ans, on est pris d?emblée par le rythme très entraînant aux accents de reggae. Mais très vite les paroles retiennent l?attention : elles sont fortes, chargées de souffrance, de vérité et d?espoir. Ces paroles sont nées sous la plume de Dean Rungen, 14 ans, qui a collaboré à Ki mo été, un album lancé par Cadress Rungen et Dany Philippe, à travers le Centre de solidarité et le Groupe A de Cassis. Enregistré par Zot Sa, Ki mo été comprend huit chansons qui mettent les jeunes en garde contre les méfaits de la cigarette, de l?alcool et de la drogue.

« Je me suis inspiré de la vie de certains jeunes que je connais, qui boivent et qui fument, pour écrire Kan mo ti éna 14 ans, raconte Dean. J?ai aussi repris une phrase d?un drogué qui témoignait lors d?une causerie : Guette mo la vie banne camarade, li couma ène bato dan tempet ki napéna so retour. Une phrase qui m?avait beaucoup touché. » Dean doit à ses parents cette prise de conscience des fléaux qui guettent les jeunes. Enfant, il assiste aux séminaires et autres causeries organisées par le Centre de solidarité où ses parents travaillent alors. Il côtoie très tôt des jeunes qui prennent de la drogue et consomment de l?alcool pour échapper à leurs problèmes.

Les années passent et Dean ressent de plus en plus le besoin de faire quelque chose pour les aider. Entre-temps, son père et un ami montent le projet d?une cassette pour sensibiliser les ados aux méfaits de ces fléaux. C?est l?occasion pour Dean d?apporter sa contribution au projet. Il prend la plume et en un jour il écrit Kan mo ti éna 14 ans qu?il montre à son père. Conquis, ce dernier décide de l?intégrer aux autres chansons. « J?ai écrit cette chanson d?une traite et elle a tout de suite plu à mes parents et à mon petit frère, souligne Dean. Comme j?étais en pleine croissance et que ma voix n?était pas trop au point, j?ai demandé à mon copain Berwing qui, comme moi, fréquente le collège Père Laval d?interpréter Kan mo ti éna 14 ans. Nous avons été à l?enregistrement ensemble et tout s?est bien passé. »

La suite, on la devine. La cassette ? et quelques mois plus tard le CD ? remportent un vif succès. « Je suis super content et en même temps impressionné, car je ne m?attendais pas à entendre ma chanson à la radio, avoue-t-il l??il brillant. Elle passe quelquefois dans des émissions comme Baro pa arrêt la vie. »

Féru de musique, Dean passe son temps libre à jouer du clavier avec Berwing qui partage la même passion que lui. Tous les dimanches, ils se rencontrent pour chanter ou jouer un morceau. Et quand l?occasion se présente dans les concerts, ils entonnent Kan mo ti éna 14 ans, pour la plus grande joie de leurs fans. Dean écoute de tout, sauf, précise-t-il, les chansons qui encouragent les jeunes à fumer : « Les chansons devraient être un moyen de les sensibiliser aux problèmes de la vie et non de leur faire prendre de mauvais chemins. Moi, j?écris avec mon c?ur. Je ne veux pas que des jeunes comme moi détruisent leur vie. Elle est trop précieuse. »

Quand un événement le touche, Dean l?exorcise à travers des mots. C?est ainsi qu?il a écrit les paroles d?une chanson qu?il a lui-même interprétée lors des funérailles de sa grand-mère. À 14 ans, il a le sourire d?un gamin qui s?émerveille devant la vie, mais aussi la sagesse de quelqu?un qui a beaucoup vécu. « Comme j?assistais régulièrement aux séminaires au Centre de solidarité, je me sens capable aujourd?hui d?aider un jeune en difficulté. » C?est sûr, Dean a pris son bâton de pèlerin.

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