Publicité

Un parcours truffé de joies et de regrets

9 juillet 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Les JIOI 2003 ne me disent rien. Avant que vous ne me téléphoniez, je n?y songeais même pas. Je n?ai aucun regret qu?ils se passent sans moi?, lance l?ancien judoka, Jean-Claude Raphaël, double médaillé d?or des Jeux des îles de l?océan Indien de 1998.

Une telle indifférence, surtout venant de la part d?un double médaillé d?or des derniers JIOI et de surcroît qui avait pris la neuvième place aux Jeux olympiques de Sydney 2000, semble ahurissante. Toutefois, au fil de la conversation téléphonique, la glace se brise et tout s?explique. En se remémorant la douzaine d?années passée au sein de l?équipe nationale de judo, Jean-Claude Raphaël laisse transparaître un soupçon de regret dans le timbre de sa voix.

?Si j?ai tourné le dos au judo mauricien, il y a environ deux ans, c?est principalement parce qu?on ne voulait rien m?offrir en retour pour mon courage. Pourtant, je ne demandais qu?une chance de fonder une famille et construire mon avenir?, lance Jean-Claude.

?Le deal que personne ne voulait accepter c?était que je vive en Australie avec l?élue de mon c?ur tout en continuant à défendre le quadricolore mauricien?, confie l?ancien judoka des -90 kg.

Aujourd?hui, Jean-Claude a tourné la page. Âgé de 30 ans, l?ancien enfant prodige de Tranquebar est désormais bien établi à Sydney. En septembre prochain, il convolera en justes noces avec l?Australienne Giovanna.

Sur le plan professionnel, tout va comme sur des roulettes. Avec sa compagne, il s?occupe d?un business familial. Et à ses heures perdues, il retourne à sa grande passion : le judo. Il s?occupe de la formation des judokas en herbe du Police Citizen Youth Club à Penrith.

Mais qu?en est-il du redoutable compétiteur, Jean-Claude Raphaël ?

?Pour l?instant, un retour à la compétition ne me dit rien. Mais vu mon âge, je peux toujours y revenir. On ne sait jamais??, répond-il sur un ton taquin. Pour l?instant, Jean-Claude ne regrette pas son choix. ?Si c?était à refaire, ma décision aurait été la même. J?aurais tiré un trait sur le judo pour construire mon avenir?, réitère-t-il.

Cela dit, le meilleur judoka que Maurice ait, sans doute, jamais connu fait un bond en 98, son année de prédilection. ?Cette année a été magique. J?avais remporté le métal précieux aux Championnats du Commonwealth en début d?année, un titre de champion d?Afrique et l?or en -90 kg et en toutes catégories lors des JIOI de 98?, raconte Rapha, comme le surnomment ses proches.

Après son sacre au championnat d?Afrique en juillet 98, plus rien ne pouvait l?arrêter. Aux JIOI, il était parti pour l?or : ?Que ce soit sur le plan physique ou psychologique, je me sentais très fort. D?emblée, je savais que ces jeux allaient me réussir.? Il avait raison, puisqu?il décrocha non pas un, mais deux médailles d?or à ces Jeux.

À l?époque, Jean-Claude faisait figure de géant. Haut de 1m95, le judoka, quoique très discret et timide, se montrait dangereusement agressif sur le tatami. Conscients de sa force, ses adversaires redoublaient de prudence. Mais à chaque tentative leurs efforts restaient vains. Jean-Claude était de loin le plus fort. Et quant à la performance qu?il aurait pu réaliser s?il avait participé au rendez-vous 2003, il dira sans hésitation : ?Ça aurait été l?or une fois de plus.?

Quel dommage pour la République de Maurice !

Publicité