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Un panier toujours plus cher
La hausse des prix se confirme. L?érosion du pouvoir d?achat également. Le dernier rapport du Central Statistics Office (CSO) relatif à l?indice des prix à la consommation fait ressortir une hausse des denrées alimentaires de base durant le premier trimestre de cette année. Ces denrées sont l?une des principales composantes du fameux panier de consommation. Cette catégorie compte pour 30 % du panier de consommation, suivis par le transport (15 %) et les dépenses pour le logement, y compris eau et électricité (10 %).
Les revenus moyens des ménages, passant de Rs 14 232 en 2001/02 à Rs 19 025 en 2006/07 (+ 33,7 %), n?ont pas changé de manière significative si l?on tient compte de l?inflation. Autrement dit, cette augmentation relative des revenus n?a pas engendré une hausse du pouvoir d?achat dans la mesure où l?inflation (inflation cumulée de 34,3 % entre 2001 et 2007) a également entraîné une augmentation des prix à la consommation.
Le rapport 2006/07 du CSO note une «augmentation réelle de 5 % des dépenses liées à la consommation des ménages». Interrogé, un statisticien du CSO fait ressortir que «les Mauriciens ont partiellement changé leurs habitudes alimentaires». Ainsi si certaines denrées alimentaires ont enregistré une hausse à cause de la montée des cours mondiaux des matières premières, la part des services augmente, effectivement, dans la consommation des ménages.
De fait, on remarquera que le poids de la catégorie «aliments et boissons non-alcoolisées» est moindre qu?en 2001/02 dans le panier de consommation.
En revanche, certains services pèsent davantage. C?est le cas des dépenses liées à la maison (logement, eau, électricité, gaz et autres carburants), au transport (bus, voiture, avion), à l?éducation et aux télécommunications (surtout téléphonie mobile et Internet). Ainsi, les dépenses pour l?éducation et les services de communication sont plus importantes (+89 % et + 59 % respectivement).
Cependant, depuis décembre 2007, les prix des denrées alimentaires n?ont eu de cesse d?augmenter significativement. C?est durant cette période que les contrecoups de la flambée des cours mondiaux se font sentir. Dans le même temps, les revenus des ménages ne changent pas. «Le taux d?inflation continue d?augmenter et le coût de la vie également. Il y a, très clairement, une baisse du pouvoir d?achat», relève Mossadeq Sahebdin de l?Institute for Consumer Protection (ICP).
Compensations insuffisantes </B>
Pour Nicolas Kan Wah, manager de London Way, «les compensations salariales ont été insuffisantes comparativement aux augmentations de prix». Dans le même souffle, il note «une stabilité de nombreux prix des denrées de base, voire une baisse pour la margarine, les céréales importées, les cosmétiques et produits d?hygiène». «C?est surtout le riz qui a augmenté mais les ménages ne se tournent pas vers d?autres produits.»
Les prix des «aliments et boissons non-alcoolisées» ont enregistré une hausse de + 5,3 %. Evoquant un panier de consommation contenant 40 produits de base, Mossadeq Sahebdin avance que «le coût pour un tel panier est passé de quelques Rs 3 500, l?année dernière, à plus de Rs 4 300». «Il faudrait avoir un plus grand contrôle sur les prix des produits de première nécessité, car certains produits deviennent inaccessibles comme l?huile comestible ou le poisson snoëk qui se vend à Rs 180 le kilo !» poursuit le directeur de l?ICP.
L?indice des prix pour l?éducation (+ 4 %) et pour les «restaurants et hôtels» (+ 7 %) sont également ceux affichant une croissance la plus importante, due respectivement aux frais d?université et à la hausse des prix pour les plats préparés et les frais plus importants dans les bars et restaurants. Les services, on l?a dit, coûtent plus cher. Pour le consommateur, la facture s?alourdit, surtout pour l?électricité et les eaux usées. Même si, contrairement à l?alimentaire, «les services sont soumis à un certain contrôle, la hausse des tarifs d?électricité et des eaux usées sont des décisions inappropriées pénalisant le consommateur», déclare Mossadeq Sahebdin. «Il n?y a pas de transparence dans ce domaine. L?Utility Regulatory Act de 2004 n?a toujours pas été mis en application, ce qui prive le consommateur d?une plate-forme assurant la transparence de ces décisions», relève-t-il.
<B>Baisse insignifiante des prix
L?alimentaire reste le nerf de la guerre, soit environ 30 % des dépenses totales. Les ménages mauriciens dépensent en moyenne, mensuellement,Rs 15 188. Pour l?alimentaire c?est donc près de Rs 5 000 qui sont dépensées. Le statisticien du CSO souligne «la hausse de 20 % des prix pour les aliments alors que le Consumer Price Index n?a augmenté que de 10 % durant le premier trimestre. En fait, les prix des aliments augmentent plus vite que ceux des autres produits et services que l?on retrouve dans le panier de consommation».
Le pouvoir d?achat des Mauriciens, surtout des classes moyennes inférieures et pauvres, s?érode. L?inflation n?est pas rattrapée par les compensations salariales consenties. Les dépenses habituelles deviennent parfois une plaie pour le consommateur. «Les consommateurs changent la manière de faire du shopping, ils passent plus de temps et sont plus sensibles aux promotions qu?aux marques», analyse Nicolas Kan Wah. Le changement des habitudes alimentaires est aussi l?un des moyens pour faire face à la hausse des prix.
«Sur les 40 produits de base de notre panier, la baisse n?est que de Rs 94, c?est-à-dire insignifiante ! Quand on parle de baisse des prix, il faudrait que cela concerne les produits de première nécessité et non les produits superflus», plaide le directeur de l?ICP. Les prix des services tendent aussi à la hausse, si bien que leur part dans la consommation mensuelle des ménages augmente. Le pouvoir d?achat est, à juste titre, la principale préoccupation des ménages qui, en attendant des jours meilleurs, continuent de dépenser de plus en plus.
Le panier de consommation</B>
Il s?agit d?un outil statistique permettant de mesurer les évolutions des prix et des dépenses des ménages. Le panier de consommation est constitué de produits et services jugés essentiels ou habituels dans la consommation des ménages. Ce panier comprend 12 catégories : aliments et boissons non-alcoolisées ; boissons alcoolisées et tabac ; vêtements et chaussures ; logement, eau, électricité, gaz et autres carburants ; ameublement, équipement ménager, produits d?entretien ; santé ; transport ; communication ; loisirs et culture ; éducation ; restaurants et hôtels ; divers biens et services (assurances?). La catégorie la plus importante, les produits alimentaires et boissons non-alcoolisées, regroupe une soixantaine de produits dont une cinquantaine pour les aliments seulement.
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