Publicité
Un organisme pour enquêter sur la police
Par
Partager cet article
Un organisme pour enquêter sur la police
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, annonce la création d?une entité indépendante pour enquêter sur les plaintes contre la police. Intervenant hier soir, à l?ouverture de la conférence sur les droits de l?homme à l?hôtel Sofitel, Flic-en-Flac, il a fait état des mesures pour protéger les détenus.
?Nous devons tous être d?accord que dans le domaine des droits de l?homme, il n?y a pas de place pour la complaisance et la demi-mesure. Une loi ou l?existence d?une instance particulière ne suffit pas. Au cas où des manquements seraient notés, des mesures correctives doivent être considérées?, a affirmé le Premier ministre. Le Complaints Investigation Bureau est une instance où la police enquête sur les griefs du public contre la police. Navin Ramgoolam a indiqué que le gouvernement considère le remplacement du bureau par une Independent Police Complaints Commission. Comme annoncé précédemment, il a réitéré la proposition d?équiper toutes les salles d?interrogatoire des Casernes centrales d?un circuit de caméras pour enregistrer les dépositions. Une telle disposition existe déjà au centre de détention de Moka.
Ces mesures, a expliqué le PM, découlent des inquiétudes exprimées pendant les années écoulées sur la nécessité de sauvegarder les droits des suspects en détention policière, et ceux des citoyens contre les méfaits de la police. Il a réaffirmé la volonté de son gouvernement d?agir en ce sens, citant, à titre d?exemple, les enquêtes initiées à la suite d?une récente mort en cellule.
Pour Navin Ramgoolam, le judiciaire et la profession légale ont un rôle majeur à jouer tant dans la protection des droits fondamentaux et des libertés que dans la proposition de solutions en cas de violations. ?A Maurice, le judiciaire a la responsabilité non seulement de dénicher les lois violant des droits constitutionnels mais également de revoir toute décision administrative et exécutive à l?encontre de ces lois. Au vu de la nature de cette responsabilité, le judiciaire doit être perçu comme étant indépendant des instances politiques de l?Etat et de toute autre influence qu?une société est appelée à subir involontairement dans l?exercice de ces droits?, a souligné le PM. Et d?ajouter que les hommes de loi doivent non seulement défendre les droits de leurs clients mais ?uvrer pour améliorer les droits des suspects ou accusés dans le processus criminel.
Auparavant, le chef juge, Ariranga Pillay, a, dans le discours principal, d?emblée fait ressortir que le sujet des droits de l?homme est aussi vieux et ?evergreen? que l?humanité. Ces droits sont économiques, sociaux et culturels. Et l?Etat, a-t-il indiqué, se doit de veiller à protéger le citoyen de toute forme de discrimination. D?ailleurs, selon Navin Ramgoolam, un Equal Opportunity Act sera voté pour s?assurer que ces inégalités fassent partie du passé.
La conférence, organisée par la Mauritius Bar Association, se poursuit aujourd?hui et demain à l?hôtel Sofitel Impérial. Les principaux conférenciers seront lord Lester of Herne Hill, ayant déjà plaidé pour des dossiers mauriciens au Privy Council, la juge sud-africaine Kate O?Regan et l?ancien chef juge Rajsoomer Lallah, Queen Counsel.
Publicité
Publicité
Les plus récents