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Un mois de foire commerciale au Belle Vue Hippic Club, Albion

15 février 2005, 00:00

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MM. Ramjaram Rama et Suresh Moorba annoncent la tenue d?une foire commerciale d?une durée d?un mois (du 31 mai au 29 juin 1980), au Belle Vue Hippic Club, à Albion. Industriels et commerçants auront à leur disposition 85 stands. Ils devront toutefois promouvoir des articles produits localement afin d?aider au rétablissement de l?équilibre de la balance des paiements. M. Rama veut freiner ainsi l?exode des devises et les importations excessives. Le mot d?ordre est d?acheter mauricien. Gouvernement et Chambre de Commerce n?ont pas encore été approchés mais cela ne saurait tarder. L?objectif est d?accueillir, à Albion, 100 000 visiteurs.

La foire s?étendra sur une superficie de 30 arpents autour du complexe socio-sportif. Elle promet d?être une fête populaire.Le parking pourra accueillir un millier de véhicules. Le complexe compte un court de tennis, un centre d?équitation de sept chevaux ainsi qu?un boulodrome.

Autre conférence de presse : celle d?un Jagatsingh furibond et ne décolérant pas contre l?express. Du coup, il révèle à tous qu?il est le ministre interventionniste et donne le nom du fonctionnaire lésé parce qu?on lui a dérobé la bourse d?études supérieures déjà offerte par écrit. L?express, ayant rapporté les propos d?un diplomate se plaignant d?un ministre qui le harcèle avec toute sa parenté, en quémandant des bourses d?études supérieures pour une ribambelle de neveux et de nièces, Jagatsingh considère que cette remarque peu diplomatique constitue une ingérence intolérable dans les affaires internes de l?île Maurice. Il écrit, en ce sens, une note de protestation à M. Safronov, ambassadeur de l?Union Soviétique à Maurice mais aussi doyen du corps diplomatique. A ce titre, il lui appartient de prier ce diplomate de garder pour lui ses opinions sur le gouvernement mauricien.

Le même Jagatsingh se laisse interviewer par Finlay Salesse. Il n?est guère tendre pour le PMSD, parti politique ayant pourtant accepté l?offre ramgoolamienne de faire partie d?un gouvernement de coalition afin que le pouvoir ne tombe pas entre les mains du MMM après les législatives de décembre 1976. Le parti, dirigé par Gaëtan Duval, s?est toujours opposé aux bonnes idées. Son leader est incontrôlable. Idéologiquement parlant, le PTr a toujours prôné la nationalisation du port. Il ne sait s?il existe un contrat, datant de 1965, au sujet de l?excision des Chagos. Il sait cependant qu?il n?y a eu alors aucune objection formelle à ce projet d?excision. Il est vrai que, à l?époque, il est question de base de communications et non pas de base militaire. Il conteste les velléités duvaliennes de parler, à Maurice, au nom de l?Occident. Maurice peut agir en toute indépendance sans devoir opter pour l?Ouest ou pour l?Est. Quand la France s?oppose aux projets états-uniens, cela ne veut pas dire pour autant que Paris se range derrière Moscou. Il réaffirme qu?il est nullement opposé à la mise sur pied de la CNT comme certains veulent le faire accroire. ?Un jour, le MMM et les employés du transport par autobus me remercieront pour ce que j?ai fait pour ce secteur professionnel?. Il ignore s?il y a des pressions pour le renvoi des élections municipales (N.B. Celles-ci seront effectivement renvoyées et les prochaines municipales auront lieu en 1982). A.V. Chettiar a dit, dans un moment de grande colère, certaines choses, concernant notamment les affaires internes du PTr. ?Boodhoo est le Père Laval noir du XXe siècle mais au service des grands Blancs de Maurice. Il est aussi lié à Boolell qu?il l?est avec Paul Bérenger.?

Il faut rappeler, dans le sillage des propos de Jagatsingh, qu?il est beaucoup question, à la mi-février 1980, du refus du MMM de faire partie d?un gouvernement de coalition avec le PTr, en dépit d?une offre ramgoolamienne de 50% des ministères aux Mauves. Le MMM répond qu?il comprend la situation dramatique dans laquelle se trouve Maurice mais qu?il ne saurait être question pour lui de faire partie d?un gouvernement dirigé par Ramgoolam, Ringadoo ou Boolell. Le PTr continue à prendre des décisions qui ne peut que l?éloigner davantage du MMM.

Il est, enfin, question de la situation dramatique dans laquelle se trouve l?économie, lors d?une conférence de presse de Ringadoo. Il énumère les offres d?aide étrangère et demande que les querelles politiques cèdent la place à l?effort de tous au redressement national. Ce travail doit être d?abord l??uvre des Mauriciens. Les pays amis ne lèveront pas le petit doigt si les Mauriciens se croisent les bras. Un plan de reconstruction sera prêt à la fin d?avril 1980. Font toujours problème, près de deux mois après le passage de Claudette, les réfugiés dans les écoles et dans les longères, le logement, l?eau (qui ne coule toujours pas à 100% à Port-Louis), le tout-à-l?égout, l?électricité, les routes, le téléphone.

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