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Un Mauricien détenu cinq heures au Zimbabwe
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Un Mauricien détenu cinq heures au Zimbabwe
L?ex-Rhodésie, il ne compte pas y remettre les pieds de sitôt. ?Pendant cinq heures, j?ai été comme un pantin entre les mains des militaires du parti au pouvoir?, déclare Nicolas qui s?apprête à aller étudier le génie civil à Toulouse.
Le rêve de ce jeune Mauricien est d?être pilote de ligne. Un rêve qui l?emmènera au Zimbabwe, où il vivra un vrai calvaire. Constant Bourgault, le cousin germain de son père, l?invite à passer des vacances au Zimbabwe afin de s?initier notamment au pilotage sur le Cessna. Cet homme d?affaires établi au Zimbabwe depuis 35 ans soutient ouvertement le parti de l?opposition, le ?Movement for Democratic Change? de Morgan Tsvangirai.
Nicolas quitte Maurice début juillet. Sa première semaine de vacances à Banket se déroule sans encombres. Son cousin l?accompagne lors de sa première leçon de pilotage sur le petit aéroport de Charlespring, situé à 100 km de Banket. Et c?est lors de sa troisième visite à l?aéroport que les choses se corsent. Il ne lui reste alors qu?une semaine à passer au Zimbabwe.
En vrai touriste, Nicolas veut garder un souvenir du Cessna qu?il a piloté. Alors qu?il s?affaire à prendre des photos, un militaire l?interpelle. Des chars et une batterie antiaérienne se trouvent en bout de la piste.
Et le militaire croit qu?il a pris ces photos afin de mieux repérer la position de l?armée. ?Ils m?ont dit que j?étais en état d?arrestation car j?avais pris des photos susceptibles d?identifier leurs positions. J?avais beau nier mais ils n?en démordaient pas.? Nicolas s?explique. Pendant qu?il parle, un autre militaire tente de lui arracher la clé de contact des mains. Il panique et s?enferme dans la jeep devant laquelle se placent les deux militaires.
Nicolas les suit ensuite à leur bureau. La pièce est aussi grande? qu?un conteneur, il y fait sombre alors qu?une quinzaine de militaires parmi lesquels, une femme, l?entourent.?Ils m?ont bombardé de questions du genre : pourquoi je ne prends pas des leçons de pilotage à Maurice, est-ce qu?il n?y a pas d?avions dans mon pays, pourquoi n?ai-je pas d?autorisation écrite pour accéder à l?aéroport. Ils me laissaient à peine le temps de répondre.?
Les hommes se parlent entre eux. Nicolas saisit les mots ?suspect? et ?crime? et il se rend compte que la femme militaire déforme volontairement ses propos, disant qu?il n?a pas pris d?autorisation écrite car, étant un Blanc, il se croit au-dessus des lois. Nicolas ruse pour être autorisé à téléphoner à son instructeur de pilotage. Ce dernier réussit à négocier pour que les militaires l?accompagnaent développer la pellicule au laboratoire.
Les sept militaires l?obligent ensuite à les emmener voir son logement. Ne voulant pas embarrasser son cousin, Nicolas les mène chez la fille de ce dernier qui n?est pas à la maison. En fouillant dans la boîte à gants, ils tombent sur le numéro de téléphone de Constant Bourgault et l?appellent pour savoir où loge Nicolas. Ignorant tout de cette histoire, Constant Bourgault donne l?adresse de son appartement. ?Ils m?ont menacé en disant que si je continuais à livrer de fausses informations, ils me battraient.?
Les militaires maintiennent ensuite qu?à l?arrière-plan de la photo, il y a un char et non un arbre, comme l?affirme Nicolas. Le jeune Mauricien les entraîne sur la piste d?aterrissage et montre sous quel angle il a pris la photo. Et là, les militaires concèdent qu?il s?agit bien d?un arbre. ?En me laissant partir, l?un d?eux m?a dit que si je photographiais une nouvelle fois l?aéroport, je risquais de le payer de ma vie.?
Au cours du sommet de la Southern Africa Development Community, Maurice compte demander que les prochaines élections au Zimbabwe soient ?fair and free?. A cette requête, il faudrait peut-être ajouter celle de ne pas malmener les gens pour un rien?
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