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Un manque d?effectif paralyse la Mauritius Revenue Authority
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Un manque d?effectif paralyse la Mauritius Revenue Authority
La Mauritius Revenue Authority (MRA) est frappée de paralysie à peine quelques semaines après son entrée en opération. Au moins 75 % de ses employés de bureau l?ont désertée à un moment où d?importantes échéances sur la collecte d?impôts sont derrière la porte. L?ampleur de la paralysie est telle que la MRA pourrait avoir des difficultés à payer les salaires le 25 du mois.
Les fonctionnaires qui font ainsi de la résistance sont dans l?administration, au département des Finances et à celui des ressources humaines. Ils tiennent le registre des employés et s?occupent des salaires. Ils abattent un travail préparatoire sans lequel les cadres du fisc feront difficilement leur tâche.
Ils étaient environ 348 à travailler dans les différents départements du ministère des Finances s?occupant de la collecte d?impôts. La MRA, mastodonte créée pour rationaliser l?exercice, a offert de reprendre 248 d?entre eux avec une augmentation salariale de 10 %. En contrepartie, elle leur a demandé de travailler une demi-heure de plus par jour.
Seuls 87 ont accepté l?offre. Le reste a préféré demeurer dans la fonction publique. Etant donné que ce ne sont pas des techniciens, ils ont la possibilité d?exercer ce choix. Cependant, ils ont pris la MRA par surprise car ils lui ont laissé croire jusqu?à la dernière minute qu?ils allaient intégrer l?organisme. De fait, la mutinerie prend des allures d?une action syndicale bien réfléchie.
Mais dans quelques semaines, les tax returns pour l?année 2005-2006 devront être expédiés aux 350 000 contribuables afin qu?ils puissent balancer le compte de leurs contributions sous le Pay As You Earn (PAYE). A la suite de l?exercice, ils sont nombreux les contribuables qui perçoivent un remboursement pour impôts payés en surplus. A ce jour, ces formulaires n?ont pas encore été sous presse. L?examen des tax returns est un vaste exercice comptable qui nécessite des semaines d?heures supplémentaires aux préposés du département de PAYE. Tout retard en amont peut rendre l?exercice quasiment impossible à gérer.
A vendredi, le bureau de l?enregistrement du département de la taxe à valeur ajoutée (TVA) opérait avec un seul préposé. Celui-ci a signifié son intention d?emboîter le pas dès cette semaine à ses 39 collègues qui sont partis. En attendant, le travail s?accumule. Quelque 3 500 dossiers de contribuables attendent d?être classés.
Personne pour s?occuper des fiches de paie
Dans quelques jours, les 10 000 contribuables inscrits pour la TVA vont soumettre leurs tax returns. Ces données devront être saisies sur ordinateur avant que les inspecteurs de la TVA ne commencent à les étudier. La vingtaine de techniciens en infomatique censés s?en occuper ont réintégré le ministère de la Technologie informatique et des Télécommunications. En outre, la MRA n?a prévu aucun back-up pour le stockage de données.
A la douane, seuls deux préposés sur dix sont restés à la filing section. Le ministère des Finances attend de recevoir des dossiers complets sur les 700 employés de la douane qui ont accepté le transfert à la MRA. Il pourra alors transférer sa responsabilité de contribuer à un fonds de pension à l?organisme parapublic nouvellement créé. Mais cette formalité n?est pas prête à être complétée car le personnel devant compiler les dossiers n?est plus là.
Des tax clerks, issus du bureau des impôts, essaient tant bien que mal de faire tourner le bureau de l?enregistrement des différents départements de la MRA. Mais ils s?y perdent. Le désordre et la pagaille se sont installés.
La MRA s?est engagée à payer les salaires chaque 25 du mois. Pour pouvoir le faire, elle devrait se mettre à préparer les fiches de paie dès aujourd?hui. Or, il n?y a personne pour s?en occuper.
Ainsi certains des administratifs qui ont accepté le transfert veulent à présent s?en aller. Mais leur nouveau employeur ne leur permet plus ce luxe. Le mécontentement est également de mise chez les plantons. Ils estiment que la MRA les a amenés à accepter de plus longues heures de travail qu?il n?était originellement question. Le store est déjà fermé. De fait, le personnel doit se débrouiller pour se procurer de tout : du matériel de bureau au papier toilette.
Comment désamorcer la situation ? ?Nous demandons un high- powered committee comprenant des représentants des ministères des Finances et de la Fonction publique et des syndicats et de la MRA pour revoir tous les points de mésentente et y trouver des solutions. Il n?y a pas d?autre moyen que la négociation?, soutient Rashid Imrith, président de la Government General Services Union.
Ce dernier souhaite que l?accord de principe conclu au départ soit ?respecté?. Par exemple, il est prévu que les fonctionnaires qui n?ont pas été retenus soient redéployés. Tel n?est pas le cas, affirme-t-il.
Augmentation salariale plus importante et aucun changement dans les horaires de travail. Voilà ce que souhaitent en substance les employés mécontents et leurs syndicats. La GGSU attend l?échéance du 25 juillet. Si les salaires ne sont pas payés comme prévu, elle lancera sa deuxième offensive : réclamer la démission du conseil d?administration.
RÉACTIONS
Sudhamo Lal : ?Changez de mentalité?
■ Le directeur de la Mauritius Revenue Authority (MRA), Sudhamo Lal, a, à maintes reprise, réclamé un changement de mentalité tant du côté des employés que de celui des contribuables. Le succès de l?institution en dépend, dit-il. Peu avant l?entrée en opération de la MRA, il avait fait remarquer qu?il existe dans le monde très peu d?organisations responsables de la collecte de revenus pour l?Etat qui soient performantes. Il souhaite un destin tout à fait contraire pour l?institution mauricienne. ?Nous allons tout faire pour créer un ?high performance culture? à la MRA. Nous introduirons un système de gestion de ressources humaines basé sur la performance et l?efficience?, disait-il. Cette philosophie explique pourquoi l?organisation demande à son personnel de travailler plus longtemps, soit une demi-heure de plus par jour.
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