Publicité

Un investisseur refroidi par la lenteur administrative

11 mai 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il a déjà investi Rs 25 millions à Maurice, et voudrait injecter encore Rs 150 millions dans un projet local. Pourtant Franck Bourquard, le directeur de Mo?Brez, une compagnie de location de bateaux de plaisance, n?en finit pas de se heurter à une multitude d?obstacles administratifs. À tel point qu?il songe à plier bagage. Un cas qui n?est pas isolé puisque plusieurs investisseurs étrangers abandonnent leurs projets, las de ces lenteurs.

A 47 ans, Frank Bourquard, ex-directeur immobilier de Microsoft Europe, est un homme fatigué. Pendant neuf mois, il a couru à gauche et à droite pour obtenir un permis de résident. Et toujours rien. ?C?est désolant pour un pays qui veut attirer des investisseurs étrangers?, s?insurge Franck Bourquard. Il ne possède qu?un visa business qui expire le 30 juin. Son fils et sa femme sont sans visa depuis le 8 mai et sont donc en situation irrégulière. Flash-back.

C?est en décembre 2003 que Frank Bourquard originaire de Bretagne prend contact avec une antenne du Board of Investment (BOI) à Paris. A la suite à des problèmes de santé, l?ex-ingénieur souhaite monter une entreprise de location de bateaux à Maurice. Pays qu?il connaît par le biais de ses vacances.

<B>Emplois créés</B>

Renseignements pris, il débarque le mois suivant. Au siège de la BOI, on exige que, pour démarrer son entreprise, il doit obligatoirement s?associer à un Mauricien. ?Chose que j?ai faite immédiatement. Mais ce n?est que par la suite que j?ai appris que les informations obtenues étaient erronées. Je pouvais parfaitement créer seul mon entreprise.?

Un premier investissement est fait dans l?achat d?un bateau de pêche au coût de Rs 360 000. Mais les malheurs ne font que commencer avec le partenaire mauricien. Au bout du compte, plus de Rs 5 millions auraient été détournées. ?J?ai porté plainte, l?affaire a traîné en justice, mais ce n?est qu?au bout d?un mois et demi, que c?est arrivé au parquet.?

Mais Frank Bourquard n?est pas du genre à baisser les bras. Il parvient enfin à lancer sa compagnie, Mo?Brez, le 11 mai 2005. L?investissement de départ est de Rs 25 millions. 15 emplois sont créés. Basée à Trou-d?Eau-Douce, la société est axée sur la location de yachts à la journée avec équipages, le transport à la demande, ainsi que la croisière de luxe personnalisée.

Frank Bourquard a d?autres projets en tête. Il veut investir Rs 150 millions dans la construction de bateaux de luxe, qu?il exporterait à Dubayy. La construction se ferait dans le chantier naval de Grande-Rivière-Sud-Est, générant au passage plusieurs dizaines d?emplois.

Mais revoilà les embûches. Depuis juin, Frank Bourquard demande que sa situation se régularise pour avoir son resident permit. ?J?ai rencontré pas moins de six ministres au sein du gouvernement. Certes tous ont eu la volonté de faire bouger les choses, mais c?est au niveau de l?administration que cela bloque.?

Franck Bourquard attend toujours. Mais la patience a ses limites?

Publicité