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Un homme d?affaires piégé par ses «discount cards»

10 octobre 2003, 20:00

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La cavale a duré dix mois pour Eddy Babajie, producteur, promoteur de radio privée et homme d?affaires. Il a été arrêté lundi après que Jean Wong, un Mauricien établi en Allemagne, a fait des allégations d?escroquerie à son égard. Le business des discount cards dans diverses boutiques à Maurice n?aurait été que du pipeau. Il n?empêche que l?accusé nie ces faits.

Eddy Babajie a comparu en cour de district de Rose-Hill en début de semaine, sous une accusation provisoire d?escroquerie. Il a été reconduit en détention préventive. Me Jim Seetaram, son avocat, précise : «Je présente une motion pour sa remise en liberté conditionnelle dès lundi.»

L?interpellation d?Eddy Babajie par le sergent Robin Bhundoo et son équipe aurait entraîné toute une série de dépositions l?incriminant. «On retrouve ses anciens employés de même que des Mauriciens ayant acheté ses discount cards»,explique-t-on.

C?est le 9 janvier 2003 que Jean Wong consigne une déposition à la Central Investigation Division (CID) de Sodnac dans laquelle il relate ses tribulations avec Eddy Babajie. Selon le plaignant, Eddy Babajie le rencontre début 2002 pour lui demander d?être son partenaire en affaires. Convaincu, Jean Wong est prêt à tenter l?aventure. Ils se mettent d?accord sur le partage des profits, soit 2 %.

Le partenariat porte sur des discounts cards. Toute personne voulant bénéficier de rabais sur toute une gamme de produits et de services, achète une de ces cartes, tirées à son nom. Par exemple, au magasin X affichant le logo du discount card, le détenteur obtiendrait le produit voulu à un prix révisé à la baisse.

Peu après, les nouveaux associés se rendent en Allemagne où Eddy Babajie aurait fait visiter ses bureaux au plaignant. De retour à Maurice, ils signent un accord rédigé en allemand au siège de l?entreprise de Babajie à Quatre-Bornes.

Bureaux Portes closes

Toutefois, à une deuxième visite aux bureaux de son partenaire en Allemagne, relate Jean Wong à la police, il découvre avec stupeur que lesdits locaux ont fermé leurs portes. L?associé n?est pas au bout de ses surprises. En interrogeant le voisinage, il apprend que la compagnie d?Eddy Babajie n?a jamais été enregistrée à cette adresse et que ce dernier serait déjà retourné à Maurice.

Jean Wong ne lâche pas prise. De retour au pays, il recherche son partenaire afin de récupérer son argent. Les recherches sont longues et difficiles dans la mesure où le siège social de la compagnie, à Quatre-Bornes, n?existe plus. Un ancien employé se serait retrouvé dans la même situation que lui.

Finalement, il parvient à mettre la main sur Eddy Babajie et lui réclame son dû. Le businessman promet de lui restituer la somme en quatre tranches. Un acte notarié est même signé. Les jours s?égrènent sans que Jean Wong ne retrouve la couleur de son argent. De guerre lasse, il rapporte ses mésaventures à la CID de Sodnac.

En présence de Me Jim Seetaram, l?escroc présumé nie en bloc toutes les accusations formulées contre lui. Il déclare aux enquêteurs que c?est le dénonciateur qui l?aurait approché pour entrer en affaires avec lui. Eddy Babajie ajoute qu?il adressé l?acte notarié «sous pression» de Jean Wong.

L?homme d?affaires a fait parler de lui en d?autres occasions. En 2001, il monte un partenariat afin de postuler pour obtenir l?une des trois licences de radios privées (bande FM). Sa radio s?appellerait Sunrise. Sa demande n?est pas retenue.

Qui dit la chanteuse seychelloise Sly dit aussi Eddy Babajie ! L?homme a été le producteur de l?un des albums de l?artiste spécialiste en zouk, sous le label IFM. Il a d?autre part organisé plusieurs de ses concerts. D?ailleurs, c?est aux Seychelles qu?Eddy Babajie s?est rendu après son départ d?Allemagne.

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