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Un enjeu majeur
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Et la lumière fut. La confusion générée par les déclarations du Premier ministre sur ??injustice? des prix payés par le Central Electricity Board (CEB) aux sucriers producteurs d?énergie est éclaircie. Ceux qui ont négocié le contrat d?achat, en 1998, au nom de l?Etat mauricien reconnaissent aujourd?hui leur tort, même s?ils plaident l?ignorance pour se défendre.
Il y a dix jours, le Premier ministre a insinué, devant ses partisans réunis en congrès, que l?ancien gouvernement avait octroyé des contrats généreux aux propriétaires des centrales thermiques. ?Quand Paul Bérenger était au pouvoir, il a accordé à l?industrie sucrière des prix garantis pour la vente de l?électricité?, allégua-t-il. Sans citer le nom de Belle-Vue, il évoqua le cas d?une centrale qui a investi Rs 521 millions et, en l?espace de trois ans, avait fait un profit de Rs 680 millions. ?Se ki mo pa le aksepte, se linzistis kontra kinn fer la, li inakseptab??
Puis, se rendant compte qu?il était Premier ministre au moment où le contrat de Belle-Vue a été négocié et signé, il a cherché à corriger son erreur. Samedi dernier, à sa conférence de presse, le chef du gouvernement a reconnu sa part de responsabilité et admis que ce contrat a été négocié sous son mandat en 1998. ?C?était une nouvelle activité, personne ne l?avait jamais faite à Maurice?, justifia-t-il.
C?est au tour du président du CEB, Patrick Assirvaden, d?apporter d?autres précisions à l?affaire dans l?interview qui est publiée en page 8 de ce numéro. Il dit les choses sans ambages : ?Le Premier ministre dit que c?est inacceptable. Moi, je dis que c?est une aberration. Dans certains contrats, le prix de la bagasse est indexé sur le prix du charbon. ... De plus, si le taux des intérêts sur les prêts contractés par les sucriers augmente, le prix auquel ils nous vendent l?électricité augmente. Le prix est (également) indexé sur le CPI?, dit-il en faisant allusion au contrat signé avec Belle-Vue.
Si le président du CEB dit clairement les défauts des contrats de prix garantis, en revanche, il n?apporte aucun éclairage sur la place du charbon dans la stratégie énergétique. Il révèle que ?les sucriers nous font payer la bagasse plus chère par KWh produit que le charbon? mais s?élève contre la décision de l?ancien gouvernement d?autoriser la construction d?une centrale à charbon.
?L?implantation de la Centrale thermique du Sud (CTDS) n?aurait pas dû se faire. La CTDS n?aurait pas dû fonctionner uniquement avec du charbon. Elle aurait dû être une centrale bagasse-charbon?, dit Patrick Assirvaden. La contradiction ne s?arrête pas là. Il se prononce, malgré tout, en faveur de la centrale à charbon de Pointe- aux-Caves.
L?énergie est un enjeu majeur pour le pays. Il ne faut pas que cette question soit polluée par des considérations politiciennes.
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