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Un diplomate pour des îles “sœurs”…
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Un diplomate pour des îles “sœurs”…
●<B> Quel est le rôle et la fonction du consul de Maurice ? </B>
Ma mission est de multiplier les relations économiques, touristiques et culturelles entre les deux îles. Celles-ci présentent des atouts majeurs, dont la mise en commun pourrait dynamiser davantage la COI. Elles ont toutes deux des liens particuliers avec l’Union européenne, l’Asie et l’Afrique. En s’alliant, elles joueront un rôle déterminant dans la zone de l’océan Indien au cours de la prochaine décennie. Je voudrais faire de ce consulat une véritable banque de données pour tous les Réunionnais qui souhaitent investir à Maurice et vice-versa.
●<B> Les relations bilatérales entre Maurice et la Réunion existaient déjà avant la création d’un consulat. N’est-ce pas un rôle quelque peu “gadget” que vous remplissez ? </B>
Certes les relations entre nos îles sœurs ne datent pas d’hier, mais avec la création d’un consulat, ces relations fonctionneront mieux et les Mauriciens ont désormais une adresse, un bureau et quelqu’un pour les renseigner et les orienter dans leurs démarches administratives. Avant, ils étaient obligés de galérer avant d’avoir les informations justes, par exemple, pour un renouvellement de passeport. Or, à présent, ils disposent d’un interlocuteur en cas de perte de papiers, de décès, d’arrestation ou d’extradition.
●<B> Politiquement, comment vous situez-vous ?</B>
Je suis apolitique. J’ai été nommé par le gouvernement MSM-MMM. Je m’entends bien avec les membres de l’opposition. Le plus important, à mon avis, n’est pas ma couleur politique, mais ma mission qui est celle d’être le consul de tous les Mauriciens à la Réunion.
●<B> Combien de Mauriciens vivent ou séjournent à la Réunion ?</B>
Il y a environ 2700 Mauriciens qui vivent ici et qui ont obtenu la nationalité française. 1700 autres sont en possession d’un titre de séjour, dont 900 avec un permis de travail. Ils sont 10 000 Mauriciens à visiter l’île sœur chaque année. L’université de la Réunion compte quelque 160 étudiants.
●<B>A ce propos, que répondez-vous aux étudiants qui se plaignent du traitement « cavalier » qui leur est souvent infligé par la préfecture de la Réunion ?</B>
Je sais que les étudiants rencontrent quelques fois des problèmes pour l’obtention de leur titre de séjour, mais à mon avis, ces difficultés sont mineures. Toutefois, si ces problèmes persistent, je ne peux solliciter l’attention du préfet si je n’ai pas en ma possession un document signé des étudiants, et faisant part de leurs protestations. Cela dit, il y a également une méconnaissance des étudiants de leurs droits. Par exemple, bon nombre d’entre eux ne savent toujours pas qu’ils peuvent rentrer à Maurice pendant les vacances de décembre, même si la carte de séjour ne leur a pas été délivrée par la préfecture. Ces étudiants dont les dossiers sont en cours à la préfecture peuvent sans problème revenir à la Réunion sous couvert du récépissé qui leur est fourni en attendant la carte de séjour. Un visa retour apposé sur le passeport, peut être délivré par la préfecture avant le départ pour Maurice, moyennant une taxe.
●<B> L’autre source de contrariété pour les Mauriciens, c’est aussi les visas d’entrée et les certificats d’hébergement pour un court séjour…</B>
Effectivement. Les visas d’entrée et les certificats d’hébergement pour les Mauriciens se rendant à la Réunion pour moins de 15 jours restent une forte préoccupation. Le dialogue permanent avec les autorités françaises, en explicitant la difficile réalité de nombreuses situations individuelles ou collectives mauriciennes pourrait contribuer, du moins, je le pense, conduire ces instances à assouplir certaines contraintes.
●<B> Vous avez évoqué le développement des échanges économiques. Quelle est l’action du consulat dans ce sens ?</B>
Je compte mettre en place avec certaines collectivités, un comité de pilotage industriel afin de faciliter les échanges commerciaux entre les deux îles. J’ai déjà effectué une requête auprès de l’INSEE et de la chambre de commerce afin de recueillir les données ayant trait aux importations et exportations de Maurice à la Réunion. J’ai l’intention d’organiser d’ici mai 2005, une grande foire commerciale à la Réunion avec une centaine d’exposants mauriciens.
●<B>Encore une foire de marchands du temple avec des produits “made in China” ?</B>
Non, l’idée est de valoriser et de promouvoir un savoir-faire 100 % mauricien dans les secteurs du textile, de l’agroalimentaire et de l’artisanat. J’espère qu’avec cette manifestation, les exposants pourront se créer des contacts ici et recevoir des commandes des industriels réunionnais. Ce sera pour eux une grande ouverture sur la Réunion. Je dois à cet effet rencontrer prochainement Jayen Cuttaree, ministre des Affaires Etrangères.
<B>L’ex-brigadier devenu consul</B>
Jacques Véloupoulé, 57 ans, est un ancien fonctionnaire des forces policières. Il détenait le titre de brigadier-chef à Saint-Denis. Il est marié à une Mauricienne et a obtenu la nationalité mauricienne il y a deux ans. C’est à sa retraite après 27 ans de service qu’il demande au gouvernement mauricien l’ouverture d’un consulat mauricien à la Réunion. Se requête est acceptée et il est nommé le 1er septembre 2003. Si notre homme ne perçoit pas de salaire, il bénéficie quand même de “quelques privilèges”. Toutefois, il travaille seul à son domicile et sans secrétaire, il est contraint de saisir lui-même son courrier. Mais pour l’heure, il a le cœur à la tâche…
Repères
<B> Administration pénitentiaire. Des bracelets électroniques en janvier. </B>Dès janvier 2005, les bracelets électroniques entreront en vigueur dans le système pénitentiaire réunionnais. Un contrat a été signé le 20 octobre dernier entre l’administration pénitentiaire et une société israélienne à cet effet. Une vingtaine de bracelets seront bientôt livrés. Ce nouveau dispositif, qui intéresse seulement ceux qui ont été condamnés à une petite peine et qui présentent certaines garanties, entrera en vigueur en février 2005. Ce système de surveillance électronique permet donc d’éviter la prison à certaines personnes. Il comprend un bracelet qui fait office d’émetteur. Il est fixé au poignet ou à la cheville du détenu. Le récepteur est quant à lui placé sur le téléphone du domicile où le justifiable est assigné. C’est la prison du Port qui centralisera les données émises par le bracelet. Avec ce dispositif, les allers et venus des condamnés pourront être contrôlés. Ces derniers auront ainsi la possibilité de travailler ou d’effectuer un stage de formation professionnelle. Une alarme se déclenchera si les horaires définis ne sont pas respectés.
<I>Propos recueillis par Saphira KALLEE</I>
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