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Un deuxième avoué interrogé par l?Icac

19 juillet 2004, 20:00

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L?enquête de l?Independent Commission against Corruption, (Icac), s?accélère sur les ventes à la barre (sale by levy). Après Iqbal Dauhoo, convoqué vendredi dernier, c?est l?avoué Afzal Agowan qui a été interrogé hier pendant plus de trois heures. Le président d?une association de victimes, Amode Hassenjee, a également déposé comme témoin pendant sept heures.

D?autre part, le président de la Commission d?enquête sur les ventes à la barre, Sir Victor Glover, et ses deux assesseurs, Denis Vellien et Yuvraj Tacoor, prêtent serment aujourd?hui. Les travaux de la commission démarrent en août.

L?avoué Afzal Agowan a été appelé à fournir des explications sur la vente d?un terrain dans la région de Flacq. Ce terrain, hypothéqué pour garantir un prêt, a été vendu à la barre vu que le débiteur n?a pas remboursé sa dette. L?avoué, qui avait représenté le créancier, a été cité par le débiteur, un certain Sookee, dans une déposition à l?Icac.

Afzal Agowan a été interrogé pendant plus de trois heures, en présence de Me Imtiaz Mamojee. Ce dernier n?a toutefois pas souhaité commenter cette affaire. Afzal Agowan a soumis à l?Icac plusieurs documents relatifs à l?affaire. Il est le deuxième avoué a être interrogé depuis vendredi par l?Icac.

Le témoin Amode Hassenjee a pris un emprunt de Rs 5 millions d?une banque pour démarrer une boulangerie. Les affaires ne prospérant pas, il effectue des remboursements irréguliers. En 1998, la banque initie les procédures pour faire vendre sa maison, qui était hypothéquée pour couvrir cet emprunt. Il arrive à trouver un arrangement avec la banque et commence à payer ses dettes. Il paie les intérêts et les amendes sur les intérêts.

Entre-temps, il a affaire à un avoué de l?institution bancaire qui lui demande de l?argent pour lui accorder des délais. Entre 1998 et 2004, l?affaire est renvoyée plus d?une quinzaine de fois. Il aura payé en tout quelque Rs 384 000 à l?avoué.

Son fils, Ibrahim Hassenjee, qui a travaillé avec lui dans la boulangerie sera entendu par l?Icac jeudi.

L?enquête de l?Icac sur les ventes à la barre a démarré à la suite d?une déposition d?Harish Boodhoo en mars dernier. Ce dernier réunit d?ailleurs plusieurs victimes au Centre Marie Reine de la Paix demain. Le politicien journaliste a aussi écrit la semaine dernière au Commissaire de police : ?Je lui ai demandé de ne pas se laisser intimider par quelque intervention dans cette affaire pour les arrestations. Car nous savons qu?il y a un intense lobby pour que certains puissent s?en sortir. Il faut éviter tout cover-up. L?affaire est trop grave.? Il se dit satisfait du travail des enquêteurs de l?Icac dans cette affaire mais il dit craindre des interventions au plus haut niveau.

Malgré ses divergences avec l?ex-chef juge Sir Victor Glover dans le passé, Harish Boodhoo compte collaborer pleinement en déposant devant la commission d?enquête. Les attributions de celle-ci sont de vérifier s?il y a eu maldonne dans les pratiques de ventes à la barre depuis des années. Harish Boodhoo avait estimé que ces attributions sont ?assez vagues?.

Vu la gravité de la situation, Harish Boodhoo mène un combat sans relâche depuis quelques mois. Il a alerté le chef du gouvernement à travers cinq lettres ouvertes et quatre lettres personnelles. Sans compter les différents papiers dans son journal Sunday Vani pour dénoncer des ?pratiques illégales? selon lui.

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