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Un des pères du clonage accusé de fraude
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Un des pères du clonage accusé de fraude
Le professeur sud-coréen Hwang Woo-suk, pionnier du clonage thérapeutique et de la production de cellules souches embryonnaires, n?en finit pas de tomber de son piédestal. Dans un entretien accordé, jeudi 15 décembre, à la télévision sud-coréenne MBC, un de ses collaborateurs, le docteur Roh Sung-il, a assuré que le professeur Hwang lui avait affirmé le matin même n?avoir en réalité jamais obtenu aucune cellule souche embryonnaire par clonage. Le très médiatisé scientifique aurait purement et simplement fabriqué de faux résultats pour l?article, paru en mai dans la revue Science, dans lequel il affirmait avoir mis au point onze lignées cellulaires, chacune spécifique à un patient.
L?émotion est considérable en Corée du Sud, où M. Hwang jouissait d?un statut d?idole nationale et bénéficiait d?un appui sans réserve de la part des autorités. Celles-ci avaient d?ailleurs mis sur pied, à Séoul, un consortium international sur les cellules de souches humaines inauguré au mois d?octobre par Hwang Woo-suk, qui en assumait la direction.
Manquements à l?éthique
Celui-ci a connu la notoriété en février 2004 avec la parution, toujours dans Science, d?un article annonçant la production, pour la première fois au monde, de cellules souches à partir d?embryons clonés par la technique du transfert de noyau. Un premier accroc avait été fait en mai 2004, lorsque la revue britannique Nature avait indiqué que deux collaboratrices du professeur Hwang figuraient parmi les donneuses des ovocytes utilisés pour le clonage. En juin 2005, la chaîne MBC affirmait que le professeur Hwang pourrait avoir violé les règles éthiques et que sa publication sur les lignées de cellules souches serait entachée de fraude.
Le 13 novembre, Gerald Schatten, de l?université de Pittsburgh, cosignataire des publications de l?équipe du professeur Hwang, annonçait qu?il cessait toute collaboration avec lui en raison de manquements à l?éthique dans la manière dont des ovocytes avaient été obtenus. Il fut confirmé par la suite que des ovocytes avaient été achetés et que deux collaboratrices du professeur Hwang avaient bien figuré parmi les donneuses. Acculé par ces révélations, Hwang Woo-suk a reconnu les faits, le 24 novembre, et annoncé qu?il quittait toute fonction officielle.
Les événements se sont ensuite précipités. L?équipe du professeur Hwang a demandé, le 11 décembre, à l?université de Séoul de réexaminer la publication du mois de mai sur les lignées de cellules souches. L?université a indiqué, le lendemain, qu?elle mènerait l?enquête. Le 14 décembre, Gerald Schatten a prié Science de retirer son nom de la liste des signataires de cette publication. Enfin, le 15 décembre, Roh Sung-il a révélé la conversation au cours de laquelle le professeur lui aurait avoué la supercherie : neuf lignées seraient fausses et les deux autres d?une authenticité douteuse.
Au cours d?une conférence de presse qu?il a tenue hier, Hwang Woo-suk a défendu l?authenticité de ses résultats sur la création de lignées de cellules souches, tout en reconnaissant que, sur les onze lignées produites, six avaient été détériorées à la suite d?une contamination. Cependant, M. Hwang a affirmé que les cinq autres étaient en cours de décongélation et seraient disponibles d?ici à dix jours pour être testées, afin de prouver la véracité de ses travaux.
L?Université nationale de Séoul a annoncé hier qu?elle enquêtait sur Hwang à la suite d?informations selon lesquelles des parties importantes d?un de ses articles auraient été trafiquées.
par Paul Benkimoun
© 2005 Le Monde News Service. Distribué par The New York Times
Syndicate
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