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Un désastre humain énorme, un impact économique limité
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Un désastre humain énorme, un impact économique limité
Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale devraient remettre, au plus tard à la fin du mois de janvier, une évaluation précise de l?impact économique du tsunami sur les pays du Sud-Est asiatique. Au-delà d?une aide humanitaire d?urgence chiffrée par les Nations unies à 977 millions de dollars, au-delà du macabre décompte ? les dizaines de milliers de morts, les millions de sans-abri, les maisons détruites, les pêcheurs ruinés ? personne ne sait exactement combien d?argent et de temps il faudra pour effacer les traces des raz-de-marée.
Sur le plan macroéconomique, les premiers éléments recueillis sur place par les experts de la Banque asiatique de développement (BAD) et de l?Union européenne et l?analyse des spécialistes Asie de banques d?affaires comme Morgan Stanley conduisent à penser que l?impact macroéconomique sera limité. La situation actuelle se résume à trois chiffres : onze pays ont été touchés ; six ont subi de gros dégâts ; quatre ? Thaïlande, Sri Lanka, Maldives, Seychelles ? verront leur croissance amputée en 2005.
Cela s?explique par le poids des deux secteurs les plus touchés ? le tourisme et la pêche ? dans le produit intérieur brut. Ainsi, l?Indonésie est ? de loin ? le pays qui paie le plus lourd tribut humain, avec plus de 100 000 morts. Mais Sumatra n?est pas Bali ni Lombok, et les touristes ne s?y précipitent pas. Les trois secteurs-clés de l?économie indonésienne, la production d?huile de palme, le caoutchouc et le gaz naturel, n?ont pas souffert. L?Indonésie, comme l?Inde, est allée aux urnes en 2004, et les nouveaux gouvernements veulent faire la démonstration que la croissance était déjà bien installée avant la catastrophe. Le président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, a annoncé l?augmentation des dépenses publiques et a demandé à la Banque centrale de maintenir des taux d?intérêt peu élevés pour favoriser l?accès au crédit.
Le gouvernement de Djakarta maintient, pour l?instant, ses prévisions de croissance pour 2005 à 5,5 %, en s?appuyant sur le fait que ni ses infrastructures vitales ni ses industries n?ont été affectées. L?Inde s?est fait un point d?honneur à faire face, seule, à la situation humanitaire d?urgence et a refusé l?aide internationale. Elle a, depuis, fait savoir qu?il pourrait y faire appel dans la phase de reconstruction.
<B>« Apporter un stimulant économique »
L?impact du tsunami dans le sud-est de l?Inde n?a pas affecté la principale source de revenus de la région, le raffinage du pétrole. En Malaisie, où seul l?état de Penang, spécialisé dans les technologies de pointe, semble avoir souffert, « il n?y a pas de dommages durables concernant les infrastructures ou les capacités de production industrielle », affirme Morgan Stanley. La « Silicon Valley » locale, installée dans les terres, a été épargnée.
Dans ces trois cas ? Indonésie, Inde, Malaisie ?, non seulement le choc du tsunami n?a pas touché les industries vitales, mais il s?est produit sur des économies sorties renforcées de la crise financière de 1997-1998 et qui connaissent une croissance ininterrompue depuis.
La Thaïlande est un cas à part. Le dynamisme de son économie ne se dément pas depuis quatre ans : 4,6 % en 2000, 1,8 % en 2001, 5,4 % en 2002, 6,7 % en 2003. Mais le tourisme représente 6 % du PIB, contre 2 % en Indonésie et 0,7 % en Inde. Le tsunami s?est en outre produit pendant la haute saison, qui s?étale de décembre à avril. Les prévisionnistes chiffrent entre 0,5 % et 1 point de PIB l?impact de ce manque à gagner sur la croissance, réduisant la prévision pour 2005 de 6,1 % de croissance. La région affectée représente 10 % du PIB et 8 milliards de recettes d?exportation.
Au côté de ces économies émergentes, le Sri Lanka, les Maldives et les Seychelles sont moins armées pour faire face à la catastrophe. Au Sri Lanka, bien que le tourisme et la pêche représentent moins de 6 % du PIB, le raz-de-marée est arrivé au mauvais moment. Depuis le 1er janvier, les exportations de textile ne sont plus assujetties à des quotas. Le Sri Lanka, dont la production de vêtements est l?un des secteurs-clés de l?économie, va se trouver en compétition directe avec la Chine et l?Inde. Pour la BAD, l?impact serait toutefois limité. La reconstruction pourrait même « apporter un stimulant économique ».
Aux Maldives, plus de la moitié des recettes fiscales proviennent du tourisme. Selon la BAD, « les équipements de communication, les ports, les lignes électriques » sont endommagés. Les dégâts subis pourraient « coûter 20 % du PIB », craint la BAD. Enfin, si elles ne déplorent pas de morts, les Seychelles ont subi d?importants dommages et ont demandé une aide de 30 millions de dollars à la communauté internationale.
<B>@ 2 005 Le Monde ? Babette Stern Distribué par The New York
Times Syndicate</B>
<B>Dix milliards de dollars promis, 717 millions collectés </B>
L?ONU a réussi à collecter 717 millions de dollars en aide d?urgence, après avoir appelé les donateurs réunis à Genève à concrétiser rapidement leurs promesses d?assistance aux régions détruites, où plus de 159 000 personnes ont péri et des dizaines de milliers sont portées disparues.
Le secrétaire général de l?ONU, Kofi Annan, s?est félicité des « engagements fermes » des donateurs. Il a aussi réaffirmé son intention d?établir d?urgence un système de suivi financier transparent et responsable qui assure la gestion efficace des fonds de secours et reconstruction.
Au total, l?aide mondiale, privée et publique, promise aux pays de l?océan Indien frappés par la catastrophe du 26 décembre s?élève désormais à près de 10 milliards de dollars, dont trois milliards formellement notifiés aux Nations unies mais pas versés pour autant.
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