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Un défi qu?il reste à relever
On attendait le ministre des Finances au détour de sa réforme. Et pour cause, l?ambition d?une croissance ascendante et d?une économie forte axée sur l?ouverture se heurte à un problème de taille : la saturation des infrastructures présentes. La situation de ces dernières a récemment été mise en exergue par les différentes autorités, bien que le problème ne soit pas nouveau. Il fallait prendre une décision, c?était le moment ou jamais. Et Rama Sithanen a répondu en débloquant Rs 2,7 milliards pour les infrastructures.
En annonçant l?amendement du Public Private Partnership Act 2004, c?est en effet une nouvelle ère dans le développement des infrastructures que propose d?ouvrir Rama Sithanen. En énumérant les projets pour décongestionner Port-Louis ? la Ring Road, le Harbour Bridge et un Bus Lane ? sans parler des développements pour Airports of Mauritius Ltd (Rs 1 milliard), la Cargo Handling Corporation (Rs 400 millions), et la Mauritius Ports Authority (Rs 750 millions), le ministre des Finances a répondu aux attentes que les opérateurs réclamaient depuis longtemps.
À l?instar du Joint Economic Council, où on reconnaît immédiatement qu?il y a là une réelle volonté de s?attaquer à des problèmes immédiats concernant les infrastructures. « La nouveauté de ce budget, c?est la possibilité pour le secteur privé de pouvoir participer aux projets de partenariat public-privé à travers des unsollicited bids. Toutefois, il faut aussi avoir le cadre nécessaire pour que ce genre de partenariat puisse réussir. » Mais l?énonciation des projets ne signifie pas pour autant leur éradication, et les opérateurs et autres observateurs maintiennent une réserve.
La déclaration de Jacques de Navacelle résume à peu près l?humeur des opérateurs : « Je suis plus intéressé par les réalisations que par les projets. Les projets, cela fait suffisamment longtemps qu?on en parle. » Point de vue sur lequel s?aligne Danielle Wong, directrice de la Mauri-tius Export Association : « On accueille très bien le fait que le gouvernement démontre qu?il y a une prise de conscience des autorités quant au réel souci que représentent les infrastructures. Mais on attend de voir comment s?articule ce discours dans un plan de développement d?ensemble du pays. »
De plus, avec l?arrivée du projet Tianli, et l?explosion foncière à Maurice, la question de l?eau s?est aussi retrouvée au nombre des préoccupations de Rama Sithanen.
Un projet de ramener les pertes en eau de 48 % à 25 % d?ici 2015 a été étendu sur toute l?île, alors que la construction du Bagatelle Dam, de même que des travaux d?extension de La Nicolière Water Treatment Plant sont prévus.
Si Danielle Wong reconnaît que l?exercice budgétaire 2008-2009 a jeté les jalons de développements longtemps attendus, « au gouvernement maintenant de nous démontrer comment traduire ce discours en actions concrètes ». Et pour cela, selon elle, il faudra mettre en place des instances ou comités qui suivront les travaux une fois que ces derniers seront entamés, pour s?assurer que tout ces projets annoncés s?inscrivent dans un ensemble, une vision de l?île Maurice de demain.
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