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Un combat des chefs
Face à une Angleterre fébrile, les Bleus vont jouer le match de leur vie pour confirmer leur formidable niveau actuel. Et continuer à rêver au titre. Ce choc entre les deux meilleures équipes de l?hémisphère Nord, pendant de celui entre les rois du Sud, confirme que les quatre meilleures équipes du monde sont bien les quatre demi-finalistes.
France-Angleterre, c?est le match rêvé depuis les tirages au sort, l?affrontement entre les deux meilleurs ennemis de ce côté de l?équateur, le verdict dans la course au statut de numéro un. Sur le niveau de jeu actuel, c?est probable, la démonstration tricolore face à l?Irlande étant nettement plus convaincante que la victoire poussive des All White face aux Gallois. Et puis force est de constater que la puissante Angleterre est fébrile et montre des signes inquiétants de nervosité et de doute, à l?image d?un Jonny Wilkinson transparent et méconnaissable depuis un bon mois.
Bousculée contre l?Afrique du Sud et les Samoas, bafouée par trois essais contre le Pays de Galles, Albion n?a gardé de perfidie que les conférences de presse de l?odieux Clive Woodward et ne fait plus peur. Preuve de la fébrilité ambiante, la composition de l?équipe pour affronter la France, avec plusieurs signes qui ne trompent pas. Tout d?abord la titularisation de Woodman en pilier afin de tenter de contrer le redouté cinq de devant français, afin aussi peut-être d?éviter à Jason Léonard l?humiliation pour sa 112e sélection (record mondial).
Bref, Woodward a choisi la prudence et la défense, ce qui n?est pas forcément le signe d?une équipe conquérante et sûre de sa force, qui proclame depuis des mois qu?elle sera championne du monde.
La France, elle, se présente dans un état de grâce rarement connu, louée par tout le microcosme de l?Ovalie après cinq matches quasiment parfaits. Contre l?Irlande, les Bleus ont récité leur rugby avec une facilité et une maîtrise déroutantes, et rien ne semble pouvoir effrayer ce groupe, qui ne vit depuis des mois que pour cette demi-finale. Ils sont prêts à en découdre, cela ne fait aucun doute, et ils ont même de sérieuses chances de poursuivre leur rêve de couronne mondiale.
Les hommes de Galthié s?appuieront donc une fois de plus sur le pack, dont le seul devoir est de se sacrifier pour faire briller les autres. Si le cinq de devant est aussi dominateur que contre la bande à Wood, si l?alignement en touche reste un pourvoyeur de ballons, alors la France sera dans le sens de la marche. Ensuite, la clé du match sera l?affrontement entre les deux merveilles d?ouvreurs que sont Michalak et Wilkinson, le prodige Toulousain aura là une belle occasion de montrer qu?il est aussi fort (plus fort ?) que son vis-à-vis.
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