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Un combat au quotidien
Comme l?amour, l?asthme n?a pas d?âge. Cette maladie, on peut naître avec ou la développer. Environ 10 % de la population mauricienne en souffriraient, selon le Dr Karam Ramyead, pneumologue. Et il s?agirait surtout de jeunes. De ces 10 %, tous ne sont pas conscients de l?importance d?un suivi régulier et de la nécessité absolue de prendre au sérieux le traitement qui leur est prescrit.
La Journée mondiale de l?asthme qui sera célébrée le mardi 6 mai est l?occasion de se pencher sur ce mal qui est tout sauf irréversible? « L?asthme est une maladie inflammatoire qui touche les bronches et qui s?accompagne d?un broncho-spasme résultant d?un rétrécissement des bronches. À Maurice, certains l?appellent ?maladie étouffement?parce que celui qui en souffre a du mal à respirer. Mais cette maladie, il faut le préciser, est réversible par traitement », explique le Dr Ramyead.
On trouve, à Maurice, comme ailleurs, des familles d?allergiques. L?asthme a donc une forte touche génétique (il est fréquent de trouver des antécédents familiaux chez les asthmatiques) même si ce n?est pas toujours le cas. Chez le bébé qui souffre d?asthme, la détection n?est pas toujours évidente. Mais le rôle des parents va s?avérer crucial. Comme il y a souvent un terrain génétique, ces derniers doivent prendre des précautions dès qu?ils voient se manifester les premiers symptômes chez leur enfant. Dans le cas où eux-mêmes sont asthmatiques ou que leur premier-né l?est, par exemple. Plus tôt ils y pensent, plus tôt l?enfant sera examiné et le problème détecté. Ainsi, le traitement sera prescrit rapidement et il sera plus efficace, fait ressortir notre interlocuteur.
<B>Allergies et efforts</B>
On ne peut, quand on aborde le sujet de l?asthme, vraiment parler de contre-indications, sauf pour la plongée sous-marine, qui est déconseillée, précise le Dr Ramyead. Autrement, les éléments à éviter varient au cas par cas. Et il est important de ne pas s?enfermer dans une bulle en se disant qu?on ira mieux si on ne fait pas d?activités ou de sports pour ne pas se fatiguer, si on évite le jardin à cause du pollen, si on ne fait pas le ménage à cause des acariens?
L?asthmatique doit, au contraire, vivre une vie des plus normales. Une fois qu?il a repéré ce à quoi il est allergique où s?il sait qu?il souffre d?asthme d?effort, il n?a qu?à en parler à son médecin qui lui prescrira les médicaments appropriés. Pour ce qui est de ce que l?on appelle l?asthme d?effort, par exemple, le Dr Ramyead fait ressortir que le patient n?a pas à éviter l?effort physique, il peut ne devoir se plier qu?à une petite contrainte : prendre un comprimé une heure avant de s?adonner à une activité.
Idem pour la personne qui serait allergique au pollen. Il s?agira d?éviter autant que faire se peut d?être en contact avec l?allergène en question. Il peut bien évidemment s?agir d?autre chose que le pollen. Nous avons évoqué les acariens mais il y a aussi, entre autres choses, la farine ! Eh oui, on parle de l?asthme du boulanger, par exemple. Ce genre d?affection fait partie de l?asthme professionnel. Parmi, on peut trouver le soudeur à l?arc qui est aussi allergique à son outil de travail?
Dans tous les cas, des tests seront effectués et des recommandations faites, en sus des médicaments prescrits par le praticien. « Le tout est de s?assurer que l?asthme est bien contrôlé et ne pas s?imposer bêtement des interdits », fait ressortir le Dr Ramyead. Notre interlocuteur fait, en outre, remarquer qu?il est très rare d?avoir affaire à un asthme lié à l?alimentation. Il conseille toutefois de faire un bilan pour savoir à quoi on est allergique.
Dans le même ordre d?idées, il est conseillé d?avoir recours au vaccin contre la grippe pour éviter d?aggraver le problème respiratoire. « L?asthme n?est pas un problème infectieux. Il n?est donc pas nécessaire que le patient prenne des antibiotiques sauf si, à un moment donné, il y a infection respiratoire. »
Quant au traitement proposé aux asthmatiques, il y a d?abord le préventif. Il s?agit surtout d?un traitement inhalé que le médecin va prescrire en fonction de la gravité du problème. « Il s?agit, en général, de corticoïdes inhalés ou associés au broncho-dilatateur. Il faut d?ailleurs souligner que les corticoïdes n?ont pas d?effets secondaires. Ce que les gens ont tendance à croire, à tort. »
<B>Risques de l?autotraitement</B>
Le traitement doit être suivi rigoureusement sur une longue durée et il est crucial que le patient comprenne qu?il ne doit en aucun cas l?interrompre de son propre chef. Le traitement de la crise se fait, lui, à travers le broncho-dilatateur, le broncho-facilitateur ou encore l?expectorant.
Le patient qui décide, sans l?avis de son médecin, de mettre un terme au traitement peut s?exposer à un gros danger. En effet, selon le Dr Ramyead, « s?il arrête le traitement, il peut tomber dans un état de mal asthmatique, avoir une crise très sévère qui demande la réanimation. Et si, à ce moment-là, il est loin d?un hôpital ou d?un centre de santé ou tout autre endroit où il pourrait être aidé, il peut être trop tard et la crise peut lui être fatale ».
Par ailleurs, des facteurs psychologiques, comme le stress ou encore l?angoisse, peuvent aggraver l?asthme. On peut ainsi assister à une crise d?asthme chez une personne qui, pour une raison ou pour une autre, est en proie à une peur panique. Dans de pareils cas, le médecin va, après s?être penché sur le cas qui lui est présenté, décider de la nécessité d?orienter le patient vers le spécialiste concerné.
SENSIBILISATION
<B>Goodlands à l?heure de la Journée de l?asthme</B>
■ Le mardi 6 mai prochain, l?Organisation Mondiale de la Santé et ses partenaires célèbrent la Journée internationale de l?asthme. À Maurice, cette date concorde avec le début de l?hiver, lorsque les crises d?asthme sont plus fréquentes chez les malades. La Journée de l?asthme a pour but d?attirer l?attention du public sur cette maladie des voies respiratoires qui est une des maladies les plus répandues au monde.
Dans le cadre de cette journée, l?usine ISM Ltd de Goodlands, en collaboration avec la «Mauritius Respiratory Society» (MRS), association regroupant les pneumologues de Maurice, a organisé une causerie le jeudi 24 avril pour sensibiliser ses employés à cette maladie. Quelque 150 employés ont répondu à l?appel. Le Docteur K. Pillai, spécialiste des maladies pulmonaires et président de la MRS, a abordé, pendant une demi-heure, les différents aspects de l?asthme, dont l?importance des traitements inhalés. Il a ensuite répondu aux questions de l?assistance. Tous ceux présents sont partis plus avertis sur cette maladie qui touche près de 300 millions de personnes à travers le monde.
L?asthme, inflammation persistante des bronches qui provoque des épisodes de sifflements, essoufflements et toux, commence généralement dans l?enfance et a tendance à persister à l?adolescence. Jusqu?à 85 % des personnes qui en souffrent durant leur enfance finissent par le surmonter. Mais la maladie a 30 % de risques de réapparaître 10 à 15 ans plus tard. Les symptômes varient selon les jours et sont souvent plus sévères la nuit. La maladie a généralement une mauvaise répercussion sur la qualité de vie des patients.
Le premier aspect de la gestion de l?asthme reste la prévention qui consiste à éviter les allergènes potentiels. Les nouvelles technologies permettent aujourd?hui l?utilisation facile de médicaments très efficaces sans effets secondaires visant à donner la chance aux personnes souffrant d?asthme de mener une vie normale. Les campagnes de sensibilisation à Maurice pourront aider grandement la population à mieux comprendre et combattre la maladie.
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