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Un cimetière de vieille feraille à Cité La Cure

24 août 2007, 00:00

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Le bal des ferrailleurs connait présentement, en 2007, une tell ampleur qu?il se chuchote même, à en croire certains tuyaux pas forcément percés, que les athlètes défendant nos couleurs aux 7es Jeux de îles à Antanarivo, ont préféré ne pas faire ample provision de médailles, par crainte, justement, des voleurs de ferraille. L?or, le bronze, même plaqués, peuvent, en effet, donner des idées à nos chapardeurs de métaux, prétendument vieux. Il s?agit d?une nouveauté dans notre comportement. En août 1982, la tendance générale, du côté de nos journaux privilégie plutôt les who cares ? dénonçant la présence intempestive de carcasses de vehicule abandonné, encombrant, ici et là, la voie publique. On raconte même que des barboteurs de ferraille, pas forcémént vieille, font présentement des recherches dans nos bibliothèques publiques, consultant avidement les journaux d?antan, spécialisés dans ?qui-s?en-soucie ?? dans le fol d?espoir d?y dénicher quelques bonnes adresses d?antique ferraille à escamoter.

Dans l?express du du 20 août 1952, par exemple on peut lire un article particulièrement instructif, signalant la présence d?un important cimetière de vieille (?) ferraille de la CWA à Cité La Cure, là même où notre presse écrite de 2007 rapporte un nouveau larcin d?équipements métalliques, en attente d?affectation, pour une valeur de Rs 1,7 m. Le Public Accounts Committee, désormais dirigé par de nouveaux députés du poulailler (backbenchers) MMM-PSM, léve ce lièvre. Ses membres organisent une visite groupé cum médias, à Cité La cure où la CWA entrepose, à ciel ouvert, tout ce dont elle n?a pas un besion pressant. Ils ont tout le loisir parlementaire et journalistique de découvrir l?état d?abandon dans lequel se trouvent, entre autres, 35 véhicles, la plupart dépouillés d?une partie de leurs pièces de réchange les plus convoités. Anticipons certaines remarques, se voulant contradictoires, mais qu?il convient d?écarter d?un revers de main. Nous n?allons quand même pas confondre d?honnêtes mécaniciens pratiquant certes, le self-services mais pour la noble cause de la remise à neuf de véhicules hors d?usage, le accidentés total loss compris, avec l?aide bienveillante pour ne pas dire la complicité, des autorités gouvernementales, à commencer par les policières.

D?ailleurs, ces véhicules de la CWA, ainsi livrés aux interpéries, ne sauraient être considérés comme de la vieille ferraille (en supposant qu?il existe une nouvelle ferraille). Ils ont trois ou quatre ans d?âge, la plaque d?immatriculation minéralogique faisant loi. Ils n?ont même pas besoin du Fitness Certificate pour être remis sur route, en dépit de leurs jantes ou sièges manquants, leurs tuyaux échappés, l?absence de moteur, de leur pare-brise sans essuie-glace ou, pire encore, essuie-glace sans pare-brise.

Il paraît que la CWA compte les confier à des spécialistes du retapage pour les rendre assez présentables à une éventuelle vente à l?encan. Tout raprochement, ici entre ces spécialistes du ratapage et les mécaniciens spécialisés dans le self-service des pièces de rechange, serait forcémént très déplacé ici.

C?est qu?il n?y a pas que les véhicules à être livrés aux intempéries. On peut ici avoir une pieuse pensée de solidarité en direction de nombreux cadres moyens de la CWA, à qui des directions successives ont systématiquement refusé une voiture de fonstion, en dépit de leurs multiples déplacements professionnels, prétextant toutes sortes d?arguments, les uns plus fallacieux que les autres, dont le moindre n?est peut-être pas l?absence de bon acte de naissance, accouplé opportunémént à une protection ministérielle incontestable. Il y a par exemple, un important stock de tuyaux, attendant un éventuel programme d?adduction d?eau, susceptible de les mettre à l?abri des intempéries. Il y a encore du chlore entreposé à ciel ouvert.

Les membres du PAC se rendent ensuite au Fort George. Non pas que de la dynamite y soit entreposée sous le soleil de plomb qui y sévit d?une Saint-Sylvestre à l?autre. Point de dynamite à ciel ouvert au Fort George mais exactement 17 494 barils, ayant, bien sûr, plus moins retrouvé leur état liquide, en raison du soleil de plomb (pas encore dérobé par nos voleurs de ferraille) précité.

Pour la suite de cet inventaire scandaleux, mis par nos vérificateurs de comptes parlementaires, il faudrait un autre Prévert. Ils ont ainsi trouvé, dans des dormant stores, où ne roupille aucun fonctionnaire comme voudraient le faire accroire quelques jaloux, quelque 35 machines à écrire, une centaine de bicyclettes, des lits, dons d?un gouvernement états-unien, livrés avant le début des travaux de construction de l?hôpital auquel ils sont destinés. Pas de doute. Il s?agit bien de notre île Maurice bien-aimée.

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