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Un cadavre découvert à la prison centrale
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Un cadavre découvert à la prison centrale
Il s?est enfermé dans la salle des archives de la prison de Beau-Bassin. Et s?est donné la mort par pendaison. Lui, c?est un toxicomane d?une trentaine d?années, en détention provisoire à la prison centrale de Beau-Bassin. Son cadavre en décomposition a été découvert hier, soit six jours plus tard. L?incident a provoqué l?hystérie générale du côté des détenus qui se sont rebellés.
Pourtant une odeur de cadavre empestait la prison centrale. Mais les gardes-chiourme croyaient plutôt qu?il s?agissait d?un rat mort. Et c?est hier qu?ils ont fait la découverte macadre, la salle des archives du bloc B étant rarement ouverte.
La nouvelle se répand rapidement vers 17 heures. La situation dégénère en une ?petite mutinerie?, raconte un témoin présent dans l?enceinte de la prison de Beau-Bassin. ?Je n?ai jamais vu une chose pareille. Je croyais que je n?allais pas en sortir vivant?, confie-t-il.
Choqués, les détenus se rebellent et refusent de rentrer dans leurs cellules malgré l?ordre des gardes-chiourme. L?odeur qui se dégage de la salle semble les exciter davantage. Peu à peu, la nervosité gagne la totalité de la population carcérale qui se rue vers la salle où se trouve le cadavre.
Ils sont à peu près 1 200 et les gardes-chiourme n?ont aucun moyen de les contrôler. Les manifestants veulent ?protéger? le cadavre des autorités. Et font une barrière humaine pour empêcher les gardes-chiourme d?approcher le corps de la victime.
Une heure plus tard, la Special Supporting Unit et la Prison Supporting Squad (PSS) sont mandées sur les lieux. La PSS ne se mêlera cependant pas de l?affaire, ne voulant pas provoquer davantage les détenus. Ces derniers accusent du reste la PSS d?avoir tabassé la victime car celle-ci avait été punie il y a quelque temps, ayant brisé des néons.
Fous de colère, les détenus lancent des injures à l?encontre de la police alors que d?autres, hystériques, demandent des garanties quant à leur sécurité. La peur est alors généralisée. Certains en profitent pour régler des comptes. Un détenu, Dilloo, est sévèrement agressé au visage et aux tendons et devra être transporté d?urgence à l?hôpital Nehru.
Les autorités pénitentiaires craignent alors de ne plus pouvoir contrôler la situation. Ils font appel à la Special Mobile Force (SMF.) Une soixantaine de soldats font leur entrée dans l?enceinte de la prison et attendent pour ne pas exciter davantage les détenus.
Pendant quelques heures, la prison est sous le contrôle des prisonniers. Session de négociations et quelques-uns, semble-t-il, reviennent à de meilleurs sentiments et acceptent d?aider les autorités. Ce n?est que vers 20 heures que les médecins légistes, le Dr Satish Boolell et le Dr Gungadin peuvent s?approcher du cadavre sous forte escorte policière. L?autopsie a confirmé que le détenu s?est suicidé.
Il est 23 heures. L?ultimatum vient de Bill Duff, commissaire des prisons : que les détenus rentrent dans leurs cellules ou alors ils le feront avec l?aide de la SMF. A 23 h 30, lock-up complet.
Mais comment la victime s?est-elle retrouvée dans la salle des archives ? Comment se fait-il qu?un détenu ait été porté manquant pendant si longtemps et que les autorités ne se sont aperçues de rien ? Pourquoi les officiers responsables du counting, qui se fait six fois par jour, ont-ils dit ?All correct, Sir?quant au nombre de prisonniers et cela pendant six jours alors qu?à l?évidence tout n?était pas ?correct? ?
Pluies de questions sans réponses. Bill Duff annonce une enquête approfondie dans ?cette affaire très sérieuse?.
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