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Un Burundais en quête d?asile

29 mai 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le bijoutier Solemani Ndikumana doit se mordre les doigts. Ce Burundais de 29 ans croupit dans une cellule d?Alcatraz, le centre de détention des Casernes centrales, depuis le 26 avril, accusé d?être un immigrant clandestin.

Fuyant son pays ravagé par un conflit interethnique depuis douze ans, il est arrivé à Maurice le 16 mars, sous une fausse identité. Objectif : convaincre l?antenne locale des Nations unies de lui conférer le statut de réfugié.

Originaire de Bujumbura, la capitale du Burundi, ce jeune Hutu a connu les affres d?une guerre sordide. Sa première épouse, Ndayinshi Miye Moza, avec qui il a eu deux enfants, a été tuée le 16 février 2002 lors des affrontements entre ceux de son ethnie et Tutsis.

Depuis, le bijoutier a peur pour sa vie, celle de sa seconde épouse et de ses enfants. C?est pourquoi il a décidé de quitter son pays, en se faufilant par le Kenya, pour trouver une terre d?accueil.

Maurice était le point de transit idéal : il a une correspondante résidant à Pointe-aux-Sables. Il lui a fait croire qu?il venait passer des vacances mais, en fait, il n?avait pas suffisamment d?argent sur lui pour vivre décemment ici.

Mais il avait autre chose en tête : il voulait solliciter l?aide des Nations unies par l?intermédiaire de leur bureau portlouisien pour lui venir en aide. Ses démarches ayant abouti, il aurait alors tenté de faire venir sa femme et ses trois enfants.

Doutes sur l?identité

Malheureusement, le bureau régional du haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), basé en Afrique du Sud, a apposé son veto, indique l?antenne locale du PNUD.

«Nous l?avons pris en charge pendant un mois et nous avons transmis sa demande auprès de l?UNHCR d?Afrique du Sud. Mais il n?avait pas de papiers et a déclaré avoir égaré son passeport. Après entretien avec l?UNHCR, son cas ne les a pas convaincus. Il n?était pas éligible au statut de réfugié. On l?a remis aux autorités locales ».

Il semblerait que l?UNHCR ait des doutes sur sa véritable identité, le Burundi étant une terre d?asile pour les réfugiés des pays des Grands Lacs comme le Rwanda et le Congo.

Depuis, Solemani Ndikumana moisissait à Alcatraz, jusqu?à ce qu?il soit « découvert » le 24 mai par l?avocat Rex Stephen qui rendait visite à un client. Ayant déjà défendu une demande similaire de six Congolais il y a six ans, l?avocat a décidé de le défendre à titre bénévole avec son confrère José Moirt.

En cour de Port-Louis, le 25 mai, les avocats ont fait une demande afin que le Département de l?immigration leur donne accès aux documents de voyage de l?Africain. À partir de là, ils vont entamer des démarches pour sa demande d?asile.

Des contacts ont déjà été pris avec Amnesty International. L?aide de l?organisation est nécessaire afin d?éviter qu?il ne soit rapatrié au Burundi où il risque la prison ou même la vie. Le cas du réfugié sera appelé de nouveau en cour mercredi.

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