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Un Budget de rigueur et de discipline en préparation

6 juin 2004, 20:00

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Les regards seront braqués cette semaine sur le vice-Premier ministre (VPM) et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, qui présente son tout premier Budget vendredi prochain. Le VPM et ses proches collaborateurs peaufinent actuellement les derniers détails de ce grand moment de la vie économique et politique du pays.

Ils se sont encore rencontrés hier après-midi dans le bureau du ministre pour des discussions. La bonne humeur était au rendez-vous. A quelques jours de son plus grand test politique, Pravind Jugnauth affichait la grande forme et la sérénité.

Certes, la tâche qui l?attend vendredi prochain est délicate et les attentes énormes. Le Grand argentier le confirme d?ailleurs. ?Notre marge de man?uvre est réduite. Comme je l?ai déjà dit, il ne faut pas s?attendre à un no-tax budget. Nous souhaitons que la population sache dans quelles conditions nous opérons. Le contexte international est difficile avec notamment les hausses du prix de pétrole. Au niveau local, il y a des menaces sur la zone franche et le sucre.?

Pour le gouvernement, les conditions économiques sont difficiles et il ne faut pas s?attendre à des largesses lors du Budget. Des réformes sont en cours dans divers secteurs d?activité mais les retombées ne se sont pas encore matérialisées. L?aspect le plus préoccupant pour les dirigeants demeure le déficit budgétaire.

Le VPM a déjà fait savoir que l?objectif fixé de ramener le déficit à 5,5 % du produit intérieur brut (PIB) pour le présent exercice financier ne pourra être atteint. Le gouvernement a beaucoup dépensé depuis son arrivée au pouvoir alors que les rentrées de recettes fiscales n?ont pas été à la hauteur des attentes. Il y a eu aussi le déficit fiscal (de 6,6 % du PIB) hérité de l?ancien régime qu?il fallait gérer.

Alléger les procédures

La rigueur dans les dépenses reste donc de mise. Le Medium Term Expenditure Framework, une nouvelle méthode qui consiste à lier de manière systématique les dépenses aux objectifs fixés, sera appliquée pour la première fois. Le budget du ministère de l?Education sera initialement concerné. La nouvelle approche couvrira graduellement d?autres ministères.

L?année dernière, le gouvernement avait quand même pu présenter un no tax budget même si les conditions fiscales et macroéconomiques en général n?étaient pas très différentes de celles prévalant cette année-ci. Tel ne sera pas le cas pour le prochain exercice, fait comprendre le Grand argentier. Les contribuables auront à faire un effort supplémentaire en payant plus de taxe directe ou indirecte.

?Nous allons prendre des mesures pour réduire le déficit budgétaire mais il faut comprendre que nous avons effectué d?énormes investissements dans l?éducation et la formation, dans le système de tout-à-l?égout et dans le logement social. Nous avons aussi appliqué le rapport du Pay Research Bureau?, fait ressortir le VPM.

Les soucis du gouvernement sur le déficit fiscal sont largement partagés par le secteur privé. ?Nous sommes sur la même longueur d?onde que le gouvernement sur cette question. Nous attendons de voir quelle sera la marge de man?uvre du ministre des Finances. Nous trouvons très intéressante la possibilité de financer des projets publics d?infrastructures par le mode de Private Public Partnership?, affirme Ariff Currimjee, président du Joint Economic Council (JEC), le principal porte-parole du secteur privé.

Dans le milieu des affaires, on attend beaucoup du prochain budget pour faire repartir l?investissement et l?emploi. Il faut une croissance du PIB d?au moins 6,6% pour créer de nouveaux emplois en quantité suffisante. Le prochain exercice budgétaire devrait contenir des mesures pour ranimer les diverses activités et rehausser la trajectoire de la croissance économique.

Dans son mémoire, le JEC préconise une série de mesures pour redynamiser l?investissement: l?abolition du contrôle des prix, l?adoption d?un taux uniforme de 15% de Corporate Tax pour toutes les entreprises indistinctement, la révision du Landlord and Tenant Act, la révision de la politique d?accès aérien et la création d?un mécanisme de surveillance pour le fret, entre autres.

Une fois de plus, le JEC revient sur la nécessité d?alléger les procédures administratives et légales afin de les rendre plus conviviales auprès des entrepreneurs. ?Il y a un travail à faire au niveau du Board of Investment pour que l?investisseur se sente plus à l?aise. Il faudra aussi améliorer le cadre pour encourager l?entrepreneuriat?, commente Ariff Currimjee.

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