Publicité
Un boxeur assassiné au théâtre de Port-Louis
Par
Partager cet article
Un boxeur assassiné au théâtre de Port-Louis
C?est un de ces lendemains de fête qui déchantent. Les rires ne sont plus que des grincements de dents. Les cris de joie se sont transformés en hurlements de douleur : perçants, déchirants, lancinants. Un an et un jour après la mort de Pitagaba le boxeur, son ombre hante encore le quartier.
Un an et un jour, c?est le temps qui est exigé dans les contes en guise de réparation d?une faute. Le sort injuste réservé à Pitagaba refuse de se laisser effacé. La solution au cauchemar éveillé des habitants du quartier du Port : un ?exorcisme comique.? Quatre personnages aux allures de squelettes ambulants s?occupent de conjurer le mauvais sort réservé à Pitagaba le pur.
La magie prendra effet le mercredi 3 novembre à partir de 20 heures au théâtre de Port-Louis. Elle a pour forme le divertissement proposé par le centre culturel Charles Baudelaire : L?Entre-deux rêves de Pitagaba conté sur le trottoir de la radio.
Cette production des Compagnies Cinétique et L?Ombre du Silence, Fécamp Scène Nationale, Les Bambous, scène conventionnée de Saint Benoît de La Réunion a été conçue par l?écrivain et dramaturge togolais Kossi Efoui. Un africanisme qui transcende les phrases hachées, ponctuant le style de Kossi Efoui, pour nous entraîner dans la tourmente d?un carnaval qui a mal tourné. Derrière les masques de la fête, se cachent, ?répressions, rafles, exécutions sommaires.?
Une grève de dockers suscite une réaction musclée des forces de l?ordre. ?Et les habitants du quartier du Port (sont) soudain sous les bombes. Et comme personne ne sut dire ce qui se passa au moment où les gens en cagoule piétinaient des choses qui leur ressemblaient, chair et sang alors, on parla de listes de disparus et de population déplacée,? nous dit la présentation du quotidien français Libération.
Un an et un jour après que Pitagaba, le ?roi du ring et roi du carnaval?, soit fauché par les balles, ?deux bouffons : Parasol et Parapluie, prennent le masque des absents.? Leur antagonisme nous plonge dans ?l?entre-deux rêves?, un flou comateux d?où émerge la souffrance d?une mère qui a perdu son fils. L?atmosphère macabre de l?après-fête convoque ?des personnages de danses de mort sortis des troupes carnavalesques de la Commedia dell?arte, une fantasmagorie tout aussi infernale qu?humaine.?
Passent alors des ?marionnettes macabres du carnaval vénitien?, des voix d?outre-tombe et des clowns tragiques. Des personnages campés par Bertrand Binet, dans le registre de Capitaine Radio. De lui, Libération dit qu?il a ?le rythme jazzy et de l?humour.?
À ses côtés : Kristof Langromme qui était chez nous, il y a deux ans avec la Compagnie réunionnaise Nektar, dans le cadre du festival de théâtre de Port Louis. Il campe Parasol tandis que son pendant Parapluie est joué par Robin Frédéric. La Mère, ?pleureuse des bas-fonds,? est campé par Anisia Uzeyman.
L?Entre-deux rêves de Pitagaba conté sur le trottoir de la radio a été créée en avril 2003 à Paris. Depuis, la tournée est passée par La Réunion, l?Afrique du Sud, le Kenya et le Burundi. Les billets pour l?unique représentation à 20 heures mercredi au théâtre de Port-Louis, sont à Rs 150. Ils sont en vente au CCB, au CCEF, au CIFOD et à l?Alliance Française à Bell Village.
Publicité
Publicité
Les plus récents