Publicité

Un bébé de 16 mois dans le coma cérébral

22 avril 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le petit Nischaye, âgé de 16 mois, n?a pas rouvert les yeux depuis dimanche dernier. C?est une machine, installée à côté de son lit, qui l?aide à respirer et le maintient en vie. Admis d?urgence à l?hôpital Victoria, l?enfant a sombré dans un coma cérébral à la suite d?une « chute ». C?est en tout cas la version donnée par les parents, Khoosoomul Rosseawon et Manishabye Buddea. Celle-ci n?a pas convaincu la police qui a procédé à leur arrestation et a initié une enquête.

C?est peu avant midi dimanche dernier que les parents du petit Nischaye font irruption à la clinique de Lorette, située à Curepipe, avec leur enfant de 16 mois dans les bras. Face à l?état, visiblement grave de l?enfant, les médecins de service décident de le soumettre à une radio avant de préférer le transférer à l?hôpital Victoria, mieux équipé pour accueillir le jeune patient. « Son état était très préoccupant. Nous n?avons pas voulu prendre de risque en le gardant ici », explique un membre du personnel soignant présent ce jour-là.

Nischaye est donc transporté jusqu?à l?hôpital Victoria par une ambulance du Service d?aide médicale d?urgence. Une fois sur place, il est admis au service des soins intensifs et est pris en charge par le docteur Boodhoo, neurologue. Celui-ci constate que Nischaye porte d?autres blessures sur différentes parties du corps.

Ces blessures intriguent le personnel hospitalier. L?un des médecins de service ce jour-là décide de s?entretenir avec les parents pour tenter de savoir ce qui aurait été à l?origine de sont état. Ces derniers s?en tiennent à leur explication initiale : il aurait fait une chute.

<B>Des « bizarreries » dans le comportement des parents</B>

Mais cette explication ne convainc pas. L?affaire est référée à la police, car le médecin pense que les blessures n?ont pu être causées par une simple chute. L?enfant est même examinépar le docteur Satish Boolell, Chief Police Medical Officer, qui confirme que ses blessures ne peuvent provenir d?une chute.

La Criminal Investigation Division de Rose-Belle, en charge de l?enquête, ne tarde pas à déceler des « bizarreries » dans le comportement des parents. Elle considère que ces derniers, habitant Gros-Billot, auraient logiquement dû se rendre à l?hôpital Jawaharlal Nehru et non à la clinique de Lorette, située à Curepipe.

Après enquête auprès de l?établissement hospitalier, les officiers en charge de l?affaire apprendront que le petit Nischaye a des antécédents médicaux inquiétants. Le nourrisson a été admis à l?hôpital il y a quatre mois, soit en décembre 2006, pour des fractures au bras et au pied. Le père de l?enfant, déjà soupçonné de maltraitance, avait été arrêté et relâché.

Il n?en faut pas plus aux policiers pour soupçonner que le nourrisson pourrait avoir été victime de maltraitance une fois de plus. « Cela ne pouvait pas être qu?une coïncidence. C?est ce qui a dirigé nos soupçons vers les parents du petit », laisse entendre un enquêteur.

Khoosoomul Rosseawon et Manishabye Buddea sont arrêtés peu après avant d?être interrogés. Ils maintiennent leur version et affirment que l?enfant se serait grièvement blessé lors d?une chute. « Ils s?en sont tenus à leur explication, mais ont été incapables de donner des détails plus précis sur les circonstances dans lesquelles s?est déroulée la chute », laisse entendre un officier proche de l?enquête.

Le couple est traduit au tribunal de Mahébourg sous une accusation provisoire de maltraitance. La police ayant objecté à leur remise en liberté sous caution, ils ont été maintenus en cellule policière jusqu?à mercredi.

Une enquête a, par ailleurs, été initiée au niveau de la Child Development Unit et du ministère de la Femme pour déterminer les circonstances exactes de cet « accident ». Du côté des proches des suspects à Gros-Billot, cette arrestation ne surprend qu?en partie. « Personne n?était dupe. Un enfant ne peut pas se blesser aussi souvent. Cela dit, nous n?avions aucune preuve que Nischaye aurait pu être maltraité. Sa mère avait l?air de bien l?aimer », explique une voisine, qui avait l?habitude de les côtoyer.

<B>Une personne austère</B>

D?autres habitants de la localité racontent, pour leur part que Khoosoomul Rosseawon, employé au ministère de la Pêche, était une personne austère et qui ne sortait pas beaucoup de chez lui. « Li pa ti pe gagn zafer ek bokou dimoun dan lendrwa mais zamais personn pas ti pou penser ki enn zafer couma sa kapav arriver », confie un habitant du coin, qui dit souhaiter que le petit Nischaye s?en sorte.

Publicité