Publicité

Un avortement clandestin qui tourne mal

24 septembre 2007, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

A 34 ans, elle est déjà mère de sept enfants. Aussi, nourrir une bouche additionnelle est pour elle impensable. Les revenus de son époux, 42 ans, qui ne travaille qu?à temps partiel, sont nettement insuffisants, dit-elle.

Pourtant, elle s?est retrouvée enceinte. Au bout de six semaines de cette grossesse indésirable, elle prend sa décision. C?était un lundi, il y a environ quinze jours. Cette habitante de Camp-Diable se rend à Curepipe. Là, elle entre dans une pharmacie et se procure six comprimés abortifs. Le lendemain, elle les absorbe tous. Le mercredi, elle a des saignements mais, peu après, les choses reviennent à la normale.

Après l?avortement provoqué, raconte-t-elle, elle enterre le f?tus dans sa cour. Mais au cours de la journée de vendredi, elle subit à nouveau des saignements et souffre de douleurs aiguës au ventre. Cette situation dure jusqu?à fort tard dans la nuit. Elle informe alors son époux de son acte et, vers 2heures du matin, samedi, elle est conduite à l?hôpital Jawaharlall Nehru à Rose-Belle.

Le médecin de service l?interroge. Elle avoue qu?elle a avalé les comprimés abortifs. Elle est admise en salle et le poste de police de l?hôpital est informé de l?affaire. Elle est alors placée sous surveillance policière. Le quartier général de la police, à Rose-Belle, est également alerté. L?enquête est confiée aux hommes de la Criminal Investigation Division (CID) de Rivière-des-Anguilles, menés par l?inspecteur Sailesh Omrawoo.

Interrogée sur son lit d?hôpital par les enquêteurs de la CID, la femme a expliqué les raisons de son acte : ses sept enfants, dont trois filles, issus de son mariage depuis dix-huit ans, son époux sans emploi fixe, les difficultés du couple à joindre les deux bouts pour élever leurs enfants.

Après son séjour à l?hôpital, cette mère de famille sera probablement provisoirement accusée d?avortement illégal (procuring abortion). Elle sera alors présentée devant le tribunal de Souillac.

?Clinique clandestine?

On se souviendra de cette autre affaire d?avortement qui avait défrayé la chronique le samedi 14 octobre 2006. Tôt, ce jour-là, une descente de police était effectuée dans un ancien atelier de soudure, transformé en ?clinique clandestine? à la route Sadally, à Vacoas. Trois femmes qui venaient de se faire avorter étaient encore dans un état de somnolence. Le directeur de cette ?clinique clandestine?, le Dr Shrinivassa Curpen, 68 ans, anesthésiste, qui travaillait sous contrat à l?hôpital Victoria, Candos, avait été surpris sur les lieux.

Cette opération policière était dirigée par l?assistant commissaire de police Vinod Appadoo, alors Central Divisional Commander. Elle avait permis d?arrêter Roger Runganaiken, 83 ans, un infirmier à la retraite et deux habitantes de Mesnil, Ph?nix : Ramini Curpen, 39 ans et Indumati Ramasawmy, 45 ans. Toutes deux faisaient office d??infirmières?.

L?état de santé de deux des trois femmes trouvées sur place avait nécessité une hospitalisation, sur l?avis du Dr Satish Boolell, chief police medical officer, donné en présence du Dr Rajkumar, gynécologue. Des résidus de f?tus avaient été décelés dans leurs utérus. Elles ont été soignées à l?hôpital Victoria, Candos.

Les enquêteurs ont découvert que cette ?clinique? aurait existée depuis une douzaine d?années et que des femmes des quatre coins du pays y allaient se faire avorter. Celles qui avaient été trouvées sur place confiaient aux enquêteurs qu?elles avaient payé Rs 3 600 pour l?intervention.

La première, 26 ans, habitait Moka, la seconde, 38 ans, venait de Riche-en-Eau et la troisième, 28 ans, de Surinam. Toutes trois avaient été arrêtées, puis libérées sous caution. . L?époux de l?habitante de Riche-en-Eau avait été aussi arrêté.

Publicité