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Un attardé dénonce son agresseur

19 mars 2004, 20:00

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Assise à côté de son époux Jaykaram, Oumatee Ruzowan laisse libre cours à ses larmes. Leur petite maison en tôle, à Saint-Hubert, abrite le désespoir et la colère depuis que leur fils unique, Kemsing, âgé de 23 ans et atteint de déficience mentale, leur a confié qu?il avait été victime de sodomie. Cela se serait passé dans un champ de cannes situé à proximité d?un cimetière de la localité.

Le suspect, Jaykissan Kalachand, alias Moona, a été arrêté le 25 février. Ce pêcheur de 37 ans habitant de Saint-Hubert a comparu au tribunal de Mahébourg le lendemain sous une accusation provisoire de sodomie. Il a été libéré après avoir fourni une caution de Rs 5 000.

Tout commence lorsqu?Oumatee remarque un changement d?attitude dans le comportement de son fils. « Je le cherchais dans la cour pour lui servir à manger. Dès qu?il m?a vue, il est devenu fou furieux. C?est la première fois que je le voyais dans cet état. J?ai tenté de le calmer et suis parvenue à le raisonner. » Elle demande alors à Kem d?aller prendre une douche. Il lui obéit docilement mais lorsqu?elle jette un coup d??il dans la salle de bains pour s?assurer que tout va bien, elle le surprend accroupi, se tordant de douleur.

Oumatee décide alors d?aider son fils à prendre son bain, chose inhabituelle mais qu?elle juge nécessaire. Kem réprime sa mauvaise humeur et se laisse faire mais refuse que l?on touche à ses parties intimes. « Li dire moi li gagne du mal », raconte la mère. Devant s?expliquer, poussé par l?insistance d?Oumatee, Kem s?exécute. «Kem dire moi qui Moona fine amène li dans cimitière et fine sodomise li. »

Folle de rage, elle avertit immédiatement la police. Ils sont alors conduits au poste de police de la localité pour un interrogatoire. Assis sur un banc, Kem, qui suit un traitement psychiatrique depuis l?âge de 15 ans, raconte ce qu?il a subi : « Moona ti amène dilhuil coco dans ene chiffon, gâto ek la bière. Li dire moi deshabille moi. Mo rode batte li . Li fine persisté.»

Ce crime dont a été victime Kem a jeté le désespoir sur une famille déjà éprouvée par un quotidien difficile. Pour faire bouillir la marmite, les Ruzowan n?ont qu?une seule source de revenus : la pension de retraite de Jaykumar. Oomatee travaille comme bonne à chaque fois qu?une famille la sollicite. « Nou faire dette pou capave vivre. Parfois nou bisin demande dimoune.» En attendant que la vérité éclate, Oumatee doit constamment surveiller son fils Kem et son époux dont l?état nécessite des soins médicaux.

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