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Un amour démesuré pour le français
Natalie Geerdharry a beau tancer Iannish Sadien en ces termes : «Menteur, si tu aimais le français comme tu le dis, tu aurais fait les lettres. Tu l?aurais étudié comme matière principale en Form VI», ce dernier ne se démonte pas d?un poil. «C?est pourtant vrai. J?aime le français et bien que j?aie opté pour les sciences, je voulais conserver la composante française. Car dès mon entrée au secondaire, je savais que j?avais le potentiel pour cette langue .»
Tous deux découvrent pour la première fois ce qu?est le concours de l?Alliance française en Form I. Natalie qui se fait admettre au collège Maurice Curé après s?être classée 290e à l?examen du Certificate of Primary Education, y participe pour faire plaisir à sa mère Véronica, secrétaire chez un agent maritime. «Elle m?a poussée à prendre les cours d?Alliance française car j?étais bonne en français», explique Natalie. Si la jeune fille s?exécute docilement, ce n?est que l?an dernier et cette année qu?elle se découvre un amour pour lesdits cours. «Ce n?est que l?an dernier et cette année que j?ai ressenti de l?amour pour le français car l?accent était plus sur la littérature, un sujet que j?aime. Pour les années précédentes, c?était surtout beaucoup de grammaire que j?aime moins.»
Iannish qui a vu les portes du collège Royal de Curepipe s?ouvrir toutes grandes pour lui après qu?il est sorti premier à l?examen de cycle primaire, suit la tendance générale de la classe qui est invitée par un des enseignants à prendre part au concours de l?Alliance française. Si Natalie suit les cours au centre de Bell -Village avec Rina Dwarka, Iannish, lui, les prend au privé avec Vassantee Punchoo. Et à son premier essai au concours, il décroche le prix de supériorité. «Du coup, cela m?a donné une raison de continuer.» Et tous les ans, il figure parmi les dix premiers au concours de l?Alliance française.
Bien que n?aimant pas le collège Dr Maurice Curé en raison du fait que «l?aspect religieux y était absent et que les activités extrascolaires étaient insuffisantes», la jeune fille qui est une bosseuse, s?accroche à ses études, obtenant chaque année à l?école un prix pour le français. Cette année, elle obtient un prix en anglais et un autre en sociologie, deux des trois matières principales qu?elle étudie en Form VI, la troisième étant bien évidemment le français.
« Tout le monde espère que ce sera pareil pour les résultas de HSC mais il ne faut peut- être pas s?attendre à un résultat trop parfait. Si je l?ai, ce sera tant mieux. Autrement, tant pis.»
Iannish qui est le fils du syndicaliste Radakrishna Sadien, adore son collège, tant pour sa réputation d?excellence que pour son coup d??il général. Il maintient son niveau d?excellence dans ses notes à l?école. Désirant exercer la médecine, c?est tout naturellement qu?il se dirige vers les matières scientifiques, optant pour les mathématiques, la chimie et la physique comme matières principales. Sans pour autant lâcher le français qu?il prend comme matière subsidiaire. Il est toujours le premier de la classe. Il prend ses cours d?Alliance française le samedi et au fil des ans, il se familiarise à la méthodologie d?apprentissage et aux textes. Ce qui, dit-il, a renforcé son amour pour le français.
Allier devoirs scolaires au programme du concours de l?Alliance française a dû peser lourd dans leur emploi du temps. Pas vraiment pour Iannish. «Je prenais au total quatre à cinq leçons par semaine, cours de l?Alliance française inclus. Mais je n?ai pas vraiment senti la pression. Et puis, dans le groupe qui prenait des leçons avec Madame Punchoo, on se connaît depuis longtemps. Et durant la leçon, on n?avait pas l?impression d?apprendre mais plutôt de s?amuser. Par exemple, si on travaillait une pièce de théâtre, chacun prenait un rôle et on jouait la scène. Cette approche ludique a fait que je n?ai pas ressenti le programme de l?Alliance française comme un fardeau. Par contre, j?ai senti la pression pour les matières au programme d?études de la Form VI.»
Natalie avoue avoir ressenti la pression du cumul de ces deux programmes d?études. Si bien qu?elle s?est décidée à «prendre chaque examen en son temps». L?examen de l?Alliance française étant avant ceux du Higher School Certificate, elle a mis les trois quarts de son énergie dans la révision des cours de l?Alliance française. «J?ai délaissé momentanément mes révisions scolaires pour me concentrer sur mes révisions de l?Alliance française. Après l?examen de l?Alliance française, j?ai pris deux semaines de repos puis j?ai entamé mes révisions de la Form VI. Si j?avais fait les deux ensemble, je n?aurais pas tenu le coup.»
Iannish, lui, était régulier dans son rythme de révision. «J?étudiais une demi-heure puis j?alternais avec 15 minutes de repos sans aller au-de-là de 21 h 30-22 heures.»
Deux méthodes différentes qui se sont avérées payantes pour l?un comme pour l?autre. Natalie a eu la meilleure note avec 91 points sur 100 et Iannish 82,5 points sur 100. Ils s?attendaient à être classés mais pas lauréats de la classe terminale de l?Alliance française, car le programme menant au diplôme approfondi de la langue française C1 a été modifié assez récemment. «Nous avons souvent entendu le mot cobaye à notre propos car le programme a changé au début de la terminale.» Même son de cloche pour Iannish. «Le programme était nouveau et cela faisait peur.»
Lors de la proclamation des résultats, Natalie pleure d?émotion. Iannish, lui, passe un entretien à Cambridge en Grande-Bretagne et le coup de fil de sa mère Veni qui veut lui annoncer la bonne nouvelle, le surprend. Il capte l?information mais n?en saisit sa portée qu?après l?interview.
Heureux, ces deux jeunes le sont. Ils attendent maintenant de savoir s?ils auront une bourse. Natalie voudrait faire des études supérieures en lettres modernes ou en sciences politiques. Iannish ne changera pas d?avis. Il sera médecin mais ignore encore quelle sera sa spécialisation.
Aux élèves qui hésitent à cumuler programme d?études scolaires aux concours de l?Alliance française, Natalie conseille de persévérer, du moins s?ils aiment le français et la littérature française. «S?ils aiment, ils voudront et pourront faire les deux. Et puis, il faut aussi avoir de bons enseignants. Moi, j?ai eu de la chance d?avoir Madame Dwarka à l?Alliance française et Jeff Achille à l?école Dr Maurice Curé.» Pour Iannish, le tout est une question de connaissance de ses priorités. «Je suis mal placé pour conseiller. Le choix leur appartient. S?ils aiment le français, ils pourront faire les deux mais si l?Alliance française a un impact négatif sur leurs études scolaires, il vaut mieux éviter car il faut connaître ses priorités. Et puis, comme le dit Natalie, l?enseignant y est également pour beaucoup. Moi, ma chance est d?avoir Madame Punchoo.»
Etant en compétition pour une des bourses d?Etat, ils espèrent l?obtenir lors des résultats de HSC. Iannish avoue que son entourage souhaite qu?il soit une fois de plus lauréat. «Tout le monde espère que ce sera pareil pour les résultats de HSC mais il ne faut peut-être pas s?attendre à un résultat trop parfait. Si je l?ai, ce sera tant mieux. Autrement, tant pis.»
«Je serai peut-être classée », estime Natalie, «mais lauréate, j?en doute car la sociologie ne fait pas obtenir autant de points que les mathématiques par exemple». Notre petit doigt nous dit qu?ils pourraient bien se retrouver l?an prochain au c?ur de l?actualité. Sait-on jamais?
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