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Un accord gouvernement-Savannah en vue pour l?extension de la centrale

22 août 2007, 00:00

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Un accord gouvernement-Savannah en vue pour l?extension de la centrale

Un accord entre le gouvernement et la Société Usinière du Sud (SUDS), qui comprend Savannah, se profile à l?horizon. Car les négociations entre le gouvernement et le secteur sucrier, après certains désaccords qui ont prévalu au sujet de certains aspects de production énergétique, sont en bonne voie. Mais à ce stade, c?est le dossier de la nouvelle extension de la centrale de bagasse-charbon de Savannah concernant l?installation d?une troisième ligne de production énergétique qui est presque réglé.

Une fois ce dossier finalisé, SUDS entamera des discussions avec le Central Electricity Board (CEB) en vue de signer un accord pour la vente de l?électricité à cet organisme. ?Les négociations avec le gouvernement pour l?extension de la centrale se poursuivent, mais je crois que nous allons dans la bonne direction. Nous pourrons ensuite entamer des discussions pour la signature du Power Purchase Agreement (PPA), soit l?accord pour la vente de l?électricité au CEB. Nous comptons commencer les travaux pour l?installation de la troisième ligne aussitôt le PPA signé?, explique Jacques d?Unien-ville, chief executive de SUDS.

D?ailleurs dans les milieux du gouvernement on soutient que les ?négociations sont bien avancées sur le projet d?extension de cette centrale?. Toutefois, Patrick Assivaden, le président du CEB, s?est abstenu de faire des commentaires sur la question.

Le dossier de politique énergétique est discuté au sein du comité présidé par le vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun. Ce comité a été institué par le Premier ministre Navin Ramgoolam dans le contexte des différends opposant le secteur privé sucrier au gouvernement sur la politique énergétique. ?Tout le monde se rend compte que la troisième ligne de production d?électricité à la centrale de Savannah est un outil indispensable pour terminer le processus de rationalisation de nos activités sucrières?, souligne Jacques d?Unienville.

<B>Le CEB en partenariat</B>

Si tout va bien cette troisième ligne, d?une capacité avoisinant 20 mégawatts (MW) contre 42 MW prévus initialement, devrait être opérationnelle dans deux ans. Une partie de la production sera vendue au CEB et une partie sera pour les besoins de la centrale. SUDS a eu à réduire la capacité initiale de la troisième ligne afin de s?adapter à la demande du CEB, qui se propose d?être partenaire dans la centrale à charbon de la compagnie malaisienne CT Power de plus de 100 MW à Pointe aux Caves

Les deux nouvelles lignes de production de Savannah, d?une capacité de 45 MW chacune, sont entrées en opération commerciale à la mi-juillet. Elles lui permettent d?avoir une capacité pour assurer 25 % des besoins du pays.

Avec l?extension envisagée- qui nécessitera un investissement d?environ Rs 2 milliards, la centrale de Savannah sera dotée d?une capacité pour satisfaire 30 % des besoins du pays. Elle permettra à SUDS de diversifier ses activités sucrières dans le contexte de la centralisation sucrière dans le sud de l?île et de réaliser ses projets de raffinerie et de distillerie. Car la configuration des deux lignes de production nouvellement installées ne répond pas à la réalisation de ces projets. ?Tout le monde sait aussi qu?il n?y a pas d?autre option pour le pays que la production de sucre raffiné. Toutes les études indiquent qu?il faut aller dans la production de sucre à valeur ajoutée?, explique Jacques d?Unienville.

Savannah compte produire 170 000 tonnes de sucre raffiné (sucre blanc) par an. Actuelle-ment, le sucre mauricien est raffiné à l?étranger par le groupe britannique Tate & Lyle. Toute la production de la raffinerie de Savannah sera destinée à l?exportation. Il est prévu que la raffinerie sera opérationnelle en 2009 afin de bénéficier du prix plus rémunérateur de 20 % que le sucre roux et pallier la baisse du prix du sucre qui aura atteint d?ici là 36 %. Sans compter que Maurice aura à faire face au libre accès en Europe du sucre en provenance des pays les moins avancés.

<B>Vitesse de croisière</B>

La troisième ligne de production aidera aussi SUDS à satisfaire les besoins de la distillerie de Savannah en énergie électrique. Celle-ci compte produire 90 000 litres d?éthanol par jour. La nouvelle centrale et l?usine agrandie de Savannah ont eu récemment quelques problèmes techniques jugés ?mineurs?. Ils concernent respectivement des équipements pour le transport de la vapeur de la centrale à l?usine et un ?diffuseur? pour l?extraction de sucre.

?Les périodes de rodage sont terminées et nous avons atteint notre vitesse de croisière de production pour l?usine sucrière?, ajoute Jacques d?Unienville. À Gérard Chasteau de Balyon, chief executive de Sotramon Ltée, entreprise mauricienne qui a construit la centrale, d?ajouter : ?Nous sommes en opération commerciale depuis la mi-juillet et tout marche bien à la centrale.?

Toutefois du côté de Flacq United Estates Ltd (FUEL), les négociations sont un peu plus compliquées car cette sucrerie souhaite construire une centrale de 90 MW, soit de grosse envergure, afin de réaliser la centralisation à l?est du pays, satisfaire les besoins de la consommation internes de la sucrerie, incluant raffinerie et distillerie et produire de l?énergie à un coût compétitif.

Or l?Outline Energy Policy - document qui définit la politique énergétique du gouvernement - ne prévoit pour FUEL qu?une unité de 22 MW. Pour la direction de FUEL, cela résulterait en un coût de génération plus cher et peu rentable et ne permettrait pas d?optimiser l?énergie bagasse tout en réalisant la centralisation et les autres projets de diversification de ses activités.

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