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Ultraviolet
En sortant de la salle, on se dira qu’il y a un fil conducteur reliant la musique d’avant la séance, les publicités (excepté celle des cacahuètes, un vrai bijou) et ce film : l’ineptie la plus totale. Après le triste échantillon de la semaine dernière, il est à craindre qu’Ultraviolet, film de Kurt Wimmer vienne annoncer une saison de navets cinématographiques. On aurait pu croire, au vu du générique, à encore une énième adaptation d’une bande dessinée. En fait, il s’agit d’une relecture d’un film culte de 1980, Gloria de John Cassavetes, avec la grande Gena Rowlands dans le rôle-titre. Comme son illustre aînée, mais avec beaucoup moins d’élégance et de subtilité, Milla Jovovich (dans le rôle titre également) s’affaire à protéger un petit garçon non pas, cette fois, d’un mafieux et de ses sbires, mais à la fois d’un dictateur planétaire aidé d’une armée de tueurs d’un côté et d’une bande de mutants de l’autre.
Ultraviolet est un film de science-fiction ; mais hélas nous avons affaire au type même de film qui a fait la mauvaise réputation du genre. L’idée d’une super guerrière combattant une dictature dans un monde post-apocalyptique habité par des mutants a engendré, ces dernières années, un lot de films dont certains auraient pu être réussis. C’était, par exemple, le cas de Aeon Flux qui contenait quelques bonnes idées tant dans le récit que la mise en scène, les décors et les accessoires.
Ultraviolet a cette particularité d’être globalement raté sans avoir aucune qualité qui aurait pu être considérée comme rédemptrice en quelque manière. En plus de ses talents guerriers, Ultraviolet (Milla Jovovich) a aussi le pouvoir de défier les lois de la pesanteur et de faire apparaître n’importe quelle arme du néant. Au lieu de déboucher sur des scènes d’action spectaculaires, ces belles capacités nous apportent plutôt des scènes soit d’une lourdeur inattendue, soit tout simplement confuses ; en tout cas, elles sont très peu spectaculaires.
Le fait que cette héroïne ait aussi la faculté de changer la couleur de ses cheveux comme de ses vêtements rien qu’en les touchant du doigt ne fait pas oublier que son interprète est tout, sauf une actrice. Ses collègues ne font pas grande impression, non plus : le méchant dictateur (Nick Chinlund) n’arrive pas à faire peur et les mutants mi-vampires font penser à un groupe de rock alternatif. Autant d’aspects qui, pour un film d’action, sont des plus décevants.
Et, comme un film de science-fiction d’action laisse espérer un certain émerveillement visuel, on est déçu sur ce plan aussi. Réalisé avec des décors entièrement numériques, sauf pour quelques bâtiments empruntés à la ville de Shanghai, Ultraviolet souffre d’une imagerie indigente qui ramène aux premiers temps de l’ère numérique. On se serait accroché au récit, si l’ensemble n’était pas qu’une succession de séquences mal raccordées et sans intérêt, parce que prévisibles, aboutissant à un combat singulier avec des épées enflammées qui fait penser à un numéro de cirque.
Le pire, c’est que le réalisateur semble prendre tout cela très au sérieux. De l’inutile au risible en passant par le complètement idiot, Ultraviolet finit par être une réussite dans le sens que c’est un film qui atteint les sommets de la nullité. On peut parler d’un exercice non simulé d’autosatisfaction dans sa dimension la plus physique, attitude propre à l’adolescence. Il paraît que Kurt Wimmer a défié au combat sur le ring tous ceux qui ont dit du mal de son film. Moi, c’est quand il voudra.
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