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Témoignages

21 janvier 2006, 20:00

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Narishma, enseignante :

« Quand j?étais écolière, j?aimais mes enseignants. Je voulais exercer cette profession à l?âge adulte », confie Narishma, 24 ans. C?est cette admiration pour la profession qui l?a orientée vers cette carrière. Après deux années de formation au Mauritius Institute of Education (MIE), Narishma a débuté avec l?enseignement des élèves de première. « Je suis très heureuse dans ce métier. C?est un domaine que j?aime et c?est aussi mon gagne-pain. Mais nous travaillons dans des conditions déplorables, par rapport aux infrastructures et aussi en termes de surpopulation des classes. Les autorités parlent de bridging the gap mais c?est impossible avec une classe remplie avec 44 élèves. »

Kiran, barman :

Cela fait quatre ans que Kiran, 30 ans, est barman. Cette passion pour le métier est un héritage de son père, qui travaillait dans un bar. « J?aime cette profession, j?apprécie surtout l?ambiance, le contact avec les clients que j?ai pu connaître en exerçant dans plusieurs restaurants et au fil de ma formation. Je suis très heureux dans mon travail », explique-t-il. Dévoué à son travail, il ne voit rien qui pourrait contribuer à le rendre plus heureux. Et même pendant ses jours de congé, il se sent mal à l?aise et ne veut qu?une chose : repartir travailler !

Harold, cuisinier :

Il est tombé dans la marmite par curiosité. Et à l?époque, Harold n?avait que 14 ans. Passionné par la cuisine, il a appris à maîtriser les ficelles du métier par lui-même et a pris de l?emploi au restaurant Chop Stick dès son adolescence. Puis, il a continué sur sa lancée dans divers établissements hôteliers. « Mo travail permet moi fer seki mo content fer. En mem temps mo pe capav soigne mo famille », confie-t-il. S?estimant heureux dans son travail, et surtout entouré de ses collègues, qui rendent sa tâche plus plaisante, il avoue ne pas avoir de grandes difficultés, même si c?est un travail qui demande beaucoup de dévouement.

Jeannine, bonne à tout faire :

À 15 ans, Jeannine a commencé à travailler comme bonne à tout faire. Elle a accompagné sa mère qui travaillait déjà dans une famille. « La vie ti bien misere. Pas ti ena choix, pa ti ena lotte travail sa lepok la. Mo ti bizin aide mo famille », déclare Jeannine. Au départ, elle touche Rs 50 par mois, puis avec le temps son salaire a atteint les Rs 2 000 par mois. Au fil du temps, Jeannine a appris à aimer son travail. Elle se dit heureuse car les conditions de travail se sont améliorées. Auparavant, elle travaillait pendant quatre heures chaque jour, incluant les week-ends et les jours de congé public. Aujourd?hui, elle travaille pendant trois heures du lundi au vendredi. Heureuse, elle l?est, mais avec un meilleur salaire, elle le serait davantage.

Sangeeta, ouvrière :

« J?ai commencé à travailler à 20 ans. Il fallait que je travaille car mon mari qui était maçon, était au chômage et j?avais deux enfants à élever. Il y avait plein d?usines de textile qui ouvraient, donc j?ai cherché de l?emploi », raconte-t-elle. Ainsi, elle devient knitter dans une usine de textile. La formation est dure, mais Sangeeta doit s?y faire. « Je touche environ Rs 1 500 par mois. J?ai appris à aimer mon travail. Je suis heureuse dans cet environnement où je me suis fait des amis et il y a une ambiance sympa pendant les pauses », soutient-elle. Toutefois, ce qui la rendrait plus heureuse, serait un meilleur salaire et plus de considération de la part de ses employeurs.

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