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TÉMOIGNAGES 2
- Sandra Lajoie, 14 ans
Sandra Lajoie qui va au BPS n?a que 14 ans. Pourquoi le nier ? Elle est bien contente de reprendre l?école.
Si les vacances signifient oisiveté, tâches ménagères à la maison, séparation avec les amis, l?école est synonyme de rencontres, d?activités. Il n?y a pas que ça. Sandra perçoit l?école comme une école de la vie où l?on apprend à se découvrir, où l?on peut s?exprimer, cohabiter avec ses pairs, s?ouvrir aux autres en quelque sorte. La personnalité est donc au centre de ses intérêts. D?ailleurs elle fait de la natation et pratique la danse. Concrètement comment l?école aide à former l?individu ? « Je vais vous donner un exemple. Quand il a fallu choisir les sujets en Form 4, on a plusieurs sessions de discussion. Je sentais que j?étais intéressée par les sciences mais je n?étais pas sûre. Avec l?école, je suis allée visiter le laboratoire de Candos, j?ai appris ce que la science pouvait faire dans la pratique et je n?ai plus hésité. »
Pour ce qui est de la discipline, elle la trouve « un peu chiante ». « On ne peut pas utiliser son portable à l?école, on ne peut pas porter des bijoux voyants mais le principe derrière cette discipline, c?est de nous préparer au futur. La discipline est importante au travail. » Seul vrai bémol à son avis, c?est l?échec scolaire. Sandra a du mal à comprendre que des jeunes puissent arriver en HSC, échouer et quitter l?école après toutes ces années sur les bancs de l?école, sans certificat.
- Varsha Koonjul, 14 ans
Varsha Koonjul est en Form 4 au SSS Bel-Air. Pas de grands discours, ni de grandes déclarations, Varsha joue la carte du strict minimum. En bonne élève, elle a mis en forme de notes ce qu?elle pense de l?école. Elle a dû bien apprendre la leçon : un plan aide à formuler ses idées par la suite. Que pense-t-elle de l?école ? « C?est un moyen par lequel on augmente ses connaissances. Sans école, sans diplôme, pas de bon boulot. » L?école est donc pour elle une boîte à outils dans laquelle elle puise le savoir. En fin stratège, elle voudrait faire carrière dans l?informatique puisque c?est un domaine où il y a des débouchés. Le ton est donné. Pour elle, l?utilité fait loi. Qu?à cela ne tienne, elle reconnaît également que l?école est un lieu de rencontres qui lui permet de se faire des amis de son âge et avec qui elle peut « discuter de ses problèmes ». À cet âge-là, l?amitié est souvent le vecteur de bien des choses.
Troisième point : le système d?enseignement doit être amélioré. Qu?entend-elle par là ? Que les profs soient plus qualifiés. Elle regrette qu?il n?y ait pas assez d?activités au collège, que certaines règles soient trop sévères. Mais en général, Varsha est satisfaite de l?école. Elle lui reproche quelques broutilles, les mêmes qu?on retrouve sur les lèvres de tous les adolescents.
- Sean Lam, 19 ans
Sean Lam aide son père à la boulangerie en attendant les résultats du HSC. Si tout va bien, il voudrait poursuivre des études en food science. Pour aboutir à quoi ? Il voudrait suivre les traces de son père et s?occuper de la boulangerie. Il parle avec des mots choisis, nets et nuancés. L?école pour lui, c?est avant tout un lieu où l?on cultive sa personnalité.
Il a d?abord tenu à faire ressortir qu?on a beau se plaindre des obligations de l?école, ce n?est que quand on la quitte qu?on réalise qu?on y est attaché. Comment juge-t-il l?école ? « Je crois que ça dépend de l?âge, des classes. Quand on est petit, on voit l?école comme un endroit où l?on se fait des amis. Quand on se prépare pour les examens du SC et HSC, on bosse tellement qu?on oublie que l?école a autre chose à offrir que les cours. Quand on l?a quittée, on est nostalgique, on a envie d?y retourner. » Ce que Sean retient surtout de son expérience de collégien, c?est que l?école offre des facilités aux jeunes pour s?épanouir. « Chacun peut trouver son compte. Si vous êtes un meneur, vous pouvez être class captain, si vous aimez le sport, vous pouvez en pratiquer, il y a un club d?informatique pour les mordus de la souris. À la kermesse, ceux qui sont branchés peuvent participer au défilé, les autres s?occupent de la chambre des horreurs ou encore cherchent des sponsors. Récemment un groupe d?élèves a organisé une épreuve de kart racing dans la cour du collège. Il y a des activités pour tous les goûts. »
Sean est de ceux qui refusent qu?on fasse de l?école une machine à produire des lauréats. Pour lui, la mission première de l?école devrait être de former des jeunes créatifs et dynamiques. « Quand on ne participe pas à la vie de son école, on passe à côté de beaucoup de choses. » Dans ce même élan, il est catégorique sur le fait que toutes les technologies du monde ne pourront remplacer l?école. « On a beau pouvoir apprendre des tas de choses à travers l?Internet et les livres, l?école a l?avantage de vous apprendre encore plus et surtout à vivre en société. »
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