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Témoignage de brutalité contre Prem Raddhoa

6 février 2006, 20:00

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Dans quelques jours, la Commission nationale des droits de l?homme (CNDH) remettra son rapport sur la mort de Rajesh Ramlogun à Rama Valayden, ministre de la Justice. Les agents de la Major Crime Investigation Team (MCIT) impliqués seront donc bientôt fixés sur leur sort. Mais leur chef, le surintendant de police Prem Raddhoa, a lui un nouveau problème : dans une plainte déposée à la CNDH en décembre, Roland Saide l?accuse ?personnellement? de l?avoir passé à tabac en novembre dernier.

?Le 29 novembre 2005, j?ai été arrêté et tabassé par plusieurs officiers de la MCIT, incluant Prem Raddhoa personnellement ?, peut-on lire dans cette plainte. Cet ancien chauffeur personnel de Navin Ramgoolam soutient qu?il aurait été battu et humilié à la suite d?une erreur sur la personne. Il aurait été pris pour un des agresseurs du frère du Prem Raddhoa. Six officiers de la MCIT l?auraient embarqué et emmené au poste de police de Curepipe.

?Ils m?ont dit de monter les escaliers. Raddhoa se trouvait en haut. Il m?a donné des coups de pied. Ils m?ont emmené dans une pièce où ils ont commencé à me donner des coups de poing, des claques et des coups avec une matraque. Ils ont versé de l?eau sur moi et m?ont donné des chocs électriques. Ils ont mis une couverture de laine sur ma tête et m?ont menotté. Ils m?ont battu jusqu?à ce que je vomisse du sang.?

Roland Saide raconte encore qu?il aurait demandé d?être transporté à l?hôpital car il sentait que sa jambe gauche était cassée. ?Zot dir mwa taler zot pou ed mwa.? Le constable Jaumeer l?y aurait conduit mais lui aurait défendu de parler au médecin qui lui a plâtré la jambe, effectivement brisée. A propos de cet épisode, Roland Saide aurait déclaré, lors de son témoignage à la CNDH, que malgré la demande d?un médecin, les officiers de la MCIT n?auraient pas évacué la salle.

En ce qui concerne ses ?aveux ?, il précise dans sa plainte que ses ?tortionnaires? lui auraient conseillé d?accepter sa culpabilité, parce qu?il portait un canif lors de son arrestation? Il aurait été libéré et le lendemain, en cour, il aurait plaidé coupable et aurait écopé d?une amende de Rs 2 000.

Roland Saide a témoigné hier devant la CNDH qui lui aurait demandé pourquoi il n?avait pas reproché aux agents de la MCIT de l?avoir battu. Il aurait bien posé la question, mais la réponse aurait été : ?Misie inn dir mwa amen twa Plaine Champagne.? Ce qui l?aurait amené à mettre sa curiosité en veilleuse?

Son avocat, Me Jean-Claude Bibi, se demande aussi pourquoi le rapport médical de l?hôpital ne fait pas état de ses nombreuses blessures. ?La CNDH doit aller au fond de cette affaire et demander aux médecins pourquoi leur rapport fait uniquement mention de sa jambe cassée.?

La CNDH doit maintenant entendre Prem Raddhoa et ses hommes, et les soumettre à une parade d?identification.

MESURES DE PRÉCAUTION

<B>Le commissaire de police entendu</B>

■ La CNDH s?est entretenu hier avec le commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh, dans le cadre de l?enquête sur la mort en détention de Rajesh Ramlogun. ?J?ai rencontré la Commission pour discuter des mesures administratives et des précautions additionnelles qui devront être prises pour que toutes les enquêtes policières se déroulent de façon professionnelle, transparente et dans le respect des droits de l?homme ?, a déclaré le commissaire de police, à l?issue de la rencontre. La CNDH se réunit aujourd?hui pour commencer à rédiger son rapport.

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