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Télécoms : coup double

10 décembre 2005, 20:00

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Maurice s?emploie à engranger davantage sur les appels internationaux sans que l?abonné local ait à débourser le moindre sou. Il s?attache également à rapatrier le nom de domaine .mu ? sans rien payer.

Etienne Sinatambou, ministre de la Technologie informatique et des Télécommunications, intervient pour réguler la compétition par rapport aux appels internationaux entrants. Il s?est entendu avec les opérateurs pour fixer un seuil plancher pour le termination rate. Cette mesure devrait rapporter jusqu?à Rs 100 millions de plus à Maurice dès les prochains mois.

Le termination rate est un montant payé au prestataire étranger pour assurer la connexion sur son territoire. Pour comprendre : l?appel d?un Anglais à un Mauricien est pris en relais par British Telecom qui se met en liaison avec Mauritius Telecom qui s?assure à son tour que son abonné reçoit l?appel.

Cette partie de la connexion assurée par MT est frappée d?un call termination fee. Celui-ci se négocie entre prestataires. Les opérateurs privés jouent dessus pour rester compétitifs. À Maurice, ce fee peut tomber jusqu?à moins d?une roupie la minute. L?International Telecommunication Union recommande environ Rs 5 la minute. Le ministre Sinatambou entend l?appliquer.

L?appel entrant coûtera-t-il plus ? Les centres d?appels en feront-ils les frais ? « Pas nécessairement, répond Étienne Sinatambou. Très probablement, l?abonné étranger paie déjà ses Rs 5 la minute. »

Les Rs 100 millions additionnelles seront partagées entre Mauritius Telecom, les prestataires de service d?appels internationaux et un Universal Services Fund. Celui-ci servant à assurer des services sociaux comme la connexion à haut débit dans les écoles.

En outre, le ministère initiera les procédures pour le rapatriement du nom de domaine .mu. Le ministre s?est assuré du soutien de l?Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, ou ICANN, chargée de l?administration du World Wide Web, lors d?une mission à Tunis. Il vient d?obtenir le feu vert du Conseil des ministres. Sauf imprévu, Maurice devrait recouvrer la souveraineté par rapport au .mu d?ici fin 2006.

Le nom de domaine est un identificateur : les .fr, .uk ou .in en fin d?adresse électronique identifient le pays (France, Angleterre, Inde, etc) où l?organisation est physiquement présente. Mais .mu est gérée par un Sud-Africain, qui est le premier à l?avoir fait enregistrer auprès de l?ICANN.

Si le pays veut récupérer son nom de domaine, il doit normalement le racheter au prix fort. Sauf s?il fait une pétition auprès de l?ICANN qui est pour la souveraineté des pays par rapport à l?administration des noms de domaines. C?est la voie qu?empruntera Maurice.

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