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Tunisie : Le président Ben Ali fait des concessions
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Tunisie : Le président Ben Ali fait des concessions
Le président Zine el Abidine ben Ali dévoile une série de mesures visant à désamorcer la crise qui secoue la Tunisie  et annonce qu''''il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2014.
Le chef de l''Etat, qui intervenait pour la troisième fois à la télévision depuis le début des troubles le 16 décembre, a notamment ordonné aux forces de sécurité de ne plus faire usage d''armes à feu contre les manifestants et annoncé une baisse du pris du sucre, du lait et du pain.
Son discours télévisé à la nation a été diffusé au soir d''une journée marquée par de nouvelles effusions de sang et des troubles qui ont gagné le centre de la capitale, où cinq personnes au moins ont été blessées par balles lors d''affrontements avec la police.
La nuit précédente, malgré un couvre-feu, les heurts entre jeunes et policiers dans plusieurs quartiers tunisois ont fait un premier mort.
A Soliman, une ville côtière située à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Tunis, des témoins ont fait état de la mort de deux jeunes gens tués jeudi par des policiers lors d''affrontements devant un commissariat de police.
Dans la ville de Sidi Bouzid, d''où sont partis les troubles, des témoins rapportent que plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues.
Des appels à "toutes les libertés" et des slogans antigouvernementaux, dénonçant des faits de corruption et une répression policière, ont fait leur apparition dans les manifestations, s''ajoutant aux revendications d''ordre économique.
Les autorités disent que les manifestations sont instrumentalisées par une minorité d''extrémistes qui veulent déstabiliser le pays.
"Pas de présidence à vie"
"Je comprends les Tunisiens, je comprends leurs demandes. Je suis triste de ce qui se passe aujourd''hui, après 50 années au service de ce pays, mon service militaire, tous les différents postes, 23 années de présidence", a déclaré Ben Ali, qui s''exprimait - une première pour le président tunisien - en arabe dialectal et non classique.
Le chef de l''Etat, qui est âgé de 74 ans, a annoncé qu''il n''entendait pas être le président à vie du pays nord-africain et qu''il ne toucherait à la Constitution qui fixe à 75 ans l''âge maximal pour se porter candidat à la présidence.
"J''ai dit en 1987 qu''il n''y aurait pas de présidences à vie. Je le répète à présent: pas de présidences à vie. Je refuse de toucher à la Constitution, je ne changerai pas l''âge inscrit dans la Constitution", a-t-il dit.
Il a également promis la liberté de la presse et la fin des mesures de fermeture de sites internet.
Son discours semble avoir été bien accueilli.
Dans un quartier de Tunis, signale un journaliste de l''agence Reuters, des habitants sont descendus dans les rues, chantant l''hymne national rythmé par un concert de klaxons. Dans le quartier d''El Omran, des femmes se sont rassemblées en dépit du couvre-feu en criant "Viva Ben Ali" et en poussant des youyous.
"Ce discours est politiquement important et correspond aux attentes de la société civile et de l''opposition", a réagi l''opposant Najib Chebbi, fondateur du Parti démocratique progressiste (PDP), dans une interview accordée à Reuters après l''intervention télévisée du chef de l''Etat.
La journée de jeudi avait débuté sous le signe d''une journée "ville-morte" dans le centre de Tunis, dont les magasins étaient fermés, rideau baissé. Des soldats, déployés en renfort de la police, assuraient la protection de bâtiments officiels derrière des barrages de fils de fer barbelés.
Dans le quartier de Lafayette, le plus commerçant de Tunis, des tirs ont éclaté, rapporte un journaliste de Reuters. Deux civils sont tombés au sol et trois autres, touchés aux jambes, ont été vus fuir les affrontements. Non loin de là, une fumée noire s''élevait d''un secteur bouclé par la police tandis que d''autres coups de feu retentissaient.
Pour la première fois depuis le début des violences, un couvre-feu nocturne est entré en vigueur à Tunis et dans ses faubourgs la veille, mercredi, à 20h00 (19h00 GMT). Mais des affrontements se sont pourtant produits et un homme de 25 ans, Mejdi Nasri, a été tué d''une balle dans la tête dans le quartier populaire d''Ettadamen, ont rapporté deux témoins et un cousin de la victime. Les autorités n''ont pas confirmé dans l''immédiat ce premier décès dans la capitale.
Le dernier bilan officiel de civils tués est de 23 morts, mais des mouvements de défense des droits de l''homme évoquent près de 40 morts, selon les Nations unies. Navi Pillay, Haute- Commissaire aux droits de l''homme de l''Onu (HCDH), a estimé que ce bilan humain était "manifestement la conséquence du recours à des mesures excessives, comme des tireurs d''élite et des tirs à l''aveugle sur des manifestants pacifiques".
Le gouvernement dit que la police n''a tiré qu''en cas de légitime défense, lorsque des émeutiers l''attaquaient avec des cocktails Molotov et des bâtons.
 
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