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Tuni minwi à la conquête du Japon

18 mars 2006, 00:00

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Le rire, toujours le rire. Linley Mootien et ses complices ont toujours le mot pour rire et le rire pour guérir. C?est par le rire, que Tuni minwi renaît de ses cendres. Toujours pour semer la peur et la zizanie, mais cette fois, dans une contrée lointaine, appelée le Japon. Linley Mootien, le maître d??uvre cultive la légende des samourais, des geishas et de l?empereur, pour mijoter une pièce loufoque à souhait, hilarant, à vous couper le souffle.

Mais le Japon est un trompe-l??il, une manière déguisée de faire de la farce, puisque l?inspiration première, demeure notre île et ses travers. « C?est une histoire mauricienne en japonais, » assure Linley. « Nous empruntons le costume japonais uniquement pour sortir du cadre et pour inviter au voyage, » explique-t-il.

Une heure quarante-cinq, au pays des geishas, pour regarder droit dans les yeux, l?île Maurice caricaturée. C?est en somme, l?histoire d?un homme, Tuni minwi, « enn fouter désordre », dans un empire qui perd ses repères. Ce Tuni minwi fait du porte-à-porte, à moitié nu, pour séduire ces beautés uniques, les geishas. Seul le terrible, l?intrépide Ranoukou peut arrêter le massacre.

Et on regarde avec gourmandise, la scène d?exposition. Des moments, des instants intenses, pour les yeux et les oreilles. Lindsay Moothien, assis en tailleur, joue à merveille l?empereur désabusé. «Déshonner Minituttu, déshonner! L?empir dan difé ! » Le dit Minituttu, commissaire auprès de sa grandeur, se veut rassurant, mais est visiblement sans ressources également.

Linley qui donne à voir des tranches de vies, présente des personnages singuliers, qui dans la fragilité de l?instant, déclenchent d?emblée le rire. Franc-tireur quand il le souhaite, Linley qui écrit pour faire rire, mais aussi pour faire réfléchir, se ménage aucune peine.

Alors que lui-même regarde ses acteurs, qu?il corrige une fois ou deux, une petite grimace, s?esclaffe de bon c?ur. « Nous riyé avant nou, nou fer nou mem plaisir avant, » explique l?intarissable Gérard Ratinon.

Sans l?appui du décor, le jeu des comédiens prend davantage de contenance. Ils se jouent des mots, s?agitent, composent, grimacent à tout moment. Stéphane Raynal qui incarne le terrible Ranoukou, copie l?accent japonais avec une indéniable aisance. Le rire fuse de partout. L?espace devient réel, l?histoire s?installe, s?emballe.

Troisième pièce écrite et bientôt présentée en quatre ans, Linley a travaillé sept moi sur l?écriture de la pièce.

Les répétitions ont débuté depuis quelques semaines et la pièce sera présentée sur les planches du Théâtre de Port-Louis du 20 avril au 20 mai, à raison d?une représentation par jour, à 20 heures, et deux, le dimanche, à 14 heures et 19 heures.

Ceux qui ont acheté le VCD de Condensé Carri lédent, qui s?est vendu comme des petits pains, et qui ont conservé le ticket qui s?y trouve, auront droit à un billet gratuit, en échangeant leur coupon. Bon rire !

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