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The Truman Show : un jeu de rôles
En 1998, l?Australien Peter Weir livre un film dérangeant. Il y met en scène Truman Burbank, un Américain moyen, qui ignore qu?il est le héros d?un show télévisé. En toile de fond, une savante mise en garde contre le pouvoir invasif de la télévision dans notre vie quotidienne. The Truman Show à voir ce soir à 21h00 sur la MBC 1 est aussi le premier film dramatique du trublion Jim Carrey. Bien que le nom de Robin Williams ait quelque temps circulé, Weir avait toujours souhaité Jim Carrey dans le rôle et attendit pour cela qu?il ait achevé ses deux projets en cours, Disjoncté et Menteur Menteur.
Sans grimaces ni blague vulgaire, Jim Carrey compose un personnage tendre, naïf et attachant. A la clé : un Golden Globe Award du meilleur acteur pour Jim Carrey et une nomination à l?Oscar pour le réalisateur Peter Weir.
Truman Burbank, coursier en assurances sur la petite île de Seahaven, semble couler des jours paisibles, inconscient d?être le héros d?un «reality show» à l?échelle planétaire : The Truman Show», un programme en direct dans lequel 5000 caméras retransmettent, 24 heures sur 24 et 365 jours par an, ses moindres faits et gestes, et cela depuis presque 30 ans.
Mais la machination va beaucoup plus loin, lorsque l?on découvre que Seahaven n?existe pas. Cet endroit factice n?est qu?un gigantesque dôme, un studio de télévision ultra moderne et dans lequel même les conditions climatiques sont gérées en régie. Chaque habitant n?est en fait qu?un acteur qui reçoit ses directives au moyen d?une invisible oreillette. Truman est à la fois star, cobaye et prisonnier, d?une vie dirigée par les résultats d?audience ou par Christof (Ed Harris), le créateur de ce feuilleton machiavélique.
Le cynisme est poussé jusqu?au bout quand on comprend que le Truman Show inclut des publicités indirectes. Tout n?est finalement qu?une question d?argent et de recettes publicitaires. Une dénonciation qu?assume le réalisateur en 1998.
« La génération - des 18-25 ans - a tout de suite capté le personnage, la duperie. On leur a vendu des produits tout au long de leur vie, en utilisant leur langue. Un grand nombre de sponsors «jeunes» leur ont imposé des goûts, et toujours en résumant ça en un seul mot: «cool». Et je pense qu?ils ont trahi ces jeunes. Leurs pubs sont très intelligentes, et ils savent toucher les esprits comme piquer le fric dans la poche. Je pense qu?ils ont adoré voir un film leur montrant à quel point ils se font avoir. »
The Truman Show se révèle un film passionnant, au fur et à mesure que les éléments révélateurs de la supercherie apparaissent... C?est une critique visionnaire et originale de la télé-réalité. A voir, pour ceux qui sont restés scotchés devant La Ferme, Loft Story, Nice People ou Les Colocataires.
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