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Trouver chaussure à son pied

28 septembre 2005, 20:00

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?Les autorités et les institutions financières qui s?engagent à aider les petites et moyennes entreprises doivent revoir complètement les conditions entourant les prêts et les garanties pour faciliter notre intégration dans l?économie nationale et pour combattre de manière efficace le chômage?. Tel est le sentiment d?Anwar Jaulim, fabricant de chaussures et propriétaire du magasin Mamode Cassim Jaulim située sur la route principale du village de Chemin-Grenier.

L?entrepreneur, qui a acquis une longue expérience dans le commerce des chaussures, pense que tous les acteurs engagés dans des projets de PME devraient avoir droit à un assouplissement des procédures afin de permettre à plus d?entreprises d?avoir accès aux fonds disponibles.

Anwar croit que des projets financés par les institutions financières ou autres sponsors doivent s?articuler autour de plusieurs axes. Facilités pour l?accès aux nouvelles technologies, assistance directe, revue du processus de production, la formation qui permettrait aux opérateurs d?élargir leur horizon en termes de qualité du service, le marketing et la communication.

?Tout comme les grosses entreprises en faillite et placées sous l?administration judiciaire, les petites et moyennes entreprises doivent également bénéficier de l?aide des experts-comptables employés dans des institutions financières?. Des conseils, qui dit-il, pourraient aider l?entreprise à analyser les forces, les faiblesses et les opportunités des entreprises pendant un certains temps avant de leur prêter de l?argent pour les empêcher de se retrouver dans une situation financière désastreuse allant même jusqu?à la fermeture.

Pour être exempté de la taxe

Citant son cas personnel, ce fabricant de chaussures pense qu?il aurait bien pu être exempté de la taxe pour l?achat d?un véhicule, qu?il utilise pour transporter ses huit employés pour le trajet aller-retour ou pour ses livraisons.

Malgré son expérience dans ce commerce, Anwar regrette qu?il n?ait jamais été reçu jusqu?ici par aucun des anciens députés ou par le ministre de sa circonscription malgré ses nombreuses sollicitations pour faire avancer ses projets et ses idées dans les milieux des opérateurs de petites et moyennes entreprises à Maurice

Ayant eu la possibilité de suivre régulièrement son père, Cassim Mamode, dans son petit atelier de cordonnerie à Camp-Diable quand ses études secondaires le lui permettaient, Anwar avait trouvé sa voie. Nous sommes en 1980. Le chômage bat son plein et Anwar est parmi sans emploi. Certificat en poche, il tente sa chance dans plusieurs secteurs. Les réponses se font attendre. Il finit par chausser les bottes de son père pour faire le même métier.

Aidés par sa mère et son frère, Anwar profite de la deuxième phase industrielle des années 90. Il investit dans une petite unité pour la fabrication de chaussures non loin de son magasin. Un jour, il reçoit la visite d?officiers de la Small and Medium Industries Development Organisation (SMIDO). Ils sont satisfaits qu?Anwar opère dans des conditions qui respectent les normes.

Il prospecte le marché local avant de se rendre à la Réunion et dans d?autres régions de l?océan Indien Les négociations avec certains fabricants de chaussures réunionnais n?aboutissent pas. Il retourne au pays natal mais n?abandonne pas son projet.

Il prend la décision de se lancer définitivement dans la fabrication de chaussures pour dames et enfants. Objectif : approvisionner le marché local. Conscient des possibilités qui existent dans ce créneau, Anwar ne lésine pas sur les moyens et trouve sur le marché local les matières premières dont il a grandement besoin pour la fabrication de ses chaussures.

Comme il ne manque pas d?idées, il va diversifier le marché et créer de deux nouvelles marques de savates Horizon et Basa dont il veut à tout prix garder l?exclusivité. ?C?est quasiment impossible?, dit-il, car, dans le passé, il a vu d?autres revendeurs mettre la marque qu?il a conçue sur le marché.

?Nous ne sommes pas protégés. Nous sommes aussi victimes de piraterie?. Il pense que l?Etat doit prendre des mesures sévères contre les contrevenants pour mettre fin à cette pratique.

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