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Troubles visuels : dépister, la priorité
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Troubles visuels : dépister, la priorité
Les problèmes visuels sont universellement répandus. Mais on sous-estime parfois les cas de cécité. A Maurice, les maux à la source de la cécité ? il s?agit de cécité handicapante mais rarement totale ? sont loin d?être irrémédiables. Il faut savoir les détecter à la racine, suffisamment tôt, particulièrement chez les jeunes, comme dans le cas du diabète. Notamment par un dépistage systématique et une campagne de formation structurée au niveau des services de santé publics, en tenant compte de tous les partenaires en lice.
C?est le message apporté par l?ophtalmologue et formateur Andrew Cassels-Brown, des centres de formation hospitaliers de Leeds, lors d?une conférence à l?université de Maurice. Intitulée Preventing blindness in the community et organisée par la firme Unicorn, l?intervention du consultant s?inscrivait dans la mouvance de Vision 2020, programme mondial de dépistage initié à Maurice par le Rotary Club et auquel souscrit le ministère de la Santé.
Dans son discours, le conférencier, qui a notamment apporté son expertise au Pakistan, au Nigeria et en Angleterre pour développer des politiques nationales de dépistage, a beaucoup insisté sur la nécessité de former le personnel des écoles, des dispensaires et autres lieux emblématiques de la communauté, à la détection des troubles visuels. Mais ce travail a déjà commencé chez nous.
«Je viens de rencontrer un enfant dont un ?il est déjà presque perdu», nous confie Reshad Nazir, ophtalmologue. Grâce au dépistage opéré au préalable dans les écoles, ce cas pourra être traité dans les meilleurs délais et l?autre ?il, sauvé.
Pour Reshad Nazir, ce dépistage est d?une valeur inestimable: «Il faut se rappeler que le lecteur débutant a tendance à utiliser davantage les informations visuelles qu?il a sous les yeux pour identifier les mots inconnus et que 80 % de l?apprentissage de l?enfant passe par la vision.»
Parmi les enfants âgés de cinq à 12 ans, rappelle-t-il, un sur dix souffre d?un problème de la vue non-diagnostiqué, qui affecte son rendement scolaire. Ce que confirme l?expérience d?Andrew Cassels-Brown. Ce dernier a même rencontré des proportions plus alarmantes au Nigeria, où la cécité des rivières a fait des ravages. «Et il n?est pas aisé, sans formation, de détecter un trouble de la vue chez l?enfant. En effet, ce dernier ne sait pas les reconnaître.»
<B>Bien voir pour bien lire </B>
La détection précoce est la clé d?une bonne vision. Il faut agir à point. «Les troubles de la vue évoluent habituellement de façon favorable suite à tout traitement administré durant la croissance et le développement du système visuel de l?enfant.»
Un enfant sur cinq âgé de six ans présente un trouble de la vision (myopie, hypermétropie, strabisme, trouble de la vision binoculaire?), précise Reshad Nazir. Les blocages qu?entraîne la négligence des déficits visuels méritent d?être mieux cernés. «Elle peut entraîner, plus tard, des difficultés scolaires lors de l?apprentissage de la reconnaissance des formes, et donc de la lecture, qui suppose un bon contrôle de la fixation et de la motricité oculaire. Quant à l?écriture, elle demande un bon contrôle du geste de la main, faculté qui est gênée par des troubles visuels.»
Selon Reshad Nazir, les études scientifiques menées indiquent un lien significatif entre une anomalie de vision non-corrigée et un risque de difficulté d?apprentissage de la lecture, donc de retard scolaire.
«C?est dire l?importance du dépistage de l?enfant à cet âge-là. Au moment de rentrer à l?école, parmi les troubles les plus fréquents, on continue, en effet, à trouver la myopie (bonne vision de près, floue de loin), hypermétropie (l?inverse de la myopie) et astigmatisme (vision déformée, floue, confusion des lettres de graphisme proches)».
Plus tard, la déficience visuelle peut entraîner une série de complications. Sans qu?on ne puisse citer des chiffres précis, la baisse de vue chez les personnes âgées augmente les risques d?incapacité suite à des accidents domestiques. «Il y a aussi un coût financier à tout cela», explique l?expert anglais.
Comme le rappelait Andrew Cassels-Brown, les outils de détection sont tout simples. «Pensez qu?en vulgarisant les panneaux sur lesquels sont inscrites les différentes tailles de lettres, on peut encourager les gens à exercer eux-mêmes les premiers tests de vision.» Les distribuer en brochure aux enfants par exemple leur permet, à leur tour, de tester d?autres membres de la famille, dont des personnes âgées.
La formation d?optomètres d?Etat est aussi une autre priorité.
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