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Troublants
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Nous ne pouvons prendre à la légère les ingérences ministérielles dans les administrations publiques. Si on s?en accommode, le pays sombrera dans une anarchie totale. Les démocraties les plus avancées considèrent d?ailleurs les ingérences ministérielles comme un délit passible d?une peine d?emprisonnement. Ce serait, pour le moins, imprudent de minimiser les allégations concernant les interventions répétées du ministre de la Justice auprès de la police.
Hier, au Parlement, le leader de l?opposition a porté de nouvelles accusations à l?encontre du ministre Rama Valayden. Cette fois, il est question d?un coup de fil passé par le ministre pour obtenir la libération d?un suspect qui était détenu en cellule policière. Paul Bérenger allègue que c?est à la suite d?une intervention du ministre Valayden, effectuée à trois heures du matin le 25 décembre dernier, que la police a libéré sur parole le suspect Marcelin Humbert. Le Premier ministre, dont le seuil de tolérance est sans doute assez haut, a réagi calmement en annonçant une enquête policière. En attendant, le Premier ministre a choisi de ne rien décider.
Certes, rien n?est établi de manière irréfutable dans cette affaire, mais les premiers éléments connus du dossier sont assez troublants pour justifier une action immédiate de la part du Premier ministre. Le leader de l?opposition a étayé ses propos en révélant le contenu d?un document qu?il a déposé à l?Assemblée nationale. Ce document daté du 18 mars 2008 porte, entre autres, la signature de Dhun Ishwar Rampersad, alors commissaire de police suppléant. Il rapporte que le 25 décembre dernier, le chauffeur d?un véhicule impliqué dans un accident avait «assaulted the police sergeant with a cutter, stole the ignition key of the police car and bolted away? Marcelin Humbert was identified as driver and assailant of PS Rajnath? Came Mr Vuddamalay, ACP, no doubt a seasoned officer and ordered a release on parole of Louis Marcelin Humbert well known to police with a heavy load of convictions? Prior to this mess, around 03.00 hours the Minister of Justice rang Line Barracks Police on account of the accident at Terre Rouge.»
Si le Premier ministre décide malgré tout d?attendre la fin de l?enquête policière, il pourrait être accusé d?employer des tactiques dilatoires pour des raisons électoralistes. Au sein de son parti, chacun mesure les conséquences politiques d'un éventuel départ de Rama Valayden. Autant Madun Dulloo, le ministre révoqué, était considéré comme un figurant dans le jeu politique, autant le leader du MR est vu comme un pion stratégique dans la circonscription de Rose-Hill/Stanley. Celui-ci est le seul à pouvoir prétendre vaincre la forteresse de Paul Bérenger.
S?il n?a rien à cacher, Rama Valayden n?a pas besoin d?attendre l?enquête de la police pour donner sa version de ce qui s?est passé durant cette soirée de Noël. Après tout, il a pu intervenir simplement pour s?assurer que le scénario Rajesh Ramlugon ne se reproduise pas.
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