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Trois bâtisseurs : R. Quenette, J. Li Wan Po et F. Pursun

3 août 2005, 00:00

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L?espoir demeure dans la terre mauricienne, devant être ensemencée et fertilisée par le travail des hommes. L?espoir réside aussi dans ces hommes et ces femmes, appelés à construire ensemble une nation mauricienne, une véritable famille au sein de laquelle ils pourront vivre harmonieusement en frères et en s?urs. La presse consacre, en ce début d?août 1980, un dossier à trois d?entre eux, pouvant servir d?exemple aux autres. Ils sont Rivaltz Quenette, Jacques Li Wan Po et Freddy Pursun. Ils sont respectivement historien, industriel, travailleur social. Jamais de trop pour faire une île Maurice davantage prospère, heureuse, fraternelle.

Qui a pu converser avec Rivaltz Quenette, aux Archives de Maurice, pressent d?instinct sa ferveur pour l?histoire. Une ferveur exempte de tout fanatisme mais respirant au contraire la plus grande sérénité. En 1980, il compte déjà à son actif une histoire de l?Hôtel du Gouvernement (avec Marcelle Lagesse) une autre du Réduit, la Fin d?une légende, celle des esclaves chassés des plantations cannières pour faire de la place aux travailleurs agricoles engagés venus de l?Inde et qu?on a ensuite accablés de paresse et de fainéantise pour tenter de justifier l?injustifiable. Il a aussi écrit Le combat réformiste pour raconter la genèse de la démocratie législative mauricienne et que compléteront par la suite sa série sur l?Histoire de la Corporation municipale de Port-Louis, l?histoire du syndicaliste Emmanuel Anquetil, celle du tribun Le Grand Beaugeard (Onésipho).

Rivaltz Quenette raconte Rivaltz Quenette. Marcel Cabon lui glisse une plume entre les doigts et lui ordonne : ?Ecris !? Fonctionnaire, il signe ses premières articles : ?Caliban?. Cela l?embête de dire ce qu?il pense politiquement sous le couvert d?un lâche anonymat, même exigé par son statut de fonctionnaire. Il se tourne d?instinct vers l?histoire de son pays. Pourquoi ? N?est-elle pas source d?enrichissement ? Les démêlés de l?humain avec son environnement social voilà qui forge un caractère. Comment comprendre aujourd?hui et anticiper demain si l?on ne connaît pas intimement hier ? L?histoire des historiens antérieurs n?est pas toujours à son goût. Surtout lorsqu?ils perpétuent lâchement des légendes mensongères parce que c?est politiquement correct, même 140 ans après la mort de Rémy Ollier, le héros de Marcel Cabon, le héros de Guy Forget, celui de Rivaltz Quenette, en attendant qu?il soit celui de chaque Mauricien.

Rivaltz Quenette reprend la plume que lui a confiée Marcel Cabon. Il y a du pain sur la planche. Après la résurrection de Rémy Ollier, il doit réussir celle de Jean Lebrun, d?Onésipho Beaugeard (un Maurice Curé avant la lettre), Emmanuel Anquetil. Sans oublier le Grand Laurent (Eugène). Bâtisseur, c?est peu dire pour qualifier un historien capable de ressusciter les figures légendaires d?une autre île Maurice, celle que s?est gardé de raconter un Hervé de Rauville, par exemple. Laissons travailler Evenor Hitié Bis.

Jacques Li Wan Po est de ceux qui, dans l?île Maurice de 1980, permet à ceux qui le désirent ?d?acheter mauricien?. Encourager les produits locaux et freiner les importations c?est l?espoir d?un avenir meilleur et qui ne s?appelle pas forcément ?Duty Free Island?. C?est aussi dire combien on a régressé sur ce point depuis 1980 au point d?être réduit à? importer des ?moolkrous? trop graisseux de Malaisie. Food Canners existe depuis 1972. Le groupe Li Wan Po le contrôle depuis 1978. L?entreprise prépare localement les aliments pouvant être consommés à Maurice mais aussi à l?étranger. Elle met en boîtes de conserve des jus de fruit, des légumes, des fruits, des confitures, des achards. Elle se sert de produits locaux quand ils sont disponibles et réclamés par la clientèle. Une conserverie sud-africaine l?aide à améliorer sans cesse ses produits. Avant 1978, Food Canners se contente de produire 150 tonnes par an. En 1980, elle en vend déjà plus de 600 tonnes.

Food Canners participe aussi à la solution nationale du chômage, en fournissant un emploi durable et épanouissant à une centaine de chefs de famille. Elle regrette que le gouvernement ne lui accorde pas les subventions qu?il offre si généreusement à d?autres activités économiques, entre autres cannières. Food Canners ne peut même pas obtenir que les produits importés de même nature que ceux qu?elle fabrique soient frappés d?une taxe douanière afin de les rendre moins compétitifs sur les marchés locaux. On préfère subvenir les marchands plutôt que les producteurs. Electoralement parlant, c?est plus juteux.

Freddy Pursun fait du bénévolat depuis 1960. Il démarre ses activités sociales avec le Cliff Richard Fans Club de Michel Dedans. Il se joint ensuite aux Compagnons Bâtisseurs d?Edwin de Robillard et de José Allet. Il se marie en 1967 et quitte Port-Louis pour Rivière-du-Rempart. Il s?est depuis mis au service de la population de cette localité et des environs. Son enfance parfois difficile et incertaine sur le plan matériel lui permet de se couler sans problème dans la peau de ceux qui sont dans le besoin et qui sollicitent ses services. Le travail social est le don de soi aux autres sans chercher de récompense. Où trouver meilleure devise ?

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