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Trois ans pour remettre les 30 écoles ZEP à niveau
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Trois ans pour remettre les 30 écoles ZEP à niveau
Des enfants qui se présentent à l?école sans rien dans le ventre et le panier vide, instables parce qu?issus de familles brisées, et qui s?en viennent étudier après avoir passé la nuit sous les étoiles? C?est le quotidien que doit gérer Anon Panyandee, maître de l?école d?Etat Guy Rozemont, à Tranquebar. Une école au taux de réussite avoisinant les 28 % aux examens de Certificate of Primary Education.
Dans le récit d?Anon Panyandee, 29 autres maîtres d?école se retrouvent confrontés à la même misère. Ils ont entrevu hier une lueur d?espoir dans les propos du ministre de l?Education, Steven Obeegadoo, qui lançait officiellement le projet des zones d?éducation prioritaires (ZEP). Il dit se donner trois ans pour que les 30 écoles identifiées améliorent sensiblement leur taux de réussite, actuellement de moins de 40 %.
Face à une audience venue nombreuse assister à la présentation du projet, à l?auditorium Octave Wiehé, à Réduit, le ministre a expliqué le projet mais insisté tout le long sur la difficulté de la tâche et l?impérative nécessité d?une collaboration de tous les partenaires. C?est d?ailleurs sur l?intégration de la communauté à la vie de l?école que repose le projet.
Travailler en équipe
?Le projet ZEP est un choix de société basée sur la solidarité. Parents, ONG, travailleurs sociaux et secteur privé auront à travailler ensemble pour développer l?école et la région au c?ur de laquelle elle se situe?, insiste Steven Obeegadoo. ?Nous ne pourrons faire aboutir seuls ce projet, prévient aussi le coordinateur du projet, Eshan Abdool Raman. Il n?y a pas de baguette magique. La seule solution est de travailler en équipe.?
Ainsi, outre le fait que ces écoles auront la particularité d?un mode d?apprentissage adapté aux besoins de la classe, leur fonctionnement reposera sur l?efficacité d?une équipe de médiateurs parentaux à établir le lien entre le parent et l?école. Car améliorer la performance de l?enfant devra passer par l?éducation du parent et son intégration dans le cursus scolaire.
Ce médiateur parental fera partie de la School Development Unit. C?est cette unité composée des partenaires qu?évoquait le ministre - parents, ONG, travailleurs sociaux et secteur privé ? qui gérera l?école et élaborera une stratégie adaptée à l?établissement. La flexibilité devient ainsi un maître mot pour la réussite du projet.
Les School Development Units seront regroupées dans des clusters. Chaque cluster regroupera une dizaine d?écoles. Au sein de cette structure, ils partageront leurs expériences. Ces groupes, au nombre de trois, seront à leur tour rassemblés au sein de la ZEP Unit. Menée par un Project Manager, Yugesh Panday, cette unité aura pour responsabilité de gérer l?ensemble du projet.
Un Food Nutrition Programme démarrera dans quelques semaines. De même, le carnet de santé, qui assurera un suivi médical pour chaque écolier, sera introduit bientôt. Les clusters sont également en cours de formation. Des changements progressifs qu?Eshan Abdool Raman justifie. ?Il s?agit de ne pas submerger l?école du jour au lendemain?. En revanche, le changement physique se verra dès lundi. Le week-end sera consacré à donner un aspect plus correct aux établissements.
?Notre objectif est de transformer ces établissements en écoles de réussite en pratiquant une discrimination positive, en donnant une deuxième chance aux enfants les plus exposés à l?échec scolaire?, soutient le ministre. Mais ces écoles n?émergeront pas comme des star schools du jour au lendemain. La ZEP se mettra graduellement en place, a-t-il insisté. Au bout de trois ans, un bilan sera effectué. Et si les résultats sont concluants, la liste sera redéfinie.
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