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Triste fin d?une femme battue
Josette Reynolds, 49 ans, fragilisée par les échecs répétés de sa vie amoureuse, avait fini par sombrer dans la boisson. Son dernier compagnon, Jean-Noël Potiron, 46 ans, ne supportait pas qu?elle néglige leur intérieur. Dimanche soir, il l?aurait giflée à plusieurs reprises mais c?est l?alcool qui a eu raison d?elle car elle est morte d?asphyxie par régurgitation résultant d?un ?dème pulmonaire aigu. C?est ce qu?a conclu le Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui a pratiqué son autopsie hier à la morgue de l?hôpital Victoria.
Le médecin légiste est formel : bien que des traces de coups soient visibles sur le cadavre, lesdites blessures sont superficielles et n?ont pas entraîné la mort. De ce fait, après avoir été interpellé et interrogé par les policiers de Souillac, Jean-Noël Potiron, qui a admis avoir administré quelques gifles à sa compagne la veille, a été remis en liberté.
Josette Reynolds, troisième d?une famille de huit enfants et native de Britannia, espérait beaucoup de la vie. Avant sa majorité, elle s?amourache d?un homme qui lui fait un enfant, une fille, âgée aujourd?hui de 30 ans et actuellement détenue pour une affaire de drogue. Le couple ne tient pas la route. Josette se remet en ménage avec un autre homme dont elle est folle amoureuse. Ce dernier la plaque après lui avoir donné un fils. Elle ne le supporte pas et noie son chagrin dans l?alcool.
Sa troisième tentative de vie commune, au cours de laquelle naît une fille, se solde par un autre échec. Jean-Noël Potiron est son quatrième compagnon. ?Josette pena sans. Kat mari li pran parey. So lavi pa inn kontinie ar enn sel dimounn?, confie un proche.
?Rhum samem ti so dite?
Le couple vit pendant des années à Curepipe, non loin de la maison occupée par le fils qu?elle a eu de son deuxième compagnon. Josette continue à s?enivrer. ?Rhum samem ti so dite.? Son compagnon, maçon de son état, est excédé de voir qu?en rentrant, elle n?a fait ni le ménage, ni la cuisine. Il a du mal à se contenir et, selon ce qu?elle confie à ses parents, elle est alors battue.
Et même quand le couple emménage à Surinam, changeant de maison à trois reprises, le scénario est identique. Vendredi soir, leurs voisins, à Samputh Lane, entendent des bruits et les suppliques de Josette. ?Linn dir : pardon Jean-Noël. Mo pa pou fer ankor.? Samedi, quand ils la croisent, elle semble courbaturée.
Vers 20 heures 30 dimanche, les mêmes bruits reprennent, de même que les gémissements de Josette. Vers 22 heures, c?est courbée en deux et en robe de chambre qu?elle débarque chez François Lecoquin, parent d?un de ses ex-compagnons. Là, elle allègue avoir été battue et demande qu?on l?héberge pour la nuit. Un lit lui est cédé. Au petit matin, Annabelle, la fille de François Lecoquin, est choquée par son immobilité. Son décès est alors constaté.
Les résultats de l?autopsie viennent montrer que la mort n?est pas le résultat d?un acte délibéré, mais naturelle. Les funérailles de Josette Reynolds auront lieu ce matin et l?inhumation se fera ensuite au cimetière de Camp-Diable.
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