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Trishla Dhunnoo, psychothérapeute : « La psychologie, une vocation »

7 janvier 2007, 00:00

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Qu?est-ce qu?un psychothérapeute ?

C?est quelqu?un qui suit et accompagne une personne en souffrance morale. Prenons un fait qui peut, a priori, paraître anodin : un jeune qui a été témoin d?un accident et qui en sort traumatisé. Un psychothérapeute ou psychologue l?aidera à gérer le traumatisme ; il est également là pour aider à gérer les petits soucis de la vie quotidienne, le stress, entre autres. Si un enfant a un problème, il ne faut pas le laisser grossir, car cela peut perturber son adolescence et sa vie d?adulte. Il suffit parfois de mettre des mots sur les maux pour aider la personne en souffrance psychique à se sentir mieux, à s?épanouir dans la vie.

La psychothérapie comprend à la fois des thérapies brèves ? quatre ou cinq séances ? et des thérapies plus longues, dépendant des cas. Les problèmes varient du stress aux pathologies telles que la schizophrénie, la dépression, en passant par les troubles alimentaires (anorexie et boulimie) et l?estime de soi, entre autres. Les psychologues reçoivent souvent en consultation des adolescents qui ont un problème d?estime de soi, car ces derniers sont à une période charnière de la vie, un âge où ils ne sont plus des enfants, mais pas encore des adultes.

Qu?est-ce qui t?a amené à devenir psychologue ?

J?ai grandi dans un environnement médical et familial où la relation humaine a une grande place : mon père était médecin ; il y a dans ma famille des ophtalmologues, des anesthésistes, des pédiatres, entre autres? Par conséquent, j?ai baigné dès mon plus âge dans le jargon médical. Le fait que je sois une personne sensible, empathique, à l?écoute des autres, m?a aidé à choisir ce métier. D?autant qu?au collège, j?ai suivi des cours de sociologie que j?ai trouvé très intéressants.

Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c?est de pouvoir aider les autres, surtout les enfants et les ados en souffrance morale. Un psychologue ne guérit pas, il aide ses patients à reprendre goût à la vie de par sa conviction que l?être humain a la capacité de faire de grandes choses.

Et il n?y a rien de plus beau que d?y parvenir. Pour moi, la psychologie est une vocation, une spécialité médicale où la personnalité du soignant a un rôle primordial dans la relation soignant-soigné. Ceci aide le patient à s?ouvrir plus facilement au thérapeute.

Est-ce difficile d?être psy ? Faut-il avoir des prédispositions à ce métier ?

La difficulté première est d?être neutre et de comprendre la perception de l?adulte et celle de l?enfant/l?ado afin d?être un meilleur médiateur entre ces deux générations. C?est sûr que c?est un domaine qui a de l?avenir : les gens sont de plus en plus stressés ; jeunes comme adultes sont confrontés à une plus grande compétitivité à tous les niveaux. Par exemple, les parents mettent la pression sur leurs enfants parce qu?ils veulent que ces derniers soient à la hauteur. Tout cela occasionne le stress.

Pour suivre cette voie, il faut d?abord se connaître soi-même, connaître ses forces et faiblesses. C?est un métier qui demande de la patience, de comprendre les autres sans les juger. Il est important de ne pas avoir de préjugés. Il faut comprendre le patient, mais il ne faut surtout pas se mettre à sa place car l?analyse sera influencée et donc faussée. En tant que psychologue, il faut garder une certaine distance psychique : il ne faut pas relier l?histoire de ton patient à la tienne s?il y a des similitudes. Si son histoire nous touche personnellement et que l?on n?arrive pas à gérer ce cas, le mieux est de le diriger vers un autre confrère, car l?important est le bien-être du patient.

Quels sont les conseils que tu peux donner aux parents qui ont des difficultés avec leurs enfants ?

Ne surtout pas laisser grossir les problèmes qu?ils ont. Aller chez le psy, c?est comme aller chez un dentiste ou un spécialiste. On s?y rend pour aller mieux. Aujourd?hui, les parents sont occupés à travailler et les enfants sont tout aussi pris par les études et leur vie sociale. Ils prennent difficilement le temps les uns avec les autres. Passer des petits moments simples ensemble tels que faire du shopping et aller à la plage aide à établir une relation de communication. Il est important pour les enfants de savoir qu?ils peuvent s?ouvrir librement à leurs parents.

Les ados d?ici et d?ailleurs ont-ils les mêmes problèmes ?

Les ados sont les mêmes peu importe le pays d?origine, mais les problèmes diffèrent selon le niveau socio-économique de la personne. J?ai travaillé avec eux en France et à Maurice, et ce sont les mêmes problèmes qui reviennent : stress, estime de soi négative, troubles alimentaires, peines de c?ur, tentatives de suicide qui sont des appels au secours. Les jeunes ont beaucoup de potentiel, mais souvent ils ne le savent pas ou n?ont aucune possibilité à le développer et à le canaliser ; cela, malheureusement, crée de l?oisiveté et de la frustration.

Carte d?identité

Après ses études en France, Trishla a accompagné des enfants et des adolescents en placement dans des maisons ; elle a également travaillé dans différents centres de traumatisme. En dehors de son métier, elle aime le cinéma, le théâtre, les soirées entre amis, faire du shopping et voyager. « Découvrir d?autres pays et d?autres cultures m?ont donné une ouverture. On y apprend à être plus tolérant. » Les ados qui désirent poser des questions à Trishla peuvent le faire à pagejeunes2003 @yahoo.com. Elle consulte trois fois par semaine à Medpoint.

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