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Tripartites : difficile dialogue entre les partenaires sociaux

5 mai 2004, 20:00

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Les tripartites cuvée 2004 débutent aujourd?hui à l?Hôtel du gouvernement. Syndicats, institutions du secteur privé et représentants du gouvernement se réuniront en vue de déterminer la compensation qui sera payée aux salariés pour la prochaine année financière.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth, qui préside la réunion, aura fort à faire pour rallier tout le monde autour d?une formule consensuelle. Comme chaque année, syndicats et représentants du patronat se disputent sur le montant et sur le mode de calcul de la compensation.

Le Bureau central des statistiques (BCS) prévoit un taux d?inflation de 4 % pour 2003-04. La compensation salariale a toujours été calculée en fonction de ce chiffre, l?objectif étant de permettre aux employés de rattraper l?effritement de leur pouvoir d?achat durant l?année financière écoulée.

La Mauritius Employers Federation (MEF), qui regroupe les employeurs, propose une refonte structurelle profonde du mécanisme afin de déterminer le montant compensatoire. Dans un mémoire qu?elle a soumis au gouvernement (Memorandum on wages policy ? A new mindset), l?organisation patronale revient avec une idée qu?elle a longtemps préconisée : celle de ne plus lier la compensation uniquement à l?inflation. Il faut aussi, et surtout, compenser selon elle les gains en productivité de la main-d??uvre.

Grogne des syndicats

D?autres critères, tels que la profitabilité de l?entreprise, la mobilité du salarié, la situation de l?emploi et le climat d?affaires prévalent en général dans le pays, devront aussi être pris en compte. La formule actuelle, soutient la MEF, est ?nuisible? à la compétitivité des industries mauriciennes, surtout sur les marchés d?exportations.

L?organisation suggère la mise en place d?un organisme national dont le rôle sera de définir les grandes lignes des augmentations salariales, basées sur le consensus du tripartisme.

Pour le présent exercice financier, les employeurs estiment que les négociations tripartites devront fixer un wage guideline qui représentera une compensation de 50 % seulement du taux d?inflation. Proposition que rejette d?emblée les syndicats. ?Il est hors de question d?accepter une telle suggestion. La majorité des salariés ne sont déjà pas compensés à 100 % avec la présente formule?, commente Tulsiraj Benydin, le président de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC).

Le Mauritius Labour Congress (MLC), autre puissante centrale syndicale du pays, abonde dans le même sens. ?Nous notons avec inquiétude la suggestion de ne plus baser la compensation sur l?inflation. Cette pratique n?a jamais été remise en question, même dans les pays européens?, constate Jugdish Lollbeeharry, le président de la confédération.

Celui-ci rejette, dans un mémoire soumis au ministère des Finances, le taux d?inflation officiel comme ?un indicateur valable? de la perte du pouvoir d?achat. ?Le taux officiel ne reflète pas la situation réelle. Les travailleurs ont la nette impression que leur niveau de vie est touché?, souligne-t-il.

Mais la MEF va plus loin que la méthodologie visant à déterminer la compensation dans son mémoire. Toute hausse de salaires accordée en dehors du cadre des tripartites devra être tenue en ligne de compte lors de l?octroi de la compensation. ?Les révisions salariales obtenues lors des négociations sectorielles ou par des institutions telles que le National Remuneration Board, le Pay Research Bureau et le Tribunal d?arbitrage permanent ne peuvent être ignorées?, dit-elle.

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