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Transport public : le ton monte

23 juillet 2003, 20:00

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Il y a une certaine tension à Carreau-Esnouf en ce moment entre les usagers et les chauffeurs et receveurs des autobus individuels. Les habitants reprochent à ces derniers de les terroriser, d?utiliser un langage ordurier envers les voyageurs plus particulièrement à l?endroit des étudiantes, des dames, des vieux et des handicapés.

?Zotte refuse passe par Carreau-Esnouf. Zotte dire zot pénan patente et qui chemins trop cassés?, témoignent des habitants. Las du comportement de certains opérateurs individuels, Manoer Soobhug qui habite la localité, accompagné de ses voisins, a consigné mercredi dernier des dépositions contre deux employés des autobus qui desservent cette route. L?une au poste de police de Plaine-Magnien, l?autre à la National Transport Authority (NTA).

Manoer raconte qu? il se trouvait sur un arrêt d?autobus pour se rendre à Curepipe, lorsqu?il a interrogé le receveur sur la raison pour laquelle il avait dévié de sa route plus tôt évitant de passer par Carreau-Esnouf. ?Contrôleur-là dire alle guette NTA si mo pas content et qui narien mo pas pou capave faire?. Il se serait armé d?une clé pour l?agresser.

Les dénonciations ne s?arrêtent pas là. Cette fois, c?est le tour d?un proche de raconter la mésaventure de sa petite cousine qui revient de Curepipe après ses leçons parti-culières. C?était dans l?après-midi du 11 juillet dernier. M. A, étudiante de Carreau-Esnouf, est épuisée et voudrait rentrer au plus vite chez elle. Elle monte dans un autobus qui doit impérativement passer par Carreau-Esnouf. A sa grande surprise, le receveur lui demande de descendre du véhicule. Il lui aurait fait comprendre qu?en raison d?un nombre limité de passagers et de l?état des routes, il ne pourra faire ce trajet. ?Mo faire ou conné qui nou pas alle jusqu?à là-bas?.

Pour éviter de parcourir seule un long trajet, la jeune fille avait heureusement eu l?idée d?avertir ses proches pour qu?ils viennent à sa rencontre.

?Avec sa ban zaffaire qui ou pé tendé dans la presse et dans radio, eski nou capave continué permettre qui agir coume sa avec nou familles?, s?interrogent Anil Coosarsing en présence de Kaviraj Ballchand qui, dans le passé avait dénoncé avec preuves à l?appui l?attitude de certains receveurs et conducteurs d?autobus individuels qui font fi des règlements et qui ne respectent pas les horaires.

L?autre son de cloche

Gungah Duth Naiko, soixante ans, habite cette localité depuis sa naissance. Il n?a plus l?espoir de voir la situation changer. Tout comme les jeunes, le sexagénaire trouve malhonnête que leurs élus viennent les solliciter pendant les campagnes électorales puis disparaissent. ?Zotte continué prend ban dimounes ici pou ban imbéciles?, conclut Kaviraj.

Les propriétaires d?autobus individuels et la NTA eux, donnent leurs explications. Ravin Bahadoor, l?un d?eux, déclare :

?Même si nous n?avons pas encore le permis pour desservir cet endroit, nous sommes contraints de le faire, car certains habitants bénéficient d?une protection politique et ils en abusent pour faire pression sur nous?. Pour ce qui est du non-respect des horaires, il soutient que tel n?est le cas et qu?ils font de leur mieux pour satisfaire les voyageurs même si les routes sont cahoteuses. ?Quand nou sorti nou lacaze, nou éna ène seul objectif, travail pou gagne nou la vie. Nou pas alle rode problème?.

Du côté de la NTA, on confirme qu?un habitant de cet endroit a déposé une plainte contre un receveur et un conducteur et que l?affaire a été référée aux plus hautes instances pour l?ouverture d?une enquête.

En ce qui concerne le non respect des horaires et le refus d?aller jusqu?à Carreau-Esnouf, Mahendra Joghee, Senior Inspector pour la région de Grand-Port, déclare que de nouveaux règlements ont été introduits pour obliger les propriétaires de ces autobus à desservir cette ligne. ?Nous avons reçu des complaintes que certains ne respectent pas ces règlements. De toute façon, nous surveillons de près la situation et nous comptons agir?.

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