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Transcender la souffrance par le don de soi
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Transcender la souffrance par le don de soi
Les locaux habituellement studieux du Centre d?éducation et du développement pour les enfants mauriciens (Cedem) ressemblaient à un vaste chantier hier matin avec une multitude de journaux tapissant le sol. Juchées sur des pupitres, Melinda, Yukime et quelques autres jeunes filles grattent avec une belle énergie la peinture écaillée sur le plafond de la salle de classe.
Bien qu?il soit un des deux garçons à vivre au centre, Patrick, huit ans, entend ne pas se laisser mener par le bout du nez par les filles. Voyant que Sima lambine alors qu?il astique les antivols, il lui enjoint d?une voix forte d?être plus rapide.
Dans la cuisine, Nancy et Tina préparent dans la bonne humeur le casse-croûte du midi, travaillant à la chaîne. L?une beurre les sandwichs fendus, l?autre y insère tantôt des feuilles de laitues, tantôt des rondelles de tomates alors qu?une autre y saupoudre du fromage râpé. Toutes ces activités fleurent bon la camaraderie et le partage. Ces jeunes sont encadrés par les animateurs et des membres du Youth Star Club du Cedem, prépareront dans quelques heures, des mines frits.
Menu spécial qui marquera le lancement de la ?Semaine d?Amour et de Compassion?. Cette idée originale consistant à préparer un repas spécial tous les soirs pendant cinq jours consécutifs à l?intention d?une petite délégation de démunis de la ville ? handicapés, personnes âgées en hospices ? vient de Rita Venkatasamy.
Contes en kreol
La fondatrice et directrice du Cedem a réalisé que malgré tout l?encadrement offert par le centre, ces jeunes dont certains ont atteint leur majorité et qui sont censés en partir pour s?insérer socialement, souffrent encore de l?abus subi.
Elle décide alors de faire d?une pierre, plusieurs coups avec ces cinq jours d?activités. Hier matin, les animatrices ont donc évoqué ouvertement cette souffrance pour permettre à ces jeunes de réaliser qu?ils ne sont pas seuls à avoir souffert, ?d?affronter la souffrance et la transcender?.
Rita a misé sur la restauration pendant cinq jours consécutifs car elle a noté que pour ces jeunes, l?alimentation est une forme de thérapie et qu?en concentrant les actions sur une période suivie, celles-ci seraient nettement plus efficaces.
A cela, elle a ajouté la tradition orale par le biais de contes en kreol racontés au cours de mises en commun quotidiennes. ?Il est possible de transformer la souffrance en rage et ne jamais l?oublier ou la muer en amour et compassion pour autrui.?
Ces sessions de partage se terminent invariablement par une chanson indonésienne entonnée en ch?ur qui dit que chacun doit briller sur terre comme le font les étoiles dans le ciel.
Un apprentissage par l?action qui sera à n?en point douter nettement plus percutant que n?importe quel prêche de morale?
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