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Trafic de bois de rose : La police cherche l’identité de l’affréteur auprès de la compagnie maritime

24 août 2011, 20:00

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Trafic de bois de rose : La police cherche l’identité de l’affréteur auprès de la compagnie maritime

La brigade antidrogue et anti-contrebande est seule au front pour enquêter sur le trafic de bois de rose entre Madagascar, Maurice et Hongkong. La Commission anti-corruption ne s’y intéresse pas, la législation locale n’interdisant pas le commerce de ce bois rare.

Est-ce qu’un politicien mauricien a affrété le vraquier MSC Markella pour le transport de bois de rose de Madagascar vers Hongkong ? Et si oui, qui est-ce ? Au moment où des membres du gouvernement et du Mouvement socialiste mauricien (MSM) se jettent mutuellement des accusations, l’Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu) a décidé de faire plus simple : des détails sont réclamés auprès de l’agence maritime Maersk pour s’en assurer ou pour identifier un éventuel homme de paille.

A ce jour, sauf imprévu, c’est uniquement la brigade antidrogue et anti-contrebande qui est intéressée à la saisie de six conteneurs contenant chacun 29 tonnes de bois de rose dans la rade de Port-Louis au mois de juin. De Madagascar, la cargaison devait transiter par Maurice avant de rejoindre l’ancienne colonie anglaise passée sous tutelle chinoise. Ni vue, ni connue, ayant été présentée comme des haricots.

Depuis, le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) de Madagascar tente de convaincre l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) de l’aider dans son enquête. Surtout qu’un parlementaire malgache a été arrêté dans le cadre de ce trafic qui vaut son pesant d’or.

Or, le dossier envoyé par le Bianco est toujours au niveau du ministère public. Et ce n’est qu’après une semaine de silence que l’Icac a indiqué que le commerce de bois de rose n’est pas un délit sous la législation mauricienne…

Au niveau politique, chacun attend un développement dans l’enquête, le nom d’un ex-ministre du MSM ayant été lancé par le Parti Travailliste (PTr) alors qu’au Sun Trust, l’on pointe tantôt du doigt un élu de la majorité, tantôt un membre des rouges faisant souvent commerce avec Hongkong.

A Madagascar, l’on suit l’affaire de près. La Haute autorité de transition (HAT) de Madagascar a décidé de durcir la loi concernant le commerce d’ébène et de bois de rose il y a quinze jours. Une peine de deux à cinq ans de prison et une amende équivalente à deux fois le prix de la cargaison saisie sont désormais prévues.

En fait, c’est la saisie effectuée à Maurice qui a poussé Tananarive à ouvrir les yeux sur ce trafic. Une opération menée dans la Grande île a débouché sur la mise sous scellés d’un peu moins de cinquante conteneurs de bois de rose. Depuis, la justice malgache a formulé une demande auprès des autorités mauriciennes pour que les conteneurs saisis à Maurice soient rapatriés comme pièces à conviction.

Cette demande va figurer au menu des discussions au ministère public aujourd’hui.

 

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