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Tout un monde en miniature
De mémoire de charpentier de marine à la retraite, Jean Léoville David a reconstitué un monde en miniature, rappelant particulièrement un passé révolu. Agé de 63 ans, il consacre depuis quatre ans le plus clair de son temps à la fabrication de modèles réduits chez lui, à la cité EDC, Circonstance, Saint-Pierre.
Les fameuses calèches d?antan utilisées comme moyen de transport, les charrettes de b?uf transportant des chargements de canne à sucre ou des bateaux en bois, qui cèdent la place à des monocoques ou autres catamarans en fibre de verre. Ce sont autant de modèles qui font désormais partie de sa collection personnelle.
?Mes maquettes de bateaux, je ne les fabrique pas avec du contreplaqué comme le font les entreprises engagées dans cette forme d?artisanat. Elles sont montées entièrement à la main avec du bois que j?achète. Par exemple, les b?ufs en miniature sont fabriqués avec du sapelé pour que les pattes soient plus résistantes.?
Jean Léoville n?a pas eu de mal à se lancer dans la fabrication de modèles réduits. ?Avant de prendre ma retraite, j?habitais à Grand-Gaube. Depuis l?âge de 13 ans, j?ai appris le métier de charpentier marin de mon papa. Ensuite, j?ai travaillé avec un groupe de charpentiers de marine à Grand-Baie. Je fabrique mes maquettes de bateaux comme je le faisais pour de vrais bateaux.?
L?ancien charpentier marin a toujours été fasciné par les bateaux parce qu?ils lui rappellent aussi sa vie de pêcheur au temps de son adolescence. ?Avec le bateau que j?ai fabriqué, j?ai pu pêcher en haute mer une carangue de 250 livres, des mourgates et des cateaux. Je posais aussi des casiers à l?île Plate.?
Mais sa vie a changé complètement depuis qu?il a élu domicile à Circonstance. ?J?ai abandonné la mer pour deux raisons : le lagon n?est plus aussi poissonneux que dans le passé et je n?ai plus la force de continuer le métier de pêcheur.?
Jean Léoville a aussi gagné sa vie comme maçon. Aujourd?hui encore, il fait ce métier à temps partiel pour arrondir les fins de mois. ?Ma pension ne suffit pas. Pour cette raison, je me suis fait enregistrer auprès de la National Handicraft Centre en vue de pouvoir commercialiser mes produits. Mais jusqu?à présent, je n?ai pas encore trouvé de preneur potentiel. Comme je fabrique des produits de qualité, il faut y mettre le prix. Il me faut au moins un mois de travail pour fabriquer une maquette de bateau et une calèche.?
Le sexagénaire est aidé par son épouse, Hélène. Celle-ci confectionne les petites voiles de bateaux et les coussins des calèches et entreprend le polissage des objets.
Jean Léoville dit avoir développé cette passion pour les modèles réduits alors qu?il se trouvait sans emploi. ?Un ami m?a conseillé de mettre en valeur mes talents de charpentier de marine en me lançant dans le secteur de l?artisanat.?
L?atout le plus important chez lui est son sens de l?observation. ?Après avoir vu une calèche dans un film à la télé, j?ai pu fabriquer un modèle réduit. Mais pour d?autres objets, comme les maquettes de bateau, c?est déjà gravé dans ma mémoire.?
Jean Léoville dit n?avoir pas d?autres loisirs à part la fabrication d?objets en miniature. ?Sauf que j?aime bien m?occuper d?une paire de tortues d?eau douce.?
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