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Tourisme médical : Sea, sun, sand and bistouri

27 avril 2008, 00:00

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Tourisme médical : Sea, sun, sand and bistouri

Le tourisme médical est en plein boom à travers le monde et Maurice n?entend pas être en reste sur ce marché. La preuve avec les opérateurs qui s?activent afin de tirer bénéfice de la manne. Ainsi, la Clinique Harley Street Fertility, basée à Maurice, et spécialiste dans la fécondation in vitro et dans la médecine de reproduction assistée, consolide ses activités existantes et offrira vers la fin de l?année, une gamme étoffée de services médicalisés dans le domaine de la fertilité.

En septembre, la Clinique de Greffe de Cheveux de Grand-Baie projette, elle, d?ouvrir les portes d?un deuxième établissement qui a nécessité des investissements de Rs 50 millions. Hormis la greffe de cheveux, ce nouvel établissement qui sera basé à Trou-aux-Biches se spécialisera aussi dans la chirurgie plastique et dentaire. Bref, de gros développements sont prévus dans le secteur.

Et ce ne sont pas les touristes qui se vont se plaindre de ce nouveau genre de tourisme qui allie soins de santé et vacances au bord de la mer. Prenez l?exemple de la chirurgie esthétique. Celle-ci n?est pas couverte par la sécurité sociale en France et elle n?est donc pas remboursable. Alors, quoi de mieux que de se faire lifter le visage dans le cadre paradisiaque de Maurice et le tout pour une modique somme. « Depuis deux ans, nous avons investi dans la chirurgie esthétique : lifting du visage, augmentation de la taille des seins ou liposuccion. Nous faisons venir des chirurgiens spécialistes de l?île de la Réunion pour ces interventions. Le tout est moins coûteux à Maurice qu?à l?étranger », explique Fez Kasenally, directeur de la Clinique Medisave.

Gérard Guddi, directeur de la Clinique de Greffe de Cheveux, abonde dans le même sens. « Nous disposons d?une équipe de 15 professionnels lors de nos opérations. Or, réunir un tel parterre de personnes hautement qualifiées coûtera une fortune en Europe. C?est cinq à six fois moins cher ici », souligne-t-il. Même si Gérard Guddi refuse de le confirmer, des bruits courent que parmi sa clientèle, se trouveraient des stars de la télévision et du cinéma français.

Infrastructures pas encore « adéquates »

Par ailleurs, le tourisme médical à Maurice pourrait être un véritable succès, selon Nitin Pandea, assistant-directeur au Board of Investment (BOI), car « les coûts de santé dans les pays développés vont croissants et les listes d?attentes ne cessent de s?allonger. Le tourisme de santé représente un réel marché à exploiter.

Et Maurice dispose déjà de sérieux atouts dans le tourisme ».De plus, les statistiques parlent d?elles-mêmes. En 2005, 20 millions de personnes se sont déplacées pour aller se faire soigner à l?étranger. De 2010 à 2012, le tourisme médical pourrait représenter 4 % du marché global du tourisme, soit 40 milliards de dollars.

Et c?est dans le but de prendre une part de ce marché lucratif que le BOI poursuit ses efforts afin d?encourager les grands noms du secteur à s?implanter à Maurice.

L?arrivée d?Apollo Hospitals, prestataire indien de services médicaux, s?inscrit dans cette stratégie. Autre grand opérateur qui a répondu à l?appel du BOI : Saudi German Hospital Group, grand prestataire de soins de santé au Moyen-Orient et en Afrique, qui prévoit de lancer sa branche mauricienne au coût de Rs 2,7 milliards.

Parmi les créneaux que Maurice voudrait exploiter, on compte la chirurgie esthétique, les services dentaires, mais aussi ceux de cardiologie. Au-delà des ambitions mauriciennes, dans les milieux concernés, on déplore que les infrastructures mauriciennes ne sont pas encore adéquates. « Apollo Hospitals prévoit d?accueillir des patients pour des interventions cardiaques. Or, ces patients auront une mobilité réduite et l?aéroport devra disposer des infrastructures nécessaires et doit être prêt à accueillir ce genre de passagers. Il faudra aussi augmenter le parc hôtelier et le nombre de chambres », prévient Nitin Pandea.

Et de ce côté-là, ce n?est pas la compétition qui manque. Les pays de l?Afrique du Nord comme la Tunisie et le Maroc investissent à plein régime afin de devenir des « pays hospitaliers ». Cependant, dans la course au tourisme médical, la Tunisie a laissé quelques plumes. « Ce pays est décrié, car malgré le fait que ses infrastructures médicales sont d?un très bon niveau, il n?y a pas de véritable suivi postopératoire des patients. Et c?est là que le bât blesse, car ce sont les patients qui en font les frais », observe un praticien. En effet, le Syndicat français de chirurgie plastique a tiré la sonnette d?alarme en déplorant le fait que les règles de sécurité qui précèdent et suivent ces interventions en Tunisie ne sont pas respectées.

D?où l?importance que le tourisme médical mauricien soit une référence.

« Les hôteliers nous ont montré le chemin de ce qui se fait de mieux à Maurice. Il faut que les établissements de médecine, qui pensent accueillir des patients étrangers, disposent d?un service impeccable à la hauteur des hôtels cinq-étoiles que nous avons dans le pays. Nos cliniques devront être des Dinarobin en termes de services », soutient Gérard Guddi.

Privilégier la prudence et le suivi médical

A en croire Nitin Pandea, le modèle mauricien n?a d?autre issue que de privilégier la prudence et le suivi médical.

« Par exemple, un patient basé en France qui veut se poser des implants de cheveux, entreprend la démarche de contacter un établissement mauricien. Ce dernier le conseille et lui recommande un médecin professionnel français qui établit un diagnostic. Si le médecin français trouve que l?intervention est possible, alors il se déplace avec le patient à Maurice. Une fois ici, c?est lui-même qui procède à l?intervention et une fois celle-ci terminée, il le raccompagne en France pour faire un suivi », soutient Nitin Pandea.

Gérard Guddi de poursuivre que c?est ce modèle de tourisme médical qui consolidera la réputation de Maurice dans le secteur. « L?objectif, c?est de privilégier la qualité avec des chirurgiens étrangers qui viennent opérer leur propre patient et qui puissent veiller au suivi des patients dans leur pays d?origine », assure-t-il.

Quid du personnel mauricien ? Pour le Dr Rajat Goswamy, directeur de la Clinique Harley Street Fertility, le domaine de la fertilité dans lequel il opère demeure tellement pointu qu?il lui faut faire venir ses collaborateurs de l?étranger. Et dans un deuxième temps, former un personnel mauricien. Le problème de manque de ressources humaines spécialisées dans la médecine demeure l?une des contraintes que le tourisme médical mauricien devra affronter.

« Il n?y aura pas de développement durable si nous n?avons pas de personnes suffisamment qualifiées dans tous ces domaines, médicaux et paramédicaux, qui demandent de plus en plus de professionnalisme, de rigueur et de technicité. D?ailleurs, nous rencontrons actuellement, dans certaines filières, beaucoup de difficultés pour trouver ces professionnels compétents localement. Il faudra faire, au préalable, une bonne analyse de toutes nos contraintes et mettre en ?uvre des solutions sur un moyen et long termes », explique Dr Sunil Bissoonauth, Responsable Projets et Développement à la Clinique Darné.

En tout cas, le développement du tourisme médical obligera les cliniques mauriciennes à se remettre en question et à terme, ce sont les Mauriciens qui seront aussi gagnants.

TEMOIGNAGE

Danielle C a subi une intervention à Maurice

« J?habite la région toulousaine et je n?ai pas hésité à tenter l?expérience de me faire implanter des cheveux dans une clinique mauricienne. Après avoir consulté plusieurs dermatologues en France et essayé tous les traitements contre la chute de cheveux sans succès, je n?avais d?autres solutions que les implants. En 2007, j?ai pris contact avec la Clinique de Greffe de Cheveux et j?ai envoyé par e-mail des photos de ma chevelure afin de déterminer le nombre d?implants à greffer. En quelques jours, la date était fixée et notre voyage organisé. La clinique prend en main toutes les formalités administratives et d?hôtel.

Notre séjour de dix jours fut inoubliable. Océan au pied de l?hôtel, soleil et nature de rêve, tous ces ingrédients aident à s?aérer l?esprit et permettent de profiter des vacances et de bénéficier de soins de santé. »

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