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Tourisme : mois de mars «difficile» avec le chikungunya
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Tourisme : mois de mars «difficile» avec le chikungunya
par Thierry CHATEAU
Les annulations dans les réservations directement liées au chikungunya commencent à tomber. C?est dans ce contexte que Xavier-Luc Duval, ministre du Tourisme, des Loisirs et des Communications extérieures, annonce, lors d?une conférence de presse hier, que le mois de mars devrait être « difficile » pour la destination mauricienne.
«Le mois de février n?est pas mal mais mars sera difficile.» Le ministre du Tourisme évoque aussi les récentes progressions dans les arrivées touristiques. Mais si janvier et même février ont connu une progression dans les arrivées (les chiffres de février seront connus la semaine prochaine), les annulations liées au chikungunya se font aussi sentir.
Selon Peter Goldsmith, directeur de White Sand Tours et président de l?Aiom, l?association des réceptifs, «l?incidence d?annulation a augmenté cette semaine». Et sur Internet ou dans les agences de voyages, les questions sur le chikungunya se font plus persistantes.
Certains hôteliers font donc grise mine. Un directeur d?un groupe qui désire garder l?anonymat se confie : «Les annulations sont supérieures à la normale et cette tendance devrait s?étendre au mois d?avril.»
Du côté de Naïade Resorts, un des plus importants groupes en termes de chambres, l?inquiétude n?est pas de mise. Preuve s?il en fallait : le groupe n?a pas compilé de chiffres pour évaluer les annulations. «Nous enregistrons des annulations sans que ce soit plus que d?habitude. Il n?y a pas de vague? Ce sont surtout des gens soucieux qui annulent leur séjour, mais qui n?osent pas avouer que c?est à cause du chikungunya», note Richard Ramasawmy, responsable de communication du groupe.
Ce qui inquiète Peter Goldsmith, c?est que désormais l?évocation de l?épidémie en Europe suit directement le nom de l?océan Indien. Déjà, hier soir, la chaîne française TFI, dont une équipe se trouve actuellement à Maurice, a diffusé un reportage sur le chikungunya dans le pays. Reportage dans lequel les experts de l?Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont fait ressortir que la population ne participait pas suffisament aux campagnes de démoustication. Et que, par là même, la maladie pourrait prendre une plus grande ampleur.
Les responsables de l?hôtellerie ont, pour leur part, mis l?accent sur le fait que les établissements participaient activement à la lutte contre la prolifération des moustiques, alors que défilaient des images d?opération de fumigation et de malades dans les hôpitaux.
Quoi qu?il en soit, Xavier-Luc Duval veut surtout considérer le chikungunya comme n?importe quel autre virus. « Il ne faut pas dramatiser et il faut éviter la psychose car, jusqu?à preuve du contraire, le chikungunya est un virus comme les autres et les malades en guérissent en quelques jours, sauf dans de très rares cas.»
Le ministre du Tourisme insiste : il n?y a pas d?augmentation exponentielle à ce stade. Il cite le chiffre de 1 360 malades officiels dont certains sont déjà guéris. Peter Goldsmith reste positif. «La chose positive c?est que les professionnels, les autorités et les ambassades communiquent tous les mêmes chiffres. Cela aide à donner une image cohérente de la destination.»
Aujourd?hui, les annulations concernent essentiellement le marché français, beaucoup plus sensible à la maladie du chikungunya que les autres marchés européens. Un marché désormais très frileux, avec l?épidémie qui frappe la Réunion et qui menace l?Hexagone.
Protéger la clientèle
Une tendance que confirme Peter Goldsmith. «Les annulations hors marché français concernent des régions comme la Scandinavie et l?Europe de l?Est», précise-t-il. Chez certains réceptifs, on enregistre entre 80 et 100 annulations. D?autres en ont eu autant que 700. «Mais ce genre d?annulations concerne des groupes», s?empresse-t-on de préciser.
Jusqu?à la mi-février, le taux d?annulation était encore qualifié de raisonnable ou de normal par l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (Ahrim). Il n?y en avait qu?une trentaine, à la mi-février. L?Ahrim reste ainsi prudente, même si les annulations concernent les groupes qui ont réservé pour les mois qui viennent.
Les hôteliers, eux, s?en vont en guerre. «Nous déclarons une guerre nationale au chikungunya», lance Jean-Michel Pitot, directeur de Veranda Resorts. Et la Tourism Authority, l?organisme régulateur du tourisme, se jette aussi dans la bataille aux côtés des ministères de la Santé et de l?Environnement avec le concours des hôteliers.
Avec du matériel offert par des groupes hôteliers mais aussi des banques, elle mène des opérations de fumigation sur les sites touristiques et aux alentours des hôtels et des localités. Veranda Resorts affirme prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger sa clientèle. Même son de cloche chez Naïade Resorts.
Les opérateurs du tourisme tenteront de faire passer un message d?optimisme, la semaine prochaine, au Salon international du tourisme de Berlin, en Allemagne. Une importante délégation mauricienne devrait s?y rendre. Et il est certain qu?elle s?emploiera à démontrer la bonne santé de la destination mauricienne.
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